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LITTERATURE - Gilbert Sinoué au Caire... Entretien...

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Surpris de rencontrer un tel lectorat en Egypte, Gilbert Sinoué, auteur de la saga "Inch'Allah", avoue être ému. Toutefois, son étonnement va au-delà de la simple émotion quant aux changements survenus dans la vie des Egyptiens.

Photos Lepetitjournal.com - L'auteur Gilbert Sinoué et deux de ses oeuvres.
Gilbert Sinoué dénonce l'écart de plus en plus grand qui sépare les riches des pauvres en Egypte, notamment la présence des "ghettos" : "Je suis à la fois choqué et émerveillé par la patience de ce peuple. Quelqu'un d'autre aurait fait dix fois la révolution". Rencontre avec une figure d'un humanisme? subjuguant

Lepetitjournal.com : Le grand Gilbert Sinoué est de retour à la maison. Mais c'est un retour différent des autres fois car, vous revenez en tant qu'écrivain?
Gilbert Sinoué : Oui, c'est d'ailleurs avec plaisir que je découvre que je suis reconnu en Egypte. Je suis venu deux, trois fois avant soit pour des recherches, soit pour le tourisme. Il s'agit bien sûr d'une grande émotion, mais en même temps un étonnement devant les changements et la nouvelle vie des Egyptiens.

Vous qui avez passé toute l'enfance et l'adolescence dans ce pays, vous avez du mal à retrouver vos origines ?
Je n'ai pas de problème d'adaptation. Sur le Nil, à la campagne, je me sens toujours chez moi, même si la maison a changé. A mon époque, les riches vivaient dans la ville. C'est effrayant de voir comment les gens construisent aujourd'hui des guhettos pour vivre en dehors du peuple.

Votre c?ur est donc resté en Orient ?


Le c?ur est certes oriental, mais le cerveau est devenu occidental. J'ai ça dans le sang, sinon je n'aurais pas écrit la biographie de Nasser, Farouk, Mohamed Ali, cinq romans sur l'Egypte.

Après Le souffle du jasmin, Le cri des pierres est le deuxième volume de la saga Inch'Allah, pourquoi avez-vous écrit ce dernier roman ?
Je suis touché par les minorités qui souffrent, le problème palestinien. Le cri des pierres est lié à l'Intifada. Il y est question d'amour, vie et mort. Les trois thèmes sont récurrents dans mon ?uvre qui malgré son aspect fatal contient de l'espoir.

Un débat avec Alaa Aswany, auteur à succès égyptien, a eu lieu, partagez-vous ses idées ?
Alaa est un homme courageux, il fait des analyses extraordinaires de la société égyptienne. Mais, je ne partage pas ses idées politiques. J'ai toujours peur du mot politique. A vouloir se ranger gauche / droite, on se coupe d'une partie du monde. Je préfère m'ouvrir sur les idées qui viennent plutôt que de m'enfermer dans une telle vision.  
    
Nihad ATTAR (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) lundi 1er novembre 2010

Publié le 1 novembre 2010, mis à jour le 14 novembre 2012
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