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CULTURE - "Héliopolis encore et toujours" : histoire des amitiés égypto-belges... (2)

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Ville du Soleil, née de l'imagination et l'ambition d'un belge hors du commun, le baron Edouard Empain, Héliopolis s'affichait comme un lieu de villégiature à la mode accueillant le monde élégant

Photos LePetitJournal.com - Héliopolis en documentaire par Asmaa El Bakri et André Azzam

Héliopolis moderne
"Héliopolis garde l'empreinte de son passé cosmopolite. Minarets et clochers y partagent toujours le même ciel. De nombreuses écoles de langues entretiennent la rencontre des cultures. Cette ouverture est un trésor, qui mérite, lui aussi, d'être préservé. Dans le monde actuel, marqué par tant de fossés, tant de murs, de replis identitaires et de peurs de toutes sortes, nous avons besoin, plus que jamais, de cités ouvertes, paisibles et conviviales, comme Héliopolis", a déclaré l'écrivain et journaliste Robert Solé.

La ville-jardin
Les Bâtisseurs d'Héliopolis moderne ont osé vivre dans le désert et cela a donné une ville du jardin. Le baron Edouard Empain, ce self made man qui avait investi dans les tractations vicinales rêvait de créer une oasis de verdure, à proximité de la capitale, qu'un tramway reliait au centre à travers le désert. Son rêve se concrétise à partir de 1905. La ville nouvelle est ainsi construite avec des colonnades, des arcades. L'architecture de ses bâtiments s'inspire des traditions islamiques. Le grand tour du métro donne son nom à l'un de ses plus beaux quartiers, el Corba. Le

gigantesque Palace Hôtel est aussi l'un des édifices les plus emblématiques. Le célèbre hippodrome, de même l'aérodrome rassemblait autrefois une foule de passionnés de tout bord. La basilique dénommée Notre Dame de Tongre est imposante par sa vue, c'est ici que repose la dépouille d'Empain. Et encore, la petite folie du baron, le palais hindou au style khemer où l'on pouvait voir les pyramides.

Ces trésors de la ville on les découvre avec émerveillement dans le remarquable documentaire réalisé par Asmaa El Bakri et commenté par André Azzam. Rappelons que ce documentaire est une production du Musée Royal de Mariemont, dans le cadre d'une exposition intitulée : "Mémoires d'Orient : Du Hainaut à Héliopolis".

"Le film est une façon de découvrir ce qu'est Héliopolis, surtout à travers des regards égyptiens. Tout le monde en a été ébloui. Avec les images, on réalise mieux. Les gens sont par la suite enclins à lire le livre", explique Marie-Cécile Bruwier, égyptologue, directrice du Musée et l'une des éditrices du livre sur Héliopolis.

"Notre rêve c'était de remémorer un passé récent et d'essayer de contribuer à la réservation d'un patrimoine mis en danger. Car, cette ville tentaculaire du Caire détruit tout à l'avantage des forêts bétonnières", ajoute André Azzam, héliopolitain et l'un des auteurs du livre.

Nihad ATTAR (www.leptitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mercredi 1er décembre 2010

Publié le 1 décembre 2010, mis à jour le 14 novembre 2012
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