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MUSIQUE - Le Oud par Naseer Shamma

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018

Derrière la mosquée El-Azhar, dans le quartier de Darb El-Ahmar, se trouve la maison El-Harrawi, joyau de l'architecture ottomane datant de 1731. C'est ici qu'en 1999, Naseer Shamma, Iraquien d'origine et grand maître du luth, a créé l'école Beit El Oud. Un lieu de concerts mais aussi de cours.

20 heures ce samedi-là. Après plus d'une heure d'attente, une voiture noire avec chauffeur pénètre dans l'enceinte de la maison El Harrawi. A son bord, Naseer Shamma, de retour d'une série de concerts donnés à l'étranger. Il descend du véhicule et, le sourire aux lèvres, salue tous ceux qu'il croise sur son passage avant de rejoindre son bureau. Photo Mohamed Salah "Naseer Shamma"

Suivre des cours à la maison du Luth
Comptes-rendus, inscriptions ou simples témoignages d'admiration : professeurs, élèves et non-inscrits se bousculent à sa porte. Pour ceux qui souhaitent prendre des cours, la rencontre avec Naseer Shamma est incontournable et l'étape intimidante. « L'école est ouverte à tous ceux qui ont envie d'apprendre et de progresser » se contente de souligner le musicien, charismatique.
Un instrument confectionné par les luthiers de l'école est amené à chaque nouvel inscrit. Dans les salles de cours somptueuses de la maison, les élèves vont et viennent et chacun « b?uf » avec qui lui chante. A ce cadre peu formel, s'ajoutent les touristes qui flânent et s'arrêtent parfois un moment pour assister aux leçons. Cadre prestigieux, éclairage tamisé, les murs d'El-Harrawi vibrent au son des luths et la magie opère.

Beit El Oud : une institution portée par Naseer Shamma


Si l'ambiance paraît bon enfant, quelque chose de respectueux plane dans l'air. Après la libre expression musicale, l'assiduité est le deuxième mot d'ordre de la maison. La musique est ici une affaire sérieuse.
« Après deux mois de cours, Monsieur Naseer évalue l'élève et peut décider de ne pas prolonger son inscription ou, au contraire, l'assister pendant encore deux ans en préparant avec lui un morceau pour l'obtention d'un diplôme » précise Mohammed Salah, chargé de l'administration. Ce diplôme permet d'être professeur au sein de l'école et pour les meilleurs, d'accompagner Naseer Shamma en concert.
Sherine, professeur depuis 2002 à la maison du Luth, fait partie de ceux-là. Elle se rappelle : « Je me suis inscrite en 1999. A cette époque, nous n'étions que six élèves et Monsieur Naseer, l'unique professeur. Aujourd'hui, nous sommes huit professeurs pour environ soixante élèves ». En tout, seize élèves sont sortis diplômés de l'école du Caire et certains d'entre eux sont partis à l'étranger. Photo Mohammed Salah "Naseer Shamma et les professeurs de la maison du Oud"

Car des maisons du Oud ont depuis fleuri aux quatre coins du monde, toujours sous l'impulsion de Naseer Shamma : à Abu Dhabi, en Algérie, en Jordanie et même en Suisse. La Beit El Oud est donc devenue une véritable institution. Un développement entièrement lié à la personnalité de « Monsieur Naseer », qui parvient à transmettre sa passion du luth à ses élèves en même temps que son art.

Stéphanie SICARD (www.lepetitjournal.com ? Le Caire ? Alexandrie) vendredi 2 mai 2008

Publié le 2 mai 2008, mis à jour le 9 janvier 2018
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