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CINEMA - "Hassan et Morcos" : Imam et Sharif dans le même bateau

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018

Malgré les controverses, préjugés, suspicions et appels au boycott, la diffusion du film Hassan et Morcos, sur les relations tendues entre chrétiens et musulmans, s'annonce comme le grand succès estival

Ce film est produit par Good News, une agence connue pour ses films à gros budget. Le film aborde un sujet critique : les relations entre musulmans et chrétiens qui partagent à la fois citoyenneté et destin. Il vise à promouvoir la coexistence entre musulmans et coptes.
Les héros du film sont deux grandes stars de renommée mondiale. Omar Sharif, acteur international amplement crédible et élégant dans tous ses rôles, joue le rôle d'un musulman très fidèle qui refuse toutefois de prendre la place de son frère radical Emir el Gamaa après sa mort. Cela suscite la colère des fanatiques et met sa vie en danger. La deuxième star est le célèbre Adel Imam. Riche d'une expérience dans le comique qui dépasse les 40 ans, il joue le rôle d'un prêtre copte qui refuse, à son tour, tout appel à l'extrémisme dans un discours qu'il prononce à l'occasion d'un festival religieux.
Ces circonstances presque identiques obligent les deux hommes à se cacher loin de leur milieu. Dans une ambiance comique, le père Boules devient alors cheikh Hassan et le cheikh Mahmoud devient Morcos. Habitant un même immeuble, les deux familles vont nouer une forte amitié, croyant partager la même religion.

Les religieux sont parfois responsables
Au début du film, une scène présente le congrès annuel de l'union patriotique; les cheikhs musulmans, les prêtres chrétiens se précipitent pour proclamer leur amour et leur respect des uns et des autres par des discours retentissants, de larges sourires, des mains serrées, tandis qu'ils cachent leur grande animosité intérieure. Dans leurs lieux de cultes, ils continuent à mobiliser leurs fidèles respectifs et les montent les uns contre les autres. Le film est fort et direct, le symbolisme n'y existe que dans la toute dernière scène, où les deux religieux seront blessés durant une émeute opposant des fanatiques musulmans et chrétiens, démontrant que l'extrémisme lèse tous les citoyens.
Une relation d'amour utopique débute entre la fille de Morcos et le fils de Hassan mais est rompue soudainement, dans une scène prodigieuse, en raison des confessions différentes. La jeune Cherry joue parfaitement l'étudiante égyptienne qui tombe amoureuse de son voisin, alors que le jeune et prometteur Mohamed Imam assure, une fois de plus, son avenir d'acteur brillant dans le style d'Ahmed Zaki.
Le script de Youssef Maati, les images affûtées et la mise en scène remarquable font de ce film une ?uvre de grande qualité, montrant les relations extrêmement difficiles des deux pôles religieux de la société égyptienne. Photos - dossier de presse du film
Lama AHMED. (www.lepetitjournal.com - Le Caire-Alexandrie) vendredi 1er août 2008

Publié le 1 août 2008, mis à jour le 9 janvier 2018
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