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Johannesburg: entretien avec Carolyn STEYN. Une idée folle qui devient un mouvement

Carolyn STEYN a fondé " 67 blankets pour MANDELA Day" en hommage à celui qu'elle et son mari ont côtoyé. Dans cette deuxième partie, Carolyn STEYN raconte comment une folle idée est devenue un mouvement de solidarité à travers le monde.

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Écrit par Philippe Petit
Publié le 26 août 2026

 67 blankets for MANDELA DAY

LPJ : Pouvez-vous présenter ce mouvement, "67 blankets for MANDELA Day" dont vous êtes la fondatrice ?

CS : Tout a commencé en décembre 2013. Nelson MANDELA venait de nous quitter, le 5 décembre. Mon mari était très proche de « Madiba ». Il éprouvait pour lui un immense respect et ils avaient développé une relation très amicale.

Quelques jours plus tard, le 19 décembre, nous recevions quelques amis à déjeuner. Parmi eux se trouvait Zelda La GRANGE, qui avait été l'assistante personnelle de Nelson MANDELA pendant de nombreuses années.

Comme tout le monde à cette époque, nous évoquions nos souvenirs de Madiba et nous nous demandions ce que nous pourrions organiser pour le premier « MANDELA Day » après sa disparition.

Le principe est qu’à chaque anniversaire de sa naissance, le 18 juillet, tout le monde donnerait 67 minutes de son temps pour réaliser une belle action pour ceux qui sont dans le besoin.

Zelda a alors lancé, presque comme une idée en l'air : « Pourquoi ne pas fabriquer soixante-sept couvertures ? » J'ai immédiatement répondu : « D'accord. Faisons-le. »

À cet instant, je devais être inconsciente, je n'avais absolument aucune idée de ce qui allait suivre.

LPJ : Pourquoi 67 ?

CS : Le nombre 67 n'a évidemment pas été choisi au hasard. Il représente les 67 années que Nelson MANDELA a dédiées à la lutte pour la liberté, la paix, la justice et les droits humains.  

L'idée du MANDELA Day est très simple : si Nelson MANDELA a donné soixante-sept années de sa vie à l'humanité, chacun d'entre nous peut bien offrir soixante-sept minutes de son temps pour aider quelqu'un d'autre. C'est une idée magnifique.

Nos couvertures devaient devenir une façon concrète de vivre cet esprit de solidarité. Quelques jours plus tard, à Noël, ma sœur est arrivée avec une pelote de laine et un crochet.

Elle m'a dit :« Tu vas en avoir besoin. »

Je ne savais pratiquement pas crocheter. J'ai commencé le jour de Noël. Autour de moi, quelques proches ont essayé de m'aider. Même Graça MACHEL, la veuve de Nelson MANDELA, a pris un crochet pour fabriquer une couverture.

Mais très vite, une évidence s'est imposée. Je n'arriverais jamais à fabriquer à temps soixante-sept couvertures toute seule.

Trois heures du matin...

CS : Je me souviens parfaitement de cette nuit. Il était trois heures du matin. Je n'arrivais pas à dormir. Je me suis installée devant mon ordinateur et j'ai publié un simple message sur Facebook : « Y a-t-il quelqu'un qui pourrait m’aider à produire des couvertures au crochet ? Je me suis engagée à en réaliser soixante-sept, mais je n'y arriverai pas seule. » Je suis ensuite allée me coucher.

Le matin, lorsque je me suis réveillée...Il y avait des dizaines de réponses. « J'en suis ! », « Comptez sur moi ! », « Nous allons le faire ! ». Et surtout... #67Blankets

C'est à ce moment-là que j'ai compris deux choses.

La première, c'est la puissance extraordinaire des réseaux sociaux lorsqu'ils sont utilisés pour faire le bien.

La seconde, c'est que le nom de Nelson MANDELA possédait une force incroyable pour rassembler les gens.

