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RENTREE DES CLASSES - La langue arabe en vogue

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018

À l'occasion de la rentrée en Egypte, le petit journal du Caire a décidéde consacrer cette semaine àla question de l'éducation. Et c'est la rentrée pour les étrangers aussi, de plus en plus nombreux àvenir apprendre l'arabe. 

Le Département d'Enseignement de l'Arabe Contemporain, toujour splus prisé

Sur le bureau de Wadia Abdel Messih, les dossiers s'entassent et la responsable par intérim du Département d'Enseignement de l'Arabe Contemporain (DEAC) a un peu de mal às'y retrouver. La session annuelle commence dans quelques jours, mais déjàles couloirs résonnent des allers et venues des stagiaires du mois de septembre.

Effectifs en constante augmentation Entre les cours donnés àl'année, les leçons du soir et les stages de quelques semaines, le DEAC accueille une centaine d'étudiants. Un nombre qui ne cesse de croître. En 1982, date de sa création, le DEAC ne comptait que 6 stagiaires, tous boursiers du Ministère français de l'Education Nationale. Depuis, le DEAC a signéde nombreuses conventions avec différentes écoles et les étudiants viennent de tous les horizons. "Les choses ont surtout évoluédepuis le début des années 2000", explique Wadia. "Les étudiants peuvent valider leurs examens ici et leurs notes sont reconnues en France. Dans le même temps, le DEAC a acquis une certaine réputation et la demande est en hausse".

C'est par le bouche àoreille que Maryline a entendu parler des cours du DEAC. "Je suis passionnée par la langue arabe. En France, j'ai toujours eu beaucoup d'amis d'origine marocaine ou algérienne. J'ai pris un mois de congés pour venir apprendre ici", raconte cette jeune traductrice freelance. Pour Yelly, Vénézuélienne débarquée de Paris, la volontéd'apprendre l'arabe est plus pragmatique : "pas de passion particulière, mais j'ai des ambitions professionnelles. J'aimerais travailler dans le secteur pétrolier vénézuélien, qui est en contact avec le monde arabe".

Comprendre l'autre Quelles que soient les motivations de chacun, la langue arabe est en vogue et le Caire accueille chaque année un lot plus important d'étudiants, diplomates, journalistes ou simples passionnés. Ancien professeur auprès du consulat britannique, Mohamed Bakri a décidéil y a cinq ans de gérer son propre centre de langues. Avec quelques collègues professeurs, ils créent Kalimat, centre culturel et linguistique qui aujourd'hui accueille déjàentre 70 et 100 étudiants par an. "Et les effectifs sont en constante hausse", précise-t-il. "A cotédes étudiants traditionnels, il y a une vraie demande concernant la culture arabe et islamique. En apprenant l'arabe, les gens veulent comprendre notre sociétéet l'Islam" C'est exactement le cas de Travis, jeune américain tout juste arrivéau Caire pour se faire sa "propre idée d'une culture dont on parle tous les jours dans les médias. Depuis 2001, les médias nous parlent plus que jamais du Moyen Orient, de l'islamisme et des Arabes. J'ai voulu m'en faire ma propre image, àtravers la langue".

A l'heure oùcertains esprits aiment àattiser les différences culturelles, cet engouement pour la langue arabe prouve que la volontéde compréhension est encore en pleine santé.
Arnaud Saint Jean (
http://www.lepetitjournal.com) 18 septembre 2006

Publié le 18 septembre 2006, mis à jour le 9 janvier 2018
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