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PATRIMOINE PHARAONIQUE – Un outil pour lutter contre les trafics

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

 


Un an après la chute du régime Moubarak et les troubles sécuritaires qui ont suivi, notamment au niveau de la conservation des antiquités, le Conseil international des musées vient d'annoncer au Caire la publication de la " Liste Rouge d'urgence des biens culturels égyptiens en péril"



C'est au Musée national de la civilisation égyptienne (NMEC, photo: wikimedia commons) et en présence de son directeur, le Dr Mohammed Abdel Fattah, que Julien Anfruns, directeur général du Conseil international des musées (ICOM), a présenté le 6 février dernier une nouvelle liste rouge de cette organisation, après celles qui concernent notamment l'Iraq et l'Afghanistan : la "Liste Rouge d'urgence des bien égyptiens en péril".

Créé en 1946, l'ICOM, dont le siège est à Paris, est une organisation internationale non-gouvernementale en relation formelle d'association avec l'UNESCO et membre du réseau expert d'organisations internationales reconnu par les Nations Unies dans la lutte contre le trafic illicite des biens culturels. Il a développé un important réseau collaboratif, constitué de professionnels nationaux et internationaux engagés dans la protection du patrimoine culturel au sein de divers pays.

Réalisée grâce au soutien du Bureau des affaires éducatives et culturelles du département d'Etat des Etats-Unis, La "Liste Rouge d'urgence des biens culturels égyptiens en péril" a été conduite en coopération avec le ministère des Antiquités égyptien. Son objet est de sensibiliser à la fois la population locale, les forces de l'ordre et le marché international de l'art et des antiquités. Les Listes Rouges de l'ICOM sont distribuées aux officiers de police et des douanes dans le monde entier, ainsi qu'aux professionnels du patrimoine, du marché de l'art et des antiquités, dans le but de les aider à identifier les types de biens culturels les plus exposés aux transactions illégales.

"L'Egypte abrite un patrimoine culturel inestimable, de renommée mondiale: un patrimoine culturel varié qui se présente comme un témoignage vivant de l'évolution artistique et scientifique de l'humanité. Protéger les biens culturels de leur disparition est d'une importance primordiale qui se confirme à la vue des dégâts irréparables que le trafic illicite des objets culturels peut causer", déclare l'ICOM dans son communiqué de presse. "Les objets égyptiens vulnérables varient de ceux qui se rapportent à la vie quotidienne à ceux qui sont d'une nature religieuse ou cérémoniale. Ces objets peuvent avoir fait l'objet d'un vol dans des sites archéologiques et, dans certains cas spécifiques, dérobés à des institutions les hébergeant. Les objets les plus recherchés sont ceux des périodes prédynastique, pharaonique et nubienne, aussi bien que ceux des périodes gréco-romaine, copte et islamique" poursuit-il.

Analyser les risques
Ainsi, et à la suite des événements de janvier 2011 en Egypte, le Secrétariat de l'ICOM, son Groupe d'intervention pour le secours en cas de catastrophes (DRTF) et son Comité international pour l'égyptologie (CIPEG), en coopération avec le ministère des Antiquités égyptien, ont uni leurs ressources afin d'analyser les risques auxquels le patrimoine et les musées égyptiens faisaient face. Le travail d'investigation a permis d'identifier des vols commis et conduit à une évaluation de l'état des principaux sites archéologiques du pays.

A la suite de plusieurs échanges avec les autorités égyptiennes, des experts dans le patrimoine du pays et des membres de CIPEG, le Secrétariat de l'ICOM a alors décidé de lancer la publication de la liste. Dans les objets vulnérables, il a été choisi de différencier ceux qui se rapportent à la vie quotidienne, de ceux d'ordre religieux ou cérémonial. La liste doit maintenant être publiée en quatre langues. 10.000 exemplaires seront distribués aux services de police et des douanes à travers le monde, ainsi qu'aux professionnels du patrimoine, marchands d'art et d'antiquités et à d'autres organismes concernés.

Pour une efficacité qui semble-t-il a fait ses preuves : le Musée national d'Afghanistan reconnaît ainsi que la "Liste Rouge des antiquités afghanes en péril" a permis "le retour de 8 000 objets trouvés dans divers endroits du monde" dans les quatre dernières années. De plus en 2008, grâce à la "Liste Rouge d'urgence des antiquités irakiennes en péril", une tablette cunéiforme a été identifiée sur la plateforme suisse du site d'enchères en ligne eBay. Les autorités suisses l'ont alerté et il a pu arrêter la vente quelques minutes avant la fin des enchères.

L'ICOM ?uvre actuellement à l'élaboration de la "Liste Rouge d'objets culturels dominicains en péril" et de la "Liste Rouge des biens culturels ouest-africains en péril" car, précise aussi le directeur général de l'Icom," les vols ont des conséquences désastreuses pour la recherche scientifique".  A préciser que ces listes rouges ne répertorient pas les objets volés, mais permettent d'illustrer les catégories de biens culturels protégés par les législations et les plus vulnérables aux trafics illicites.

Pour consulter (en anglais) la "Liste Rouge d'urgence des bien égyptiens en péril" cliquez ici.


La rédaction (www.lepetitjournal.com/le-caire.html) vendredi 10 février 2012

Publié le 9 février 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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