Édition internationale

TENDANCE - Une meilleure étiquette pour la mode australienne

Écrit par Lepetitjournal Melbourne
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 juin 2013

C'est la saison des soldes d'hiver et nombreuses sont les enseignes proposant des rabais de 30, 50 voire même 70% sur des prix parfois déjà bas? alors difficile de dire non aux bonnes affaires ! Mais cette mode low-cost a un prix : plusieurs milliers de personnes travaillant pour l'industrie de la mode en Australie gagnent moins de quatre dollars par heure. En réaction à ce système abusif, la mode éthique prend de l'ampleur

Crédit photo Fanny Chays

Ethical Clothing Australia est une organisation financée par le gouvernement accréditant designers et marques qui assurent de bonnes conditions de travail pour leurs employés. L'organisation promeut la version éthique du Made in Australia

Le marché de produits éco et durables en Australie a été évalué à $19 milliards de dollars en 2009 et devait augmenter de 10 millions en 2011, selon une recherche de MobiumGroup. Le secteur de la mode éthique, récemment encouragé par le Premier ministre Julia Gillard, s'est lui aussi développé, avec plus de 80 labels accréditées par Ethical Clothing Australia. 

Rebecca Carey-Smith, en charge de l'accréditation pour l'organisation explique que l'avenir de cette industrie repose également sur le comportement des acheteurs : "tout dépend des consommateurs ; s'ils décident d'aller vers la mode éthique ou bien vers la fast-fashion qui domine l'industrie".

Angela Nash, créatrice de la marque Ampersander, aimerait que la mode éthique devienne un courant majeur dans l'industrie de la mode: "on entend tellement de choses sur les usines de textile à l'étranger, mais aussi en Australie, où les employés travaillent pendant de longues heures dans de très mauvaises conditions". Depuis ses débuts dans l'industrie, Nash a toujours su qu'elle privilégierait un mode de production plus humaniste. "J'aime savoir que ce que je crée est fait éthiquement, et je pense que de nombreuses personnes apprécient cette façon de faire", explique-t-elle. 

Mais produire éthique en Australie veut aussi souvent dire produire plus cher. En augmentant les salaires de leurs employés, ces marques sont obligées d'augmenter le prix de leurs produits. C'est peut-être ici que ce modèle alternatif voit ses limites : aujourd'hui habitués à payer déjà quelques centaines de dollars pour remplir leur placards, les australiens devraient adapter leur mode de consommation pour acheter plus éthique. 

Angela Nash est une styliste renommée pour ses uniques créations éthiques, faites à la main à partir de matériaux recyclés. Elles participent aux Fashion Weeks et a parmi ses clients des célébrités telles que Rihanna ou Kristen Stewart. Selon elle, le mouvement éthique est maintenant connu et reconnu mais l'impact qu'il aura sur l'industrie de la mode reste à déterminer: "Il y a une réelle prise de conscience mais je ne sais pas si l'industrie arrive à consommer la mode éco".

Alors que le premier H&M en Australie ira rejoindre Zara et Topshop dans le centre de Sydney l'année prochaine, la mode éthique aura peut-être du mal à suivre le rythme soutenu du fast-fashion. 

Fanny Chays (www.lepetitjournal.com/sydney.html) lundi 24 juin 2013

 

lepetitjournal.com Melbourne
Publié le 23 juin 2013, mis à jour le 21 juin 2013
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