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INSOLITE - 7 raisons de détester Santa Fe (quelqu'un aime-t-il vraiment cet endroit ?)

Par Lepetitjournal Mexico | Publié le 31/03/2015 à 15:00 | Mis à jour le 31/03/2015 à 17:32

L'horreur pour y aller, l'enfer quand on y est... Santa Fe est l'objet de nombreuses critiques souvent justifiées, sans mauvaise foi aucune. Un clin d'oeil ironique et complice aux habitants, travailleurs et étudiants de ce quartier de Mexico par nos confrères de la revue Chilango.

Nous autres chilangos (de naissance ou d'adoption), on s'habitue à n'importe quelle calamité, considérant que, après tout, c'est quelque chose de normal : les tremblements de terre, le trafic, les manifs, le Metrobus, le bruit, les éruptions volcaniques... et se rendre quotidiennement à Santa Fe (Santa Fake pour les intimes).
Le quartier Santa Fe. (Photo Cuartoscuro)

Bien qu'à l'origine (vers la fin des années 80), elle fût pensée comme un pôle de développement du futur, tourné vers le XXIe siècle, force est de constater qu'aujourd'hui Santa Fe est devenue l'une des zones les plus chaotiques de cette ville et même de beaucoup d'autres !

Sans vie piétonne, trop chère pour les bourses les plus modestes, sans route digne de ce nom au vu du nombre de personnes qui y passent tous les jours et sans les transports en commun nécessaires, Santa Fe continue pourtant d'accueillir chaque jour de plus en plus de gens qui doivent se déplacer jusqu'à ses bâtiments malgré une foule d'inconvénients.

Et le mieux, c'est que cela ne semble pas déranger la plupart de ceux qui font leur vie à Santa Fe et qui appréhendent tous ses désavantages avec sérénité parce qu'au final, se taper plus de deux heures de transport en microbus, prendre sa voiture pour aller manger ou voir la vie s'arrêter à la moindre pluie, et ben c'est normal dans cette ville.

Pourtant, cela vaut le coup d'analyser quelques-unes des situations que vit cette zone qui fut autrefois le dépotoir de la ville et qui parfois (paraît-il), enregistre plus de connexions Internet que Houston, pour comprendre ses difficultés et tenter d'élaborer quelques propositions.

1 / Les transports en commun

En comparaison avec les autres grands centres financiers et commerciaux du monde, on notera qu'il est impossible d'arriver à Santa Fe en train, en Métro et encore moins en Metrobus.

La majorité des transports en commun desservant cette zone sont médiocres, lents, insuffisants et même dangereux. Ainsi, un microbus qui effectue un voyage de deux heures (si tout va bien) depuis Insurgentes avancera lentement, s'arrêtera à chaque tournant pour faire monter des passagers, le tout avec la musique à fond, et klaxonnera celui qui aura l'audace de traverser sur son chemin pendant que tu voyages de la manière la plus inconfortable qui soit.

Un autre moyen pour se rendre à Santa Fe consiste à prendre un taxi colectivo !... Deux définitions à priori opposées qui se rejoignent ici en un cocktail audacieux qui consiste à entasser dans une Nissan Tsuru (façon El Peje AMLO pour les connaisseurs) au moins cinq personnes (il y en a toujours plus qui rentrent) et faire payer, selon l'heure et la route, un tarif fixe ou ce qu'indique le taximètre... à chaque passager ! Dès lors, on constatera que l'élégante phrase du conducteur de microbus "Si ça t'plaît pas, prends le taxi !" perd toute sa pertinence.

Tout n'est pas non plus si nul, et il y a quelques tentatives pour améliorer le transport à Santa Fe, comme l'Ecobus, un camion du RTP (Réseau de Transport de Passagers du District Fédéral) avec des arrêts définis et qui dispose même de la clim. C'est sans doute la manière la plus confortable de rejoindre Santa Fe en transport en commun, mais aux heures de pointe ils sont bondés et en cas de pluie ou d'obstacle sur la route, il peut se passer un long moment avant de pouvoir monter dans l'un d'eux.

