EDUCATION - Les maths et les sciences bientôt obligatoires pour la dernière année des lycéens

Par Lepetitjournal Melbourne | Publié le 26/05/2015 à 22:12 | Mis à jour le 27/05/2015 à 23:17

Ces dix dernières années, le niveau des élèves australiens en mathématiques et en sciences a fortement baissé. Pour pallier à ce problème de taille, le ministre fédéral de l'Education, Christopher Pyne, prévoit de rendre obligatoire l'étude des maths ou des sciences pour les élèves des années 11 et 12. L'occasion de faire le point sur le déficit de popularité rencontré par les matières scientifiques en Australie.

 

En Australie, les États sont les principaux responsables de l'organisation de leur système éducatif. Dans le Victoria, les élèves des années 11 et 12 obtiennent leur diplôme du secondaire, le Victorian Certificate of Education (VCE), en validant un certain nombre d'unités qu'ils choisissent en fonction de leurs préférences ou de la carrière qu'ils souhaitent poursuivre. Ces élèves ont entre 16 et 18 ans et ont pour seule obligation de suivre trois unités de langue anglaise, le reste restant à leur discrétion.

Dans le Victoria mais aussi en Nouvelle Galles du Sud et dans le territoire de la Capitale australienne, les élèves n'ont donc aucune obligation de suivre un cours de maths ou de sciences.

 

Des résultats en baisse depuis 10 ans

Depuis dix ans, le nombre d'élèves choisissant de suivre ces cours de maths et de sciences ne cesse de chuter. En 2001, 13% des élèves passant le VCE suivaient un cours de mathématiques avancées. Ils n'étaient plus que 8% en 2011. L'intérêt en déclin pour ces matières a bien évidemment des conséquences sur le niveau général des élèves. Ainsi, les derniers résultats PISA (Program for International Student Assessment) des jeunes australiens ont mis en exergue cette baisse de niveau. Entre 2009 et 2012, le pays est ainsi passé de la 15ème `à la 19ème place en mathématiques et de la 10ème à la 16ème place en sciences.

Une réalité qui inquiète le gouvernement fédéral. Et pour cause, celui-ci estime que 75% des secteurs à forte croissance nécessiteront des employés qualifiés en ingénierie, en sciences, en technologie ou en mathématiques.

Vendredi 29 mai, Christopher Pyne tentera donc de convaincre les ministre de l'éducation des États du bien-fondé de ses nouvelles mesures. Celles-ci prévoient de rendre obligatoire l'étude d'un sujet de sciences ou de mathématiques pour les élevés d'années 11 et 12.

Le message est clair, il faut booster l'enseignement de ces matières. Un principe sur lequel s'accordent tous les partis. Le leader de l'opposition, Bill Shorten, présentait lui aussi récemment un projet visant à promouvoir l'accès à certains diplômes universitaires et l'enseignement du codage informatique dès l'École primaire.

 

Pas assez de professeurs pour généraliser l'apprentissage des sciences ?

Si tout le monde s'accorde sur l'importance de promouvoir les sciences auprès des jeunes australiens, les méthodes diffèrent et le projet de Christopher Pyne divise. Le ministre de l'Education du Victoria, James Merlino s'oppose notamment à cette proposition.

Sa mise en place pourrait en effet s'avérer complexe selon le Dr Paul Weldon du Conseil Australien pour la recherche en Education, le nombre d'enseignants dans ces matières étant limité. Comme la France, l'Australie connaît actuellement une pénurie de professeurs de mathématiques, notamment dans les zones rurales. En France, des places vides restent vides au concours du CAPES. En Australie, les effectifs vieillissent et se réduisent.

La généralisation des cours de maths et de sciences aux élèves des années 11 et 12 nécessiterait donc d'abord une réforme des postes des professeurs afin que l'enseignement redevienne une voie attractive pour les jeunes scientifiques tout juste diplômés.

 

Dépoussiérer l'apprentissage des sciences

Rendre les matières scientifiques obligatoires n'est pas la solution que privilégierait Ian Chubb, Chief Scientist of Australia. Selon lui, le véritable problème résiderait dans la façon dont ces matières sont actuellement enseignées.

La priorité ne devrait pas être de généraliser des enseignements qui peinent `à recruter. Le problème est ailleurs. Si l'on souhaite que les jeunes australiens gardent un niveau acceptable dans ces matières, il est urgent de les renouveler, de les rendre à nouveau attrayantes pour les élèves comme pour les professeurs.

 

 Manuelle Klaja (LePetitJournal.com/Melbourne), jeudi 28 mai 2105.

 

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