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Mexico : des défis relevés et de nouvelles initiatives en faveur de la sécurité urbaine et de l'environnement

Par Lepetitjournal Mexico | Publié le 28/04/2017 à 03:56 | Mis à jour le 02/05/2017 à 16:03

Dans l'esprit de nombreux métropolitains, Mexico apparaît comme une ville dangereuse et l'une des plus polluées au monde. Depuis les années 2000, la ville a en effet souffert de pics de pollution records, de catastrophes naturelles et industrielles ainsi que d'insécurité dans les transports en commun et dans la ville en général. Depuis, de nombreux efforts ont été réalisés. Mexico est désormais classée parmi les villes les plus attrayantes du monde ? Si les expatriés privilégient aujourd'hui certaines régions comme Le Lago de Chapala, Puerto Vallarta ou San Miguel de Allende, la capitale Mexicaine pourrait peut-être bientôt être « The place to be » pour les personnes souhaitant vivre au Mexique : le taux de chômage y est notamment de 3,74 %, un chiffre à faire pâlir de nombreuses villes occidentales. Ainsi, trouver un emploi à Mexico reste relativement facile. De plus, les biens immobiliers à Mexico City sont bien moins chers qu'en France, selon Numbeo.

La capitale mexicaine a pris rapidement conscience des enjeux qui la menaçaient tels que l'insécurité urbaine et la pollution : deux soucis majeurs qui se sont amplifiés avec la croissance exponentielle de son nombre d'habitants. Sa mégalopole compte déjà plus de 22 millions d'habitants et rivalise avec les deux autres plus grandes agglomérations du monde que sont São Paulo et Tokyo. Pour cela elle a lancé un gigantesque programme de sécurité urbaine et s'est engagée dans un projet de lutte contre le réchauffement climatique commun à d'autres villes mondiales. Cela lui a permis de retrouver un gain d'attractivité et un rayonnement culturel dans le monde.

 

Ciudad Segura, le programme majeur de Mexico pour une meilleure sécurité urbaine

Ciudad Segura, en français «Ville Sûre», est un grand projet lancé en 2009 par les autorités publiques visant la réduction de la criminalité et l'amélioration de l'efficacité d'intervention des forces de l'ordre. Pour mener à bien ce projet, Mexico a fait appel à l'entreprise française Thales et à l'opérateur de télécommunications Telmex qui ont ?uvré ensemble à la création de centres de contrôle et de commandement et à la mise en place de systèmes de surveillance à la pointe de la technologie. Concrètement, plus de 15 000 caméras de surveillance et de nombreux capteurs comme des lecteurs de plaque d'immatriculation, des détecteurs de coupe feu ou encore des bornes d'appels d'urgence ont été installés partout dans la ville. Toutes les informations enregistrées par ces capteurs et ces caméras sont transférées à un système central qui analyse les données en temps réel et reporte les alertes aux différents services d'intervention et de secours concernés. Les premiers résultats de Ciudad Segura ont été positifs puisque selon les chiffres de 2016, le programme a permis d'abaisser à 2 minutes et 9 secondes le temps d'intervention des secours qui était avant de 12 minutes, de réduire la criminalité d'environ 50% et de retrouver 50% des voitures volées en moins de 72 heures. L'analyse des données en temps réel a également porté ses fruits quant à la lutte contre le phénomène des faux taxis et a aidé à lever le voile sur des faits surprenants comme les convois de mafieux. 

Bien accueilli par les habitants de Mexico DF qui ont noté un changement positif dans leur vie quotidienne, la ville a souhaité poursuivre dans cette direction en annonçant en mars dernier les installations de 7000 caméras de vidéos de surveillance supplémentaires et d'un nouveau système mobile de commandement et de contrôle. Ce type de système, incluant des drones, sera par exemple déployé lors du pèlerinage de Guadalupe qui rassemble plus de 6 millions de pèlerins.

 

Une attention particulière portée à la prévention contre le harcèlement sexuel

Un autre volet de la sécurité urbaine concerne la lutte contre le harcèlement sexuel que subissent les femmes dans les transports en commun. Selon les chiffres de l'ONU Femmes, 9 femmes sur 10 ont reporté avoir été victimes de violences verbales ou physiques pouvant se traduire par des insultes ou des attouchements. Pour remédier à cela et rendre l'espace public plus sûr pour les femmes, la ville de Mexico a rejoint le programme «Safe Cities and Safe Public Spaces for Women and Girls» en collaboration avec ONU Femmes. Les premières concrétisations de ce projet ont été la mise à disposition de rames de métro et de bus réservés uniquement aux femmes, les bus «Atenea» ainsi que la création de centres de soutien à proximité des stations de métro et de bus. D'autres travaux ont été réalisés pour que les arrêts de bus soient plus lumineux et une application mobile appelée «Vive Segura» a été lancée afin de permettre aux utilisatrices de reporter plus facilement des cas d'agressions et de savoir via des recommandations si le quartier où elles se situent est dangereux.

De son côté ONU Femmes réalise des campagnes de sensibilisation destinées à faire changer le comportement des hommes envers les femmes. Dans le métro mexicain, les passagers ont pu remarquer depuis fin mars la présence d'un siège uniquement réservé aux hommes et dont la singularité suscite une vive polémique puisqu'il est moulé en forme de torse et de pénis. D'autre part, une campagne d'affichage montrant des visages d'hommes aux regards pervers intitulée «Voici l'excitation avec laquelle ils regardent ta petite amie tous les jours.» verra bientôt le jour dans la capitale.

 

Une ville engagée dans la lutte contre le changement climatique

En Novembre dernier Mexico a accueilli le Cities 40 (C40) qui est un regroupement de 86 maires de villes du monde entier engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique. Durant cette réunion, présidée par la maire de Paris, il a été question de penser à des solutions pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. L'objectif étant notamment de respecter les accords de Paris qui ont fixé un seuil limite d'augmentation de la température à 2°C. Suite à cela, Mexico, qui est souvent confrontée à des pics de pollution, a décidé d'éradiquer la circulation des voitures Diesel et  d'investir dans des modes de transports plus propres avant 2025. Ce choix, difficile à mettre en place et à faire accepter, s'inscrit dans une logique de continuité puisque la ville a déjà instauré des mesures environnementales comme l'interdiction de circuler certains jours pour les voitures les plus polluantes et anciennes ou bien le développement des pistes cyclable et le recours aux transports gratuits lors des pics de pollution. Enfin, en Novembre, le maire de la ville,  Miguel Angel Mancera a fait savoir qu'il y aurait plus de bus et de taxis hybrides en circulation dans Mexico.

Ces différentes actions et les premiers résultats positifs laissent enfin place au rayonnement culturel de la ville qui a été classée numéro 1 mondial des villes à visiter en 2016 par le New York Times et numéro 1 des villes les plus attrayantes au monde par Tripadvisor et Le Routard en 2017. En vous installant à Mexico, vous vous laisserez alors charmer par son centre historique inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco, ses ruines du Templo Mayor ou encore par les peintures murales de Diego Rivera ou les jardins de Xochimilco. Vous pourrez aussi en profiter pour découvrir toute la beauté du pays et vous acclimater au mode de vie mexicain où le rapport avec le temps est bien différent du notre.

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