2 / Les routes d'accès

Va savoir si quelqu'un s'en est déjà rendu compte, mais techniquement, il n'y a que trois voies d'accès importantes à Santa Fe.

La première c'est l'autoroute Mexico-Toluca, vers laquelle convergent plusieurs avenues comme Palmas, Reforma et l'affreuse Constituyentes. Bien qu'on ait construit des ponts et autres beautés du même genre pour la désengorger, ce point reste un vrai entonnoir et il faut une bonne dose d'habileté et de courage pour s'introduire dans le trafic ou trouver la bonne file.

Il y a aussi les Puentes de los Poetas, sur lesquels débouchent les avenues Tamaulipas et Centenario, Calzada Las Aguilas et la Supervía. Donc en fait, elles forment là aussi un entonnoir et offrent en plus des changements de voies dangereux.

La dernière est Vasco de Quiroga, qui part de ce qu'on appelle le "village de Santa Fe" et qui est remplie de microbus qui s'arrêtent n'importe où selon le bon plaisir du chauffeur. Une artère qui est aussi pleine de feux de circulation, de dos d'âne, de bosses et même de tianguis (marchés en plein air).

Pour entrer et sortir de Santa Fe, il faut avoir : de la patience, du courage et beaucoup de temps libre à perdre dans le trafic.

3 / La nourriture

Manger à Santa Fe, c'est cher. Il n'y a pas beaucoup de choix au-delà des restaurants de chaînes, des fast-food et des restaus gourmets ou de luxe, en plus d'une offre ambulante restreinte. Il n'y a pas de fondas (petits restaurants traditionnels mexicains) ! Du coup, ça finit à l'endroit le plus proche ou à la cantine de la boîte (à manger le plat du jour ou son Tupperware maison). Ou alors il faut prendre la voiture pour aller manger loin des buildings.

Les tacos de canasta sont très populaires à Santa Fe et même s'ils coûtent souvent plus cher qu'ailleurs (un peso de plus qu'à Coyoacán par exemple) c'est une des meilleures options pour ceux que ça ne dérange pas de manger debout, collés au vélo où est accrochée la boîte qui autrefois contenait de la mayonnaise mais qui est maintenant remplie d'une délicieuse salsa verde (celle qui te laisse un goût d'oignon toute l'aprèm).

Santa Fe est un des premiers endroits du DF où se sont popularisés les food-trucks, ces camions de nourriture qui se déplacent aux points stratégiques, mais les meilleurs sont bondés et le service est lent. Et la livraison à domicile ? Bien en retard aux heures de pointe...

Et comme si ça ne suffisait pas, à la fin de la pause midi, il y a des queues sans fin dans toutes les cafétérias... En fait, même les Oxxo sont pleins de godínez (petits cadres moyens) à la recherche d'un dessert ou d'un cappuccino pas trop cher.

Il y en a aussi certains qui sont habitués et même fiers de bosser à Santa Fe et qui y reviennent le week-end pour amener leur famille dans les endroits où ils mangent du lundi au vendredi avec leurs collègues. Incroyable mais vrai.

4 / Les boîtes de nuit

Travailler à Santa Fe implique de passer la majeure partie de sa vie dans cet endroit, à essayer d'y arriver ou d'en repartir. Du coup, beaucoup décident de passer leurs moments de loisirs sur place.

Pour le coup, les boîtes de nuit de Santa Fe sont réellement "multi-générationnelles", réunissant les jeunes en jean, baggy et sac à dos (étudiants du TEC ou de l'Ibero) et les godínez en pantalon casimir-cravate.

Ainsi, la petite de vingt ans devra supporter les regards concupiscents des quarantenaires, et ceux-ci devront apprendre à tolérer les fêtes et la musique des ados.

