

Des dragons australiens ont fait l'objet d'une expérience montrant les points communs entre le sommeil d'un humain et celui d'un reptile. Grâce aux informations recueillies, les scientifiques pourront mieux appréhender le fonctionnement du cerveau durant le sommeil.

Selon les scientifiques, les reptiles connaissent les mêmes états de sommeil que les oiseaux et les mammifères. Les habitudes de sommeil, comme le mouvement oculaire rapide (REM) et le sommeil à ondes lentes (SWS), ont évolué depuis 300 millions d'années, chez les ancêtres communs de tous les animaux.
Deux cycles de sommeil distincts
Le dernier cycle du sommeil chez un humain est le REM, dit aussi sommeil paradoxal. Il s'agit de la phase où se produisent les rêves dont on se souvient. A ce moment-là, la pression artérielle et le rythme cardiaque augmentent, les yeux bougent rapidement, et les muscles des bras et des jambes sont atones. Ce cycle survient après la phase de sommeil à ondes lentes, période à laquelle le sommeil est profond et les rêves sont rares.
La revue Science relate l'étude impliquant cinq dragons barbus australiens. Celle-ci s'est penchée sur les rêves des reptiles. Les chercheurs ont placé des sondes dans les cerveaux des iguanes pour mesurer leur activité électrophysiologique durant leur sommeil.
Le rêve d'un dragon ? "Des évènements notables récents"
Les humains connaissent généralement quatre ou cinq longs cycles de sommeil tous les soirs. De manière très surprenante, les dragons ont montré des successions de quelques 350 cycles d'environ 80 secondes chacun.
Le neuroscientifique Gilles Laurent, de l'Institut Max Planck sur la recherche du cerveau, reconnaît qu'il peut seulement supposer quels sont les rêves d'un tel animal. "Ses rêves auraient un rapport avec des événements notables récents : des insectes, un endroit où il y a de bons insectes, un mâle agressif à proximité...".
Les données et les analyses se sont avérées très utiles pour les chercheurs et suggèrent une origine ancienne des deux étapes alternées de sommeil. Cette découverte pourrait apporter un nouvel éclairage sur l'architecture et la fonction du sommeil.
Pierre Lépine, lepetitjournal.com/melbourne, lundi 2 mai 2016







