Dimanche 26 septembre 2021
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TOUR D'AUSTRALIE EN ULM - L'Australie vue du ciel par Marc Perdu et Christian Tiriault

Par Lepetitjournal Melbourne | Publié le 04/11/2013 à 21:00 | Mis à jour le 04/11/2013 à 14:09

 

Deux pilotes calédoniens, Marc Perdu, 48 ans, et Christian Tiriault, 46 ans, ont terminé samedi leur tour de l'Australie en ULM. Partis de Nouméa il y a cinq semaines, ils ont parcouru 32 000 km à bord du Spirit of Nouméa, leur Dynamic WT9 capable d'atteindre 240 km/h. Lundi dernier, ils ont fait escale à Sydney après un vol de 9h30 depuis la Tasmanie. Lepetitjournal.com les a rencontrés

Marc (à gauche) et Christian lors de leur escale à Sydney lundi dernier. © Claire Mahjoub

Lepetitjournal.com/sydney - Comment avez-vous préparé ce tour de l'Australie ?
Marc Perdu - On s'est fait aider par des pilotes australiens qui nous ont conseillé de faire le tour du pays dans le sens inverse des aiguilles d'une montre pour profiter des vents portants. Beaucoup de personnes ont participé de différentes manières à notre projet. On remercie, notamment, Luc Palisse, un Français passionné d'aviation, qui habite à Melbourne depuis 30 ans. C'était notre ?Jiminy Cricket? pendant toute cette aventure. 

Christian Tiriault - Cette année, des élèves d'écoles situées à Nouméa, en Corse, au Blanc-Mesnil et à Dubaï, nous ont suivis grâce à notre site. On leur avait demandé de préparer les zones de l'Australie qui les intéressaient et on a essayé d'aller voir tout ce qu'ils voulaient, car notre but c'était aussi de partager notre aventure avec les enfants, de les faire voyager, de les faire rêver.

Avez-vous réalisé l'itinéraire que vous aviez prévu ?
Christian - Oui, nous n'avons pas fait de grands changements par rapport à l'itinéraire de départ. A certains endroits, on est soit restés plus longtemps, soit partis plus vite. On a fait plein de détours pour le plaisir, on en a profité pour faire des incursions à l'intérieur des terres. Au début de l'aventure, on était partis sur un parcours d'un peu plus de 20.000 km et finalement on a atteint les 32.000 km.

Marc - On avait des objectifs avec des lieux à visiter et à survoler, mais on n'avait pas vraiment de plan de vol. Au jour le jour, on s'est adapté à la météo, à ce qu'on avait envie de voir et au temps dont on disposait. C'était l'aventure donc, par exemple, on n'avait réservé aucun hôtel. Cela s'est toujours fait à l'arrache !

Qu'est-ce que vous a le plus marqué pendant ce périple ?
Marc - En Australie, on a pris une vraie claque sur l'accueil, la gentillesse des gens. Ici, c'est ?no worries? sur terre mais aussi dans les airs. Rien n'est impossible, il faut juste faire ce qu'il faut. C'est une vraie leçon de vie. 

Christian - Il y a eu tellement de magnifiques souvenirs... Pour moi, ma plus belle rencontre restera celle avec le pétillant doyen de Lord Howe, une toute petite île d'à peine 15 km2 située à 600 km à l'est des côtes australiennes où vivent 300 habitants.  

Les Whitsundays, les Douze Apôtres, Fraser Island, le parc national de Kakadu, le lac Hillier, les mines d'or de Kalgoorlie... Vu du ciel, quel est votre plus beau souvenir ?
Marc - On a beaucoup aimé le Kimberley. Le nord-ouest de l'Australie est une région où les paysages sont à couper le souffle... Les Horizontal Falls, c'était bluffant !

