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Llora mi tierra
Caminan los hombres De blanco vestidos Parecen astronautas Pero no visitan la Luna Ni Marte ni el Universo Basura es lo que revuelven
Usan lanzas y banderas Mas caballeros no son Revuelven basura Y hueso es lo que buscan Bajo una hoja de maíz podrida Bajo el papel de envoltura de algún chocolate Aparece un fémur O tal vez una dentadura La de un muchacho Normalista le dicen Detrás de un bote de cátsup Una mano, o una rótula
La neblina espesa cae como la noche Se lamenta el viento Es casi día de muertos en México dice el calendario Ignorando que por estos lares Es día de muertos diario La tierra roja negra y café llora ríos de sangre
La neblina esconde lágrimas, esconde angustia, esconde ira El viento se lleva lamentos, el suyo, el mío y el de los desaparecidos Llora México, lloro yo, llora una madre, un hermano, un hijo Los padres empuñan machetes
Llora México Lágrimas de sangre
La neblina ahoga los gritos Los huesos negros emergen entre la basura Los papeles vuelan La tierra los vomita La basura hiede Hiede la muerte como hiede la culpa
Como hiede su miedo
Por aquel tiradero Las voces callan, la neblina ahoga sentires Los cobardes cuervos han huido Y yo, con el poder que me otorga la palabra,
Yo
Los maldigo.
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Ma terre pleure
De blanc vêtus Les hommes marchent Semblables aux astronautes Mais ils ne visitent ni la Lune Ni Mars ni même l'Univers La décharge publique est leur champ
À la main lances et drapeaux Mais chevaliers ils ne sont Ils ne remuent que détritus Et ne recherchent que des ossements Sous une feuille de maïs pourrie Sous un vieil emballage de chocolat Apparaît un fémur ou encore une mâchoire Celle d'un jeune homme Normalien qu'on l'appelle Derrière un pot de sauce tomate Une main, ou une rotule
Le brouillard épais tombe comme la nuit Le vent se lamente C'est bientôt le Jour des Morts au Mexique ressasse le calendrier Ignorant que chez nous C'est jour des morts tout le temps La terre rouge noire et marron pleure des fleuves de sang
Le brouillard ensevelit les larmes, ensevelit l'angoisse, ensevelit la colère Le vent emporte des plaintes, la sienne, la mienne et celle des disparus Le Mexique pleure, je pleure, une mère pleure, un frère, un fils Les pères empoignent leurs machettes
Le Mexique pleure Des larmes de sang
Le brouillard étouffe les cris Les os noirs émergent entre les détritus Les papiers s'envolent La terre les régurgite La poubelle pue La mort pue de même que la vilenie pue
Que leur lâcheté pue
Au milieu de cette décharge Les voix se taisent, le brouillard noie les sentiments Les corbeaux, couards, ont fuit Et moi, de par le pouvoir que me donne la parole,
Moi
Je les maudis.
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