Au départ, ce n'était pourtant qu'une idée très simple. Une pelote de laine. Un crochet. Quelques bénévoles. Et puis cette idée s'est mise à grandir. Toujours plus. Aujourd'hui, beaucoup parlent d'un mouvement.

Moi, j'aime dire que c'est un mouvement de bonté, un mouvement qui permet à chacun de faire quelque chose de concret pour quelqu'un d'autre. Et tout cela est né d'une simple couverture.

Des milliers de bénévoles

LPJ : Pourquoi des milliers de personnes continuent-elles, année après année, à acheter de la laine, à consacrer des dizaines d'heures à tricoter ou à crocheter... puis à offrir leur couverture à quelqu'un qu'elles ne connaissent même pas ?

CS : Cette question, mon mari se la posait lui aussi. Au début, toutes les couvertures arrivaient chez nous. Nous les empilions dans la salle à manger. Puis d'autres arrivaient. Encore et encore. Un soir, après le dîner, je lui ai proposé d'aller regarder la télévision.

Il m'a répondu : « Non... je préfère rester ici à regarder ces couvertures. J'essaie de comprendre pourquoi les gens font cela. Pourquoi quelqu'un prend-il sa voiture pour aller acheter de la laine ? Pourquoi passe-t-il des semaines, parfois des mois, à confectionner une couverture ? Et surtout... Pourquoi accepte-t-il ensuite de l'offrir à un parfait inconnu ? Et pourquoi te les envoient-ils ?»

Je pense qu'il existe plusieurs réponses.

La première, bien sûr, c'est Nelson MANDELA. Son nom inspire toujours les gens. Je ne suis que l’intermédiaire.

Mais il y a aussi autre chose. Nous avons toujours fait en sorte que les volontaires bénévoles voient où allait leur travail. Chaque fois que nous le pouvons, nous photographions la couverture avec son nouveau propriétaire : un enfant orphelin, une personne âgée, une famille. Ensuite, nous partageons ces images.

Les bénévoles voient alors concrètement ce que leur geste a changé. Et cela leur donne envie de recommencer. Et ils sont devenus de plus en plus nombreux, y compris dans d’autres pays du monde. Ainsi, de plus en plus de personnes ont bénéficié de leur solidarité.

 

Voir toujours plus grand

LPJ : En vous écoutant, j'ai l'impression que, depuis le début de cette aventure, vous avez toujours imaginé les choses en grand.

CS : Je pense que cette remarque est exacte. Depuis le premier jour, j'ai toujours pensé très grand. Mon mari pensait comme moi et disait souvent : « Go big or go home. »

Par exemple, j’ai imaginé que les couvertures recouvrent entièrement l’espace des « Union Buildings », les locaux de la Présidence à Pretoria, au pied de la statue monumentale de Nelson MANDELA. 21 000 couvertures ! Un véritable océan de laine. Je voulais aussi qu'un hélicoptère photographie la scène depuis le ciel.

Alors je me suis dit : Pourquoi ne pas essayer ?

Je trouvais simplement que c'était une idée fantastique. Je voulais battre un record du monde et figurer dans le Guiness Book des records, pour faire parler de ce mouvement. Beaucoup trouvaient cette idée complètement folle. Que cette idée était trop ambitieuse, et impossible à réaliser. Mais une phrase de Nelson MANDELA m'accompagne constamment :

« Cela paraît toujours impossible... jusqu'à ce que ce soit fait. »

J'ai toujours pensé qu'il fallait proposer aux gens quelque chose qui les dépasse. Si vous leur demandez de fabriquer une couverture, ils fabriqueront peut-être une couverture. Mais si vous leur dites que des milliers de couvertures vont recouvrir les Union Buildings ... Alors ils ont envie d'en faire partie. Ils sentent qu'ils participent à quelque chose d'historique. C'est cela qui crée l'élan.

Vu à la télévision

LPJ : À quel moment avez-vous compris que "67 Blankets" n'était plus seulement un projet, mais un véritable mouvement national ?

