

Née d'un projet de réhabilitation du tissage artisanal en Haute-Egypte et de l'union artistique d'un potier suisse et d'une styliste libanaise, la marque de vêtements NAGADA, "meyya fi-l meyya" égyptienne, séduit toujours les amoureux de voyages.
Quand ils se sont rencontrés, en 1992, Michel Pastore, artiste-potier d'origine suisse et Sylva Nasrallah, styliste née au Liban, avaient juste une cliente en commun. Lui, venait de participer à un projet canadien pour la réhabilitation du tissage artisanal dans le village de Nagada, dont les traditionnelles "ferkas", ces écharpes de coton ou viscose teintées, assuraient depuis presque 100 ans la survie de 2.000 familles. Les tensions politiques avec le voisin soudanais, principal destinataire de la production, avaient eu raison de ce commerce, et 30 tisserands furent choisis par les responsables du projet pour ranimer cet héritage.
Photos Nagada - Le show room et un mannequin dument paré
Il apprit sur place les techniques ancestrales de tissage, puis s'inspira des motifs géométriques de Nagada
La mémoire du coton
Sylva apporta une unité de production à la première collection de Michel, en 1994, et leur curiosité pour les tissus qui ont une histoire à raconter fit le reste. L'alchimie Nagada était née.
"Nous créons des vêtements sortis de la mémoire du coton", se plaisent-ils à dire. "Cela veut dire que vous ne trouverez pas ici des copies de magazines de mode", explique Sylva. "Nous aimons les tissus qui ont une texture, du caractère, un tombé. La silhouette Nagada est faite de lignes simples, elle est confortable, souvent ample", ajoute-t-elle. Une mode ethnique ? "Pas seulement, il est vrai que depuis 10 ans nous voyageons beaucoup pour acheter des tissus. Mais nous n'allons pas dans une usine turque ou indienne passer commande. Nous arpentons les marchés, les souks, nous avons parfois des adresses avant de partir, parfois non. C'est un genre d'exploration qui nous inspire", explique la créatrice. Du velours ouzbek déniché à Istanbul, une soie de Bénarès, un batik indonésien ou une icône bouddhiste cachée au fin fond du marché de Pékin composent aujourd'hui les vestes, jupes, cabans, écharpes exposés au premier étage de la belle villa de Dokki. A chaque pièce un souvenir, une image, un voyage.
Et quand le coup de coeur est au rendez-vous, ils le rapportent tout cousu dans les valises.
Il rejoindra au rez-de-chaussée, la boutique NAGADA Selection avec son identité, son caractère sorti d'autres mains. Les poteries naïves du Fayoum, venues de l'école montée par l'épouse de Michel, Evelyne Porret, complètent l'identité locale du lieu. La ligne pour la maison fait la part belle aux premières amours : le royaume de la fleur de coton égyptienne est ici, au deuxième étage. Comme un fil rouge à leur demi-siècle d'Egypte.
Elodie Laborie (www.lepetitjournal.com/le-caire) Lundi 27 mai 2013 (réédition)
NAGADA show room
13 Refa'a street / Dokki
ouvert tous les jours 10h / 18h30
+202 37486663
www.nagada.net