Comme tout le reste à Santa Fe, les boîtes de nuit sont chères et peu variées. Et certains soir, elles sont quasiment désertes.

Santa_Fe5 / La pluie

En général, tout le DF se paralyse quand il pleut un peu fort, mais à Santa Fe il y a comme un effet multiplicateur.

Ici, les inondations et les flaques sont format XXL et se trouvent toujours aux mêmes endroits. Du coup, les autorités n'ont pas à s'occuper du problème puisque les gens savent déjà comment les éviter.
Santa Fe. (Photo DR)

Pareil avec les trous et les bosses qui grossissent d'un jour à l'autre. On dirait même qu'ils se déplacent et le trou repéré la veille se retrouve le lendemain quelques mètres à côté ! Cependant il font partie du décor familier de ceux qui passent tous les jours par-là. Tu peux même repérer "l'étranger", celui qui se prendra un trou parce qu'il ne savait pas comment l'éviter.

Bien qu'il y ait des immeubles modernes, l'infrastructure est si mauvaise qu'il y a des glissements de terrains et des effondrements tous les ans, mais pas de problème, il suffit de boucher les trous et de reconstruire un grand bâtiment par-dessus !

6 / Les entreprises

A la base, la zone actuelle de Santa Fe avait été conçue comme une sorte de "ville de la technologie et du savoir", presque l'endroit où se développerait le futur du monde et c'est dans cet esprit qu'on a vu s'installer en premier des institutions comme IBM ou l'Université Iberoaméricaine. Mais bon, avec le temps, ce concept a disparu.

Aujourd'hui, il existe des entreprises de n'importe quoi, qui s'installent dès qu'elles ont les moyens de louer ou d'acheter un immeuble ou quelques étages. Et pour beaucoup de godínez chilangos, il n'y a pas pire nouvelle que d'entendre leurs chefs annoncer un jour : "Dans un mois, on déménage notre siège de la Roma aux nouveaux bureaux de Santa Fe".

Il y a chaque fois davantage de boîtes qui installent leurs bureaux à Santa Fe, une tendance dont on ne voit pas la fin même si dans quelques rarissimes cas on a vu l'inverse se produire et une entreprise s'en retourner vers un endroit mieux desservi du DF.

?Les universités sont peut-être celles qui donnent une bouffée d'air frais à Santa Fe, même si les campus des deux plus grandes (la Ibero et le TEC) ont été conçus pour que les élèves trouvent tous les services à l'intérieur des installations et du coup les étudiants se perdent parmi les milliers d'employés. ??

7 / Les centres commerciaux

Il y a peut-être beaucoup de gens qui les aiment, n'empêche que le pire en ce moment à Santa Fe, c'est la construction de nouveaux centres commerciaux.

Il y a des années, il avait été pensé que Santa Fe disposerait d'un centre commercial qui rendrait service à tous les employés et riverains du secteur (semblable à des projets antérieurs comme Ciudad Satélite) mais il y a quelques temps, celui-ci a commencé à devenir trop petit pour la zone et de nouveaux ont vu le jour.

Ainsi, on a actuellement plusieurs centres commerciaux avec de nouveaux restaurants, les mêmes cafétérias, encore plus de salles de ciné et des boutiques exclusives pour ceux qui veulent dépenser leur quinzaine en petites folies. La plupart des boutiques importantes sont pleines et il y en a tellement que dans beaucoup de cas a disparu le concept d'"exclusivité", mais visiblement les clients s'en fichent.

Jusqu'à récemment, lors des saisons hautes comme décembre, le Centre Commercial Santa Fe était une bonne option pour éviter le tumulte des autres lieux, mais maintenant on a parfois affaire à des foules encore plus monstrueuses que dans le Centro Histórico.

Article paru à l'origine en espagnol dans la revue Chilango.

Traduit par Luca Pueyo (Lepetitjournal.com/mexico) Mardi 31 mars 2015

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