Mercredi 23 juin 2021
Le Caire
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CULTURE - Poésie et danse se mêlent à l'Opéra

Par Lepetitjournal Le Caire | Publié le 01/04/2009 à 01:00 | Mis à jour le 31/03/2009 à 04:57
Une expérience unique à l'Opéra du Caire : "Les chants modernes au bien-aimé", dernier poème de Mona Latif-Ghattas, sera chorégraphié et monté en récital le 8 et 9 avril, avec la participation d'Erminia Kamel et du poète français Bruno Doucy.
Inspiré par une longue tradition, celle de la mystique soufie, le poème, assez déroutant, peut être lu spirituellement ou sensuellement. Entretien avec Mona Latif-Ghattas

Le Petit Journal : Votre expérience de soufie ?
Mona Latif-Ghattas : En tant que fille d'Egypte, le soufisme est dans mes gènes. Nous vivons dans un pays où c'est dans l'air. L'aptitude à la mystique est forcément liée à l'Autre. Je suis déjà liée à cette autre dimension qui nous rapproche du Créateur. J'ai commencé par lire les grands textes des maîtres soufis et donc faire ma traversée dans ce monde-là. Je me suis rendue compte que c'était toujours des hommes qui parlaient et cela m'a donné envie d'écrire mon texte.

LPJ : Quel est le thème principal des chants ?
MLG : Le poème est inspiré de la qualité d'amour qu'on peut rejoindre quand on a l'honneur de toucher à la beauté de Dieu. A ce moment, l'on peut percevoir des nuances d'amour pas perceptibles à tout le monde. Le texte porte donc cette thématique de l'être mythique que les soufis assimilent à Dieu. Photo dossier de presse - Mona Latif-Ghattas

LPJ : Lorsqu'une femme parle de soufisme, de quelle manière cela peut être différent ?
MLG : La façon même dont elle aborde le sujet est différente. Elle parle dans le féminin, l'être le plus fragile. C'est une autre sensibilité. Mais, je ne prétends pas être "soufie", d'ailleurs il y a très peu de femmes qui ont écrit dans ce domaine-là. Je dis juste que le texte m'a été inspiré. J'écris toujours avec mes référents, mes images de l'Egypte ancienne.

LPJ : On a l'impression que vous vous exprimez autrement, en comparant avec vos romans.
MLG : Un poème n'a pas besoin de concentration pour jaillir, il permet d'exprimer quelque chose prêt à sortir. C'est la magie de la poésie, de la puissance poétique. Le roman, par contre, est beaucoup plus raisonné. Il y a toute une structure à faire, des choses que je veux dire. L'aventure n'est pas la même. Je m'exprime autant en lisant un poème ou en jouant de la musique dans une dynamique différente.

LPJ : Il ne s'agit pas d'une simple écriture poétique, votre ?uvre est souvent accompagnée d'une musique, d'un ballet.
MLG : J'ai une formation de musicienne, et d'art dramatique aussi. J'écris d'abord mon texte. Quand je vais chercher les extraits musicaux, ce n'est pas pour accompagner, mais parce que tel musicien répond à mon texte. L'?uvre cherche un autre artiste, interpelle une autre ?uvre. C'est une sorte de convivialité avec ceux qui ont vécu la même chose.       

Nihad ATTAR (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mercredi 1er avril 2009
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