Les conditions climatiques peuvent être assez extrêmes en Australie, vous vous êtes fait peur parfois ?
Christian - Oui deux fois. Entre Adélaïde et Melbourne, et en arrivant sur la Tasmanie. Au-dessus de la mer, il y avait beaucoup de vent et, dès quand on s'est approché des terres, on a été pris dans de grosses turbulences. On était harnachés dans le cockpit, on luttait avec le manche. 

En tant que pilote, quelle est la piste la plus surprenante sur laquelle vous vous êtes posé pendant ce tour de l'Australie ?
Christian - En Tasmanie, on s'est posé sur une piste atypique faite en cailloux blancs. Vu du ciel, il y avait juste un trait blanc et autour tout était vert. C'était magnifique.

Marc - J'ai réalisé un rêve en me posant sur Fraser Island. J'y étais allé il y a 5 ans avec ma famille en 4x4 et à l'époque je m'étais dit ?Un jour, je me poserais là-dessus?... On a eu le culot de la faire même si cela a été difficile de trouver un endroit isolé car il y avait des 4x4 partout ! 

Pendant ces cinq semaines d'aventure, vous avez volé tous les jours. Comment se passe la vie à bord du cockpit ?
Christian - On ne voit pas le temps passer ! Par exemple, les 9 heures et demies de vol qu'on a fait pour arriver à Sydney, j'ai l'impression que ça a duré 2 heures. Il y a toujours quelque chose à faire : préparer l'arrivée, prendre des photos pour notre site, écouter de la musique... On pilote l'ULM à tour de rôle donc il y a des jours où on est hôtesse et le lendemain commandant (rires)

Marc - Ce qui était extraordinaire c'est qu'on avait quasiment tout le temps accès à Internet lorsqu'on volait grâce à la 3G. On pouvait consulter nos mails, envoyer des photos... C'était un grand luxe, car lors de nos précédents voyages, c'était parfois très compliqué d'envoyer le texte et les photos pour notre site. 

Justement, en 2011, vous avez fait la traversée entre Paris et Nouméa et dans le sens inverse l'année suivante. Qu'est-ce que ce tour de l'Australie a de différent ?
Christian - La Liberté ! Le Paris-Nouméa, ce sont des frontières constamment. C'est lourd au niveau de l'organisation : 41 aéroports internationaux avec à chaque fois les entrées et les sorties, les passeports, les visas, la douane, les problèmes administratifs... On avait d'ailleurs été bloqués cinq jours en Inde à cause de cela.

Marc - En Australie, on a eu la liberté totale de voler. Tout est très bien organisé, les aérodromes sont très bien entretenus, on peut faire son essence tout seul et rapidement. Parfois, pour payer la taxe d'aéroport on avait juste à mettre l'argent dans une petite enveloppe qu'on déposait dans une niche. Les gens font confiance et sont très respectueux.

 

Survol de Sydney et, notamment, Harbour Bridge, mardi dernier. © Spirit of Nouméa

Avez-vous déjà d'autres projets en tête ?
Christian - On va essayer de faire un film de toute cette aventure australienne pour le partager, notamment, avec les écoles qui nous suivent. On a aussi l'idée de faire un livre avec les écrits de nos différents voyages. 

Marc - En 2014, on va aller jusqu'aux Marquises en passant par le Vanuatu, les Fidji, Cook, Tahiti, Wallis et Futuna... Ce sera un voyage de quatre à cinq semaines. L'année prochaine, on ira aussi en Nouvelle Zélande. Ensuite, en 2015, on voudrait finir le tour du monde : on a fait Paris-Nouméa, Nouméa-Paris mais on voudrait boucler la boucle dans l'autre sens, ce qui pose quelques problèmes administratifs avec le Japon et la Russie car on aimerait, notamment, passer par le détroit de Béring. On a encore un peu de temps devant nous pour que la situation se débloque. 

Propos recueillis par Claire Mahjoub (www.lepetitjournal.com/sydney), mardi 5 novembre 2013

Découvrez toutes les photos de ce tour de l'Australie en ULM et le carnet de bord de Marc et Christian sur leur site www.spiritofnoumea.com

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