CS : Je crois que le véritable tournant est venu grâce à la télévision. Mfundi VUNDLA, le producteur de la série « Generations » m'a appelée. Des années auparavant, j'avais joué un petit rôle dans cette série.

Il m'a proposé d'intégrer 67 Blankets au scénario. Imaginez... Près de dix millions de téléspectateurs, chaque soir, dans toute l'Afrique. Du jour au lendemain, des millions de personnes ont découvert notre initiative. Dans la série, j'apparaissais sous mon propre nom. Les personnages annonçaient mon arrivée avec beaucoup d'excitation : « Madame STEYN arrive ! Préparez les couvertures ! » Tout cela était évidemment un peu exagéré... Mais c'était aussi très drôle.

Et surtout, cela permettait de parler de solidarité dans une émission populaire. Je me souviens avoir annoncé, devant les caméras, dans un épisode : « Nous allons recouvrir les Union Buildings de milliers de couvertures. Un hélicoptère filmera le résultat ! Madiba nous regardera de là-haut et il sera fier de ce que les Sud-Africains accomplissent ensemble. »

À cet instant, je n'étais plus simplement en train de présenter une association. J'essayais de transmettre une conviction. Dire que chacun pouvait participer et apporter sa petite maille à une immense couverture collective.

L'incroyable histoire de l'hélicoptère

CS : Quelques semaines avant l'événement, un représentant de la présidence est venu me voir pour m’indiquer que mon projet de faire survoler le siège les Union Buildings par un hélicoptère était irréalisable. La zone étant classée en exclusion aérienne. Je lui ai répondu que nous utiliserions un drone. Sa réponse a été identique : ni hélicoptère, ni drone.

Et pourtant, nous avons eu l’hélicoptère, le drone et les images vues du ciel.

Carolyn STEYN éclate de rire en se souvenant de la scène.

Quelques années plus tard, je participais à une réception dans un hôtel de Johannesburg. Un homme s'est approché de moi.

Il m'a tendu la main. « Bonjour Carolyn. Je m'appelle Mike BARNES ». Je lui ai rendu son sourire, sans vraiment savoir qui il était. Puis il a ajouté : « C'est moi qui pilotais l'hélicoptère au-dessus des Union Buildings ». J'ai éclaté de rire. Je lui ai immédiatement demandé : « Mais... vous aviez finalement obtenu l'autorisation ? » Il m'a regardée droit dans les yeux. Et il m'a simplement répondu : « Non. Certaines choses méritent simplement d'être faites ».

Je pense que cette phrase résume assez bien toute cette aventure. Parfois, lorsqu'une idée est juste, lorsqu'elle est portée par une intention sincère... Il faut simplement avoir le courage de la réaliser.

Les bénévoles : des histoires qui changent des vies

LPJ : Vous avez parlé de l'importance des bénévoles. Y a-t-il une personne en particulier, un(e) volontaire qui vous a laissé un souvenir très fort ?

CS : Il y en a vraiment beaucoup.

Mais il y a notamment une femme qui s'appelle Colleen. À elle seule, elle a fabriqué 67 couvertures. C'est énorme. Une seule personne ! Elle les a réalisées sur une longue période, sans même savoir précisément à qui elles seraient destinées.

À cette époque nous avons décidé d'organiser une soirée réunissant des femmes importantes du monde du théâtre et de la musique en Afrique du Sud. La règle était simple : pour être invitée, il fallait avoir réalisé soi-même une couverture et l'apporter.

C'était une soirée très élégante, magnifique. Il y avait toutes ces grandes femmes du théâtre et de la musique, des caméras de télévision, des photographes… C'était presque Hollywood. Mais Colleen n'était pas là. J'avais son numéro de téléphone. Je l'ai appelée. Elle m'a expliqué qu'elle ne pouvait pas venir.

Je lui ai répondu : « Mais vous devez être là ! C'est presque un événement présidentiel. Même Bill Clinton ne pourrait pas manquer cela ! »

Je lui ai rappelé qu'elle avait fabriqué seule 67 couvertures : « Vous avez fait tout ce travail. Vous êtes la star de cette soirée. Vous devez être là. » Et finalement, elle est venue.

