Édition internationale

SOCIETE - Bawab : Ces piliers de nos immeubles !

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018

Les bawabs sont devenus tellement indispensables à notre vie quotidienne que l'on n'imagine même pas ce que serait la vie sans eux. Même s'il est vrai qu'en Egypte, on peut voir une multitude d'emplois très souvent ignorés dans les pays occidentaux, le métier de « bawab », littéralement portier en arabe, reste un des plus anciens et celui qui fascine le plus.

Ce « service » comme beaucoup se plaisent à dire est pourtant bel et bien une profession à part entière.
Ceux qui l'exercent se défendent même aujourd'hui d'être indispensables allant même jusqu'à dire que sans eux il n'y aurait pas de vie dans nos immeubles.

Selon Julianna, 26 ans et vivant dans un quartier populaire du Caire : « Il n'est pas concevable pour nous égyptiens de vivre sans bawab. Ce métier est indispensable pour notre confort quotidien. Pour ma part, je suis très contente d'avoir mon journal tous les jours et si j'ai besoin d'une course quelconque, je ne me vois pas me débrouiller sans lui » admet-elle très honnêtement.
Nombreux sont ceux qui pensent comme Julianna et qui estiment que cette profession n'a non seulement rien de particulier mais que si elle venait à disparaître elle placerait un grand nombre de personnes dans une situation très inconfortable.

En revanche, d'autres estiment qu'aujourd'hui nous faisons face à des difficultés que l'on ne rencontrait pas forcément auparavant. Il semble parfois très difficile de trouver un bawab qui soit sérieux dans son travail et qui parvient à le faire sans moyenner un « salaire parallèle ». Amy, elle, américaine de 38 ans qui vit à Mohandissen explique que nombreux sont ceux qui sont avides d'un surplus d'attentions : « Les bawabs ont pour beaucoup dévaloriser la profession car ils sont très souvent obnubilés par la récompense qu'ils auront et ce même s'ils gagnent un très bon salaire ! Très souvent, lorsque l'on demande un service, on se voit taxer d'une facture un peu plus chère et ceci sans compter le pourboire que l'on doit donner. De plus, certains rechignent parfois à se déplacer pour faire une course allant même jusqu'à vous demander d'utiliser le service de livraison » s'indigne-t-elle.

Ahmed, un Bawab d'une cinquantaine d'années qui travaille à Maadi remet quant à lui, en cause le comportement de certains locataires: « Être bawab c'est avant tout un emploi pour nous et après un service pour les autres. Il est vrai que c'est parfois fatiguant mais tout dépend des gens avec qui vous travaillez car certains peuvent être très gentils alors que d'autres peuvent vous user ! » fait-il remarquer avec un léger sourire.
Force est de constater que ce service bénéficie à chaque couche de la société et que tous entendent bien le faire perdurer. N'oublions pas qu'ils exercent un emploi qui est incontestablement très peu valorisant dans la société égyptienne;une société ou l'appartenance à une classe a tendance à « hiérarchiser le respect ».

Texte et photos : Lynda KARTOUT (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mercredi 24 septembre 2008

{mxc}
Publié le 26 septembre 2008, mis à jour le 9 janvier 2018
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos