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"SI J'OZAIS" - La vie chez l'habitant

Par Lepetitjournal Melbourne | Publié le 01/03/2015 à 20:30 | Mis à jour le 01/03/2015 à 22:40
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C'est de notoriété publique. Trouver un logement à Melbourne, c'est dur. Pourquoi? Parce qu'ici il est hors de question d'aller embêter une agence immobilière avec vos petits problèmes de bébé qui risque d'être à la rue dans une semaine. Autant le dire tout de suite, l'agence en question s'en fout. Et toutes les autres avec elle.

Donc, si vous voulez vous loger, vous faites comme tout le monde, vous repérez sur internet les maisons qui vous intéressent, ou plutôt celles qui sont dans votre budget - et je vous assure, ça fait une sacrée différence - et vous vous pliez au quart heure d'inspection réglementaire.

Ça se corse un peu lorsque vous constatez que, pour rentabiliser votre samedi, il serait préférable d'être en mesure de visiter quatre maisons, respectivement à Hampton, Camberwell, Elwood et South Yarra entre 10 heures et 10 heures 15, et ce, sans voiture naturellement.

Compliqué, en effet...

Et pourtant, un jour, on ne sait trop comment - ou plutôt si, dès que vous avez compris que la clé est de contourner les inspections - le miracle se produit, bébé échappe à la rue. Bref, vous trouvez une maison. Tout le monde souffle. Enfin, pour un an... Ce qui permettra à coup sûr à ladite maison d'être largement hors budget l'année prochaine...

Mais ce qui est beaucoup moins notoire, et ce que j'ai appris à mes dépens hier soir, c'est qu'une fois dans la place, on n'est pas sorti d'affaire. Car en fait, il faut le savoir, chez soi, on est moyennement chez soi. Évidemment ce genre de conviction, ça ne vient pas tout seul, il faut un déclic. Et dans ce cas précis, le déclic, ce fut la trace bleue. La trace bleue, repérée hier soir à 19 h30 précises sur le mur de la cuisine par mon mari... qui vit rouge illico.

"Je vous ai déjà dit qu'il fallait faire attention! Et puis comment elle est arrivée là, cette trace bleue? Les enfants n'ont jamais dessiné sur les murs." Et là je lis dans son regard que moi, par contre...

"Et puis la propriétaire saisira tous les prétextes pour garder le bond (1) ; après, ce sera inscrit dans notre dossier, ce sera plus difficile de trouver autre chose..."

Prudemment je fais ce que font toutes les épouses dans ces cas-là, je laisse passer l'orage et lui suggère une bière. Et puis, après seulement, je vais aux infos. Et voilà ce que j'apprends:

Primo, le très commode taux de vétusté n'a pas d'équivalent en Australie. Vous êtes supposé rendre les lieux dans l'état exact dans lequel vous les avez trouvés. Ce qui, compte tenu des murs en papier mâché dont les Australiens équipent toutes leurs maisons, tient de la gageure avec des enfants en bas âge.

Deuxièmement le property manager, l'agent immobilier qui gère le bien, peut à tout moment débarquer chez vous pour voir comment vous tenez la maison. Il ne s'en prive apparemment pas, puisqu'un premier mail nous a déjà fermement invités à nous occuper des plantes du chemin dont il venait de constater le laisser-aller.

Dans ces conditions naturellement, pas question de planter un clou pour accrocher un tableau ou poser une étagère, encore moins de changer la couleur de la chambre du bébé. Et surtout, surtout, pas question de laisser les enfants s'ébattre librement, courir, sauter, chahuter, se lancer des objets à travers la figure au risque qu'ils atterrissent sur un mur (les objets) ou qu'ils passent à travers le plancher (les enfants). Enfin, plus question de tout ce qui fait de cette maison votre maison.

En fait, il va falloir s'habituer à vivre à la maison comme à l'hôtel. Le room service en moins.

(1) caution

Géraldine Lautour (LePetitJournal.com de Melbourne) lundi 2 mars 2015

 

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