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PORTRAIT - Une femme de pouvoir, Madame Mouna Moukram Ebeid

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Elle est professeure de sciences politiques à l'université américaine du Caire et en plus femme de pouvoir. L'Egyptienne, Mouna Makram Ebeid, parle avec fierté de son expérience politique dans un pays peu favorable aux femmes

Dr. Mouna Makram Ebeid a derrière elle une belle carrière de professeur à l'université américaine du Caire. Aujourd'hui, elle se présente plutôt en tant qu'activiste politique, députée égyptienne. Issue d'une grande famille copte connue pour son action politique. Elle se bat pour qu'une "femme", en plus une "chrétienne" soit élue. Elle n'est pas pour autant  militante féministe.

Photo LPJ - Dr Mouna Makram Ebeid

"Pourquoi est-ce qu'une femme chrétienne se lance dans la politique ? Quelles sont les obstacles qu'elle pourrait rencontrer ?", se demande-t-elle. Et de poursuivre : " Je n'ai jamais voulu me contenter de ma carrière universitaire, je voulais surtout être une participante de la scène politique. Le danger c'est qu'on n'est pas très bien accueilli. Le premier refus est celui de la société traditionnelle. Elle n'accepte pas le fait qu'une femme puisse jouer un rôle politique. Le second obstacle vient du système lui-même. Autre chose à laquelle je me suis vigoureusement opposée : l'idée de me joindre à un comité de femmes".

Forte de son expérience, la députée pense qu'une femme qui se lance dans la politique doit être présente dans tous les domaines. Selon elle, pour que les femmes obtiennent leurs droits, il faudrait faire partager leurs inquiétudes, essayer de convaincre d'abord la société masculine, ensuite les autres du mérite de leur entreprise.

Obstacles et succès vont de pair
La combattante se félicite d'avoir pu entraîner des hommes dans ce mouvement et obtenir, à travers la politique, gain de cause dans des sujets tels que l'excision : "Nous avons pu les convaincre du danger de cette pratique sur la fille, la femme égyptienne et par conséquent toute la société", explique-t-elle. Autre succès : une femme égyptienne mariée à un étranger peut désormais donner la nationalité à son enfant. Quant au chapitre de divorce, les femmes ont le droit au "kolea" (pouvoir divorcer sans le consentement du mari tout en renonçant à ses droits financiers).

Les femmes mènent la campagne
Parlant des avantages de la campagne électorale de la femme, Dr. Makram souligne un point important : "Une femme peut pénétrer partout" ainsi montre l'étude faite sur le terrain. "Ceci constitue une ouverture extraordinaire et donne la possibilité de connaître la société par le bas. De même, la femme représentera une circonscription d'une façon dix fois plus grande que l'homme".

Ecriture et politique
C'est par le billet de l'écriture que Mouna est venue à la politique. "L'écriture journalistique où le message doit être court, impressionnant m'a permis d'établir le lien avec la société et la jeune génération. J'ai alors compris qu'on pouvait réaliser des avancées démocratiques tout en s'exprimant. Par l'écriture les femmes s'assument", affirme-t-elle.

Nihad ATTAR (www.lepetitjournal.com - Le Caire) jeudi 25 mars 2010

Publié le 25 mars 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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