Édition internationale

VOYAGE - D'Alexandrie à Bordeaux par les terres [Epilogue]

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 décembre 2008
Aude vit en Egypte à Alexandrie depuis deux ans et demi et a envie de regagner pour l'été son Bordeaux natal de façon plus originale qu'un banal voyage en avion. Jeanne vit à Bordeaux et a besoin d'évasion, c'est l'occasion rêvée pour rendre visite à son amie en Egypte et d'entreprendre un voyage inoubliable autour de la Méditerranée

Dernière ligne droite de notre périple, le trajet Vérone ? Bordeaux réalisé en un temps record : rien qu'une journée, mais passée entièrement dans le train ! Depuis 6h du matin jusqu'à près de minuit? On prend d'abord au petit matin un train régional pour Milan, puis de là, un TGV qui relie Milan à la France. Ca y est, c'est bel et bien la fin, dans le train, il y a autant de Français que d'Italiens. D'ailleurs pendant le trajet, je m'amuse de la conversation de sourds d'à côté entre un petit Italien et ses petits voisins Français. Ces derniers ne cessent de lui demander ses petites voitures et s'étonnent de voir que le pauvre Timo (qu'ils appellent « hé petit garçon ! ») ne comprend rien et leur tend la voiture de police à la place du camion de pompiers? Découverte ludique du dialogue interculturel !
Bienvenue en France
L'arrivée en France sera tout sauf accueillante, à la frontière le train est arrêté et soudainement investi par la police nationale qui entreprend de contrôler un à un les papiers de tous les passagers. Elle en fera d'ailleurs descendre un certain nombre qui ne remonteront pas dans le train? Il n'y a plus de postes de frontières entre la France et l'Italie mais la police a toujours le droit de réaliser des contrôles d'identité à n'importe quel endroit de son territoire, ce que, apparemment, elle ne se prive pas de faire à cette frontière franco-italienne? On descend peu après à Chambéry, alors que le train continue sa route en direction de Paris. C'est là que les ennuis commencent, la liaison locale d'une heure et quelques entre Chambéry et Lyon s'avère en fin de compte la plus pénible : à peine parti, le train s'arrête sur les voies pour une durée indéterminée à cause d'un problème de caténaires... Plus de deux heures et demie après, on arrive enfin à Lyon mais on a raté notre correspondance pour l'autre côté de la France !

A la gare de la Part-Dieu, c'est la panique entre les « chassés-croisés » d'un week-end de retour de vacances et le problème de caténaire qui a perturbé toute une flopée de trains, ainsi que toutes les correspondances qui en dépendaient. On va devoir se résoudre à trouver une solution alternative à notre plan initial et prévoir une étape supplémentaire pour la nuit? mais dans l'immédiat notre priorité est de manger ! Coincées dans le train ou soumises à des correspondances serrées, on n'a encore rien pu avaler de la journée qui est déjà bien avancée? De toute façon, c'est la ruée aux guichets de la SNCF, inutile de s'y précipiter. Après notre sandwich sous la grisaille de l'été français, le rush des voyageurs en mal de correspondances est quelque peu passé et un agent efficace de la SNCF nous trouve finalement une liaison directe pour Bordeaux ! ? enfin directe, en plus de 6 heures tout de même, et desservant toutes les villes du Sud? Mais on n'est plus à cela près, et à environ 23h30, on arrive, épuisées mais heureuses, dans cette bonne vieille gare Saint-Jean à Bordeaux, qui a toujours pour moi un petit goût de nostalgie;celui de la fin des voyages ou du souvenir du début des voyages passés ! Photo Aude Thépenier : Jeanne (à gauche) et Aude, les 2 actrices de cette aventure méditerranéenne

Toute bonne chose a une fin?
Que dire de cette aventure sur les routes ? Et bien que ce n'était pas si aventureux que cela et que la
Méditerranée est finalement une région assez sûre : à aucun moment nous ne nous sommes senties en danger ou ne serait-ce que sérieusement inquiétées? Et puis on a peut-être eu de la chance qui sait ? Car, alors que je pensais qu'on allait sans doute y laisser quelques plumes, et bien non : on n'a rien perdu, et on ne s'est rien fait voler? Si ce n'est quelques pourcentages de change en quelques occasions d'échanges monétaires défavorables ! Et ce voyage fut également la traversée d'un nombre de lieux incroyablement différents autant qu'incroyablement unis par un fond commun, dont on ne sait dire s'il est géographique, historique, maritime, ? ou peut-être également gastronomique ? (Le lecteur assidu aura remarqué mes fréquentes digressions sur nos plaisirs gustatifs?). Enfin, je tiens à rendre hommage aux ordinateurs et aux connexions Internet qui ont croisé notre route, même dans les endroits les plus improbables. Et tout particulièrement aux claviers turcs avec leur fameux i sans point ainsi qu'aux Windows en grec, turc, albanais, italien? En attendant, j'espère un jour, d'avoir l'occasion de nous attaquer à l'autre face de la Méditerranée : de Bordeaux à Alexandrie par les terres, en passant par l'Espagne et toute l'Afrique du Nord !
Texte et photos : Aude THEPENIER (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) jeudi 11 décembre 2008
Publié le 11 décembre 2008, mis à jour le 8 décembre 2008
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