Depuis, elle est devenue une véritable ambassadrice de 67 Blankets. Ce qui me touche chez elle, c'est le chemin qu'elle a parcouru. Elle avait beaucoup de difficultés à prendre sa place. Elle n’osait pas se montrer. Aujourd'hui, les gens la regardent et la respectent. Elle est brillante dans ce qu'elle fait. Elle est devenue une artiste. Elle a trouvé une forme de reconnaissance et, surtout, une valeur en elle-même.

 Il y a aussi une autre femme, Judith. Elle est, elle aussi, devenue ambassadrice de 67 Blankets. Elle était introvertie et avait du mal à trouver sa place dans la vie.  Puis elle a découvert le mouvement. Et peu à peu, quelque chose s'est produit. Elle a trouvé une communauté. Elle a rencontré des gens. Elle a participé. Elle est devenue quelqu'un de reconnu et de respecté au sein de cette communauté. Aujourd'hui encore, malgré une santé fragile, elle reste très impliquée.

Pour moi, c'est une autre dimension essentielle de 67 Blankets. Nous pensons aux personnes qui reçoivent les couvertures. Mais il faut aussi regarder ce que cette aventure apporte à ceux qui les fabriquent. Cela peut changer une vie des deux côtés.

« Les gens veulent faire une différence »

LPJ : Qu'est-ce qui motive réellement les bénévoles ? Vous m'avez parlé de MANDELA. Mais y a-t-il autre chose ?

CS : Oui. Beaucoup de gens veulent faire une différence, mais ne savent pas comment.

Pour MANDELA Day, vous pouvez décider de repeindre une salle de classe, même si vous n'aviez jamais peint auparavant. L'important, c'est de faire quelque chose. "67 Blankets" offre justement un moyen simple et relativement peu coûteux de faire une différence concrète. Vous pouvez créer quelque chose avec vos mains pour quelqu'un qui a besoin d'aide : créer de la chaleur pour quelqu’un.

Et puis il y a cette communauté extraordinaire. Les gens se retrouvent dans des cafés, dans des parcs, chez eux. Ils tricotent ou crochètent ensemble. Cela rassemble des personnes de toutes les races, de toutes les religions, de tous les milieux socio-économiques. Des femmes, des hommes, des enfants, qui tricotent ensemble, qui recréent une union. Cela crée des liens entre les gens, entre les communautés et, finalement, entre les nations. Aujourd'hui, nous sommes présents dans de nombreux pays : aux États-Unis, notamment à Los Angeles et Washington, en Australie, en Angleterre, au Guatemala, à Bruxelles…

Nos ambassadeurs sont présents dans différents endroits du monde… Sauf en France !

La France est notre défi !

C'est vraiment l’un de nos challenges. C'est étonnant parce que j'ai un lien particulier avec la France et avec la langue française. J'ai commencé à apprendre le français il y a environ douze ans, avec l’Alliance Française. Pendant la Covid, j'avais même suivi trois cours par semaine, à distance. J’ai travaillé dur. Puis la maladie de mon mari et celle de ma sœur ont changé les choses. J'ai arrêté mes cours parce que je n'étais plus intéressée par quoi que ce soit d'autre que leur santé.

Mais j'ai récemment recommencé en ligne avec mon professeur qui vit maintenant en Angleterre. Je dois absolument continuer à pratiquer mon français !

Un jour tout arrêter ?

LPJ : Vous venez de parler de votre mari et de votre sœur, avec émotion. Est-ce qu'à un moment vous vous êtes dit : « J'arrête tout. Je ne peux plus » ?

CS : Oui, certainement. La maladie de mon mari et celle de ma sœur ont été très difficiles pour moi. Pendant cette période, je ne voulais rien faire d'autre que m'occuper de leur santé.

