Un paradis pour Robinson ! (source : DR)
Une grasse matinée face à l'océan ? Ne rêvez pas. Dès le lever du soleil, la radio locale bat son plein: les haut-parleurs de l'île hurlent chaque matin les mêmes mañanitas, souhaitant joyeux anniversaire à quelques habitants. Toute la journée les messages personnels se succèdent: "coup de téléphone pour José Ortiz", "les parents des enfants de 4, 5 et 6 ans sont attendus demain à l'école à 10h30 pour la pré-inscription", etc. Les amateurs d'hôtel de luxe ne perdront donc pas leur temps à chercher l'île sur une carte. Ici, on loge dans des cabanes quand les trois chambres de l'île sont prises, et si un fil électrique parcourt l'île pour éclairer ce paradis perdu, l'eau courante n'est pas arrivée jusque là.
Pourquoi vient-on à Chacahua ? Pour rechercher une coupure totale, pour vivre un gros morceau de Mexique, loin des hôtels pour guéros, mais aussi pour savourer un paysage unique. La baie de Chacahua est assez fermée, et ne laisse passer que quelques vagues qui rappelleront qu'on est bien face au Pacifique. Sur la plage de sable fin, quelques palapas servent le poisson pêché dans l'heure. On y mange les classiques de la côte pacifique, crevettes, huachinangos et cierras, mais aussi des langoustes et des huîtres géantes ramassées dans la lagune.
L'ouragan de 1997 transforme la lagune en un lieu féerique
En 1997, l'ouragan Paulina cassa le banc de sable qui reliait Chacahua au continent. La nature fait bien les choses: depuis lors, la lagune noirâtre bordée de mangroves se remplit toutes les six heures d'une eau? limpide. Avec la marée montante, on se poste à l'entrée de la lagune, et on se laisse porter par le courant pour remonter l'île. Là-bas, on appelle ça "prendre le périphérique". Pendant la lente et fraîche dérive, on côtoie les pélicans par centaines, les poissons multicolores et? quelques murs de briques qui ont coulé, emportés par l'ouragan et l'affaissement de l'île dans sa lagune. Le concert d'oiseaux à la tombée du soleil est un délice, et les habitants mettent un point d'honneur à honorer la tradition hospitalière du lieu, pour des prix toujours symboliques: balades au milieu des crocodiles, libérations de tortues dans l'océan et sorties en mer à la rencontre des baleines et des dauphins.
Un séjour qui vaut bien les mille topes qui jalonnent la route pour y parvenir !
David ROBERT. (www.lepetitjournal.com - Mexico) jeudi 5 juillet 2007
déjà publié le mercredi 28 mars







