

Pour la première fois dans la jurisprudence égyptienne, un procès a été intenté contre un chauffeur qui harcelait sa victime en pleine route.
"J'ai été surprise qu'il s'agisse du premier procès du genre", a dit Noha Rachid Saleh, la victime, estimant que la réprobation envers "femmes victimes"en est la principale raison. Pourtant ce phénomène fait désormais partie des comportements banals des gens dans la rue.
Photos LPJ - Souvent une souffrance à la fois terrible et secrète
Le harcèlement : phénomène médiatisé
L'émission du verdict a fait couler beaucoup d'encre sur ce phénomène, ancré depuis longtemps dans la société. Le harcèlement a été médiatisé, notamment suite à un sondage réalisé par le Centre Égyptien pour les Droits des Femmes auprès de 2.800 femmes, selon lequel 40% des femmes interrogées se plaignent d'attouchements inappropriés, 38% de harcèlement verbal et 12% de harcelèlement quotidien. D'autre part, le journal américain Washington Post, d'après lequel l'Égypte est classée deuxième après l'Afghanistan quant au harcèlement dans les rues, publie un rapport sur le thème "En Égypte, certaines femmes prétendent que le voile les expose plus au harcèlement".
Projet de loi
Des députés mènent des concertations pour la formulation d'un nouveau projet de loi sur le harcèlement sexuel. Ce projet porte à dix ans la peine de prison pour ce crime. Il exige l'indemnisation de toute fille ou femme harcelée notamment en cas d'attouchements. Les députés ont confirmé que le projet de loi ne comprenait pas de textes permettant une réconciliation entre la victime et le criminel, ou une exemption de la peine si le coupable demande en mariage la plaignante.
Motifs du harcèlement
La directrice du Conseil, Mme Nehad Aboul Qomssan, a affirmé que le phénomène de harcèlement en Égypte était dû aux mauvaises conditions économiques, à la propagation du chômage parmi les jeunes, à l'inconscience religieuse, et à la non-adoption d'une loi efficace incriminant le harcèlement dans la société égyptienne. "Parmi les solutions les plus importantes à ce problème, figurent l'amélioration des conditions économiques des jeunes, la création d'emplois, l'imposition d'un contrôle des médias, et la création d'un système sécuritaire efficace", a-t-elle dit.
Safaa ISMAIL (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mercredi 5 novembre 2008