Mais, de l'autre côté, il y avait tous les ambassadeurs de 67 Blankets. Ils voulaient continuer. Ils avaient énormément d'énergie pour cette cause, pour ce mouvement. Ils étaient toujours enthousiastes. Et cette énergie vous entraîne. C'est aussi cela qui fait la force de 67 Blankets.

Le mouvement ne dépend pas d'une seule personne. Il appartient à tous ceux qui y participent.

Quand l'organisation devient un défi national

CS : Pour nos grandes opérations, comme celle des Union Buildings, nous avons besoin de tout le pays. Il faut que les couvertures soient fabriquées partout en Afrique du Sud. Puis il faut les récupérer, les transporter, les rassembler, les étiqueter toutes une à une, les organiser et enfin les acheminer jusqu'au lieu de l'événement.

Cela représente une organisation considérable. À l'époque des Union Buildings et du record Guinness, une entreprise de transport, Stuttaford Van Lines, nous a énormément aidés. Ils ont transporté les couvertures à travers tout le pays : depuis Cape Town, Durban, Bloemfontein, White River et bien d'autres endroits. Ils les ont amenées jusqu'à notre quartier général, puis jusqu'à Pretoria. Ils ont fourni de très gros camions et ont participé à la mise en place des couvertures avec des centaines de personnes. Sans eux, cela aurait été extrêmement difficile.

Mais nous avons rencontré un autre problème. Et celui-là, je ne l'ai découvert que la veille du record Guinness ! Pour que le record soit homologué, toutes les couvertures devaient être cousues ensemble afin de former une seule et même couverture. Ce que m’a appris la juge, la veille de la date de l’homologation. Nous ne les avions pas cousues.

Je l'ignorais ! Alors j'ai lancé un appel à la radio :

« Nous avons besoin d'aide ! Venez aux Union Buildings ! Nous devons coudre toutes les couvertures ensemble ! »

Et les gens sont venus en grand nombre, par exemple des groupes de femmes de Diepsloot et de Soweto.  Ils ont travaillé toute la nuit. C'était incroyable. La juge du Guinness World Record est arrivée sur place le lendemain et a constaté que toutes les couvertures avaient bien été assemblées. C’était le 21 avril 2015. Nous avions réussi ! Nous avons obtenu le Guinness World Record.

Mais environ trois mois plus tard, l'Inde nous a battus. Notre couverture mesurait 3 377 mètres carrés. La leur en mesurait environ 11 000. Alors j'ai retroussé mes manches et j'ai dit : « Nous allons battre l'Inde ! »

On m'a répondu :« Mais l'Inde compte des milliards d'habitants ! »

J'ai répliqué : « Oui, mais ces milliards de personnes ne fabriquent pas des couvertures ! Nous pouvons le faire ! »

Nous en avons parlé à la radio, à la télévision. Et nous avons obtenu une importante donation de laine, d'environ 14 millions de rands. Alors nous avons recommencé.

Nous avons également commencé à travailler avec les prisons. Des prisonniers ont fabriqué des couvertures destinées à des personnes vivant à l'extérieur des prisons, notamment des personnes touchées par la criminalité, la violence et la pauvreté. Une partie de la donation a été consacrée aux prisons et une autre à nos ambassadeurs.

Nous sommes notamment allés à la prison de Drakenstein, là où Nelson MANDELA a été libéré après vingt-sept années de détention. Et nous avons créé la plus grande couverture du monde. Elle mesurait 17 188 mètres carrés, à partir de couvertures individuelles cousues ensemble… et que nous avons décousues le lendemain ! Nous avions donc repris le record ! C’était le 22 avril 2016.

Guinness Book Record

Et nous sommes toujours détenteurs du record du monde. C'est beaucoup de pression ! Mais je pense qu'il sera très difficile pour quelqu'un de nous battre. Ce n'est pas impossible… Mais ce sera très difficile.

LPJ : Vous avez  parlé des bénévoles. Mais finalement, qui sont les bénéficiaires ? Où vont réellