Édition internationale

MOBINIL - Yves Gauthier, "L'Egypte est un carrefour entre 3 continents"

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 16 octobre 2015

Dans une grande salle aux couleurs de l'opérateur qui surplombe le Nil, lepetitjournal.com Le Caire est fier de rencontrer le PDG de Mobinil, M. Yves Gauthier, qui nous accordé son temps pour parler de son entreprise, exemple des intérêts français en Egypte et de son expérience de l'expatriation. Entre les projets de Mobinil et son regard sur l'Egypte, c'est l'interview expat et éco du petitjournal.com Le Caire.

« Faire rentrer le broadband mobile dans les foyers »

Lepetitjournal.com/Le Caire - Le Ministère des Télécommunications a annoncé un vaste plan de modernisation du réseau télécom en Egypte, notamment à travers l'introduction courant 2016 de la 4G, quelle sera l'implication et les projets de Mobinil dans cet objectif?

Yves Gauthier - Mobinil, en tant qu'opérateur de téléphonie mobile, vise évidemment à développer cette arrivée de la 4G dans le réseau égyptien, car nous croyons qu'elle répond à non seulement un besoin, mais aussi un usage de la « data » parmi nos clients. Avec la 3G ou la 3G+, le débit théorique maximum est de 42 Mo par seconde. Mais la saturation du réseau fait que le débit réel courant est en moyenne de 4 Mo par seconde. Avec la 4G, le débit théorique est de 100 Mo par seconde, avec surtout un avantage significatif, c'est que les données « montantes » sont au même débit que les données dites « descendantes », ces deux flèches régulièrement allumées dans l'icône « data » de votre téléphone.

Ce qui fait que la lecture, partage de contenu multimédia, notamment vidéo est extrêmement facilité. Ce qu'on appelle le « broadband mobile » répond aujourd'hui à un usage habituel des consommateurs mobiles, et nous croyons en son développement.

D'ailleurs, nous adoptons une stratégie volontairement plus portée sur le broadband mobile que sur les lignes ADSL. Il y a aujourd'hui 100 millions de lignes mobiles ouvertes en Egypte, contre 6 millions de lignes fixes, avec, en plus, une infrastructure réseau qui ne permet pas un accès à haut débit. Nous croyons qu'avec son développement, la 4G, y compris au domicile, va se substituer aux lignes fixes.

« L'Egypte est un pays clé, un noeud entre trois continents »

Mobinil est une filiale très majoritairement détenue par Orange, qui a encore augmenté son poids dans le capital de l'opérateur. Quelle est le rôle ou la volonté d'Orange dans une société telle que Mobinil?

Orange bénéficie déjà d'une forte présence en Afrique, avec 18 pays sur lesquels la marque est implantée, plus une forte intégration dans le croissant méditerranéen. Orange vise un véritable développement sur le continent africain, et L'Egypte, à travers son potentiel économique et son positionnement géographique, un noeud entre 3 continents, est un marché préférentiel pour le développement d'Orange dans la région.

La croissance économique en Egypte, couplée à une croissance démographique forte (4,1% encore cette année), pose les bases d'un potentiel de marché très favorable. D'ailleurs, même pendant les troubles liés à la Révolution, la croissance était résiliante, preuve que les bases structurelles de l'économie égyptienne sont stables et propices à un développement futur intéressant.

L'Egypte est un pays clé pour l'Afrique du Nord et le croissant méditerranéen. 

Quel est votre regard ou votre intérêt quant au réchauffement significatif des relations entre la France et l'Egypte ? 

Vous savez, en tant qu'entreprise française implantée en Egypte, à travers Orange, tout ce qui va dans le sens du développement croissant des relations franco-égyptiennes est bon pour nous. Et si on peut y contribuer à notre échelle, nous en sommes fiers.

Par exemple, lors du rachat du capital de Mobinil, Orange a injecté directement 2 milliards de dollars en devises en Egypte, et encore aujourd'hui investit chaque année près de 2,5 milliards de livres. Et nous employons 5000 personnes, ce qui fait de nous l'un des premiers employeurs privés. Donc le développement bilatéral entre France et Egypte est forcément un aspect positif pour le développement de Mobinil.

M. Sawiris, le fondateur d'Orascom, l'ancien actionnaire majoritaire a trouvé un écho important en proposant d'acheter deux îles pour accueillir et intégrer les migrants fuyant la crise syrienne. En tant qu'entreprise, quel est votre regard sur cette situation qui touche un pays aux portes de l'Egypte, et est-ce que Mobinil porte des initiatives à destinations des réfugiés?

Mobinil et Orange ont un rôle dans le développement responsable et social de la région. A travers des programmes d'intégration et d'emploi qui visent par exemple à l'accès à l'éducation, à la santé ou à l'emploi des femmes dans la région, Mobinil et Orange s'engagent déjà, en participant à l'emploi de près de 100 000 personnes.

Mais les actions humanitaires, aussi charitables et intentionnées soient-elles, ne peuvent malheureusement pas résoudre les conflits et crises qui secouent cette région.

« Je suis habitué à changer »

Arrêtons-nous un peu plus sur votre expérience d'expatrié. Vous avez une formation très française (INT Management, Evry) mais après plusieurs positions au sein de France Télécom, vous avez vite évolué vers un parcours international (Mexique, Pays-Bas, Roumanie,Salvador, Tunisie). Quel est votre regard sur les particularismes égyptiens, ou votre expérience de manager français d'une société étrangère?

Quand on s'expatrie, il faut y avoir un amour du pays qui nous accueille, et de même, une carrière internationale est forcément guidée par une certaine affection pour le voyage et la rencontre de cultures différentes. Je suis habitué à changer. Chaque pays a ses choses bien, ses choses moins bien, mais globalement, je n'ai pas été particulièrement dépaysé par mon arrivée en Egypte, notamment grâce à mon expérience en Tunisie, même si bien sûr, les cultures égyptienne et tunisienne ont chacune leurs spécificités. C'est en quelque sorte une continuité dans mon parcours.

Ensuite, en ce qui concerne le management international, la nomination d'un DG ne se fait pas sur le critère de la seule nationalité, c'est par nature un métier d'envergure internationale. Mais oui, selon les pays, il est nécessaire d'adapter son management à la culture locale, que ce soit ici, en Tunisie ou au Mexique.

Merci pour votre disponibilité et vos réponses, auriez-vous un dernier mot pour les lecteurs du petitjournal.com ?

Bien sûr, j'invite tous les lecteurs à s'abonner chez Mobinil, et je peux d'ores et déjà vous annoncer en exclusivité que la marque Orange va bientôt remplacer Mobinil, pour offrir encore plus de visibilité à nos services et la qualité de notre réseau. 

Quentin Boissard (www.lepetitjournal.com/le-caire) - Jeudi 15 octobre 2015

 

Publié le 15 octobre 2015, mis à jour le 16 octobre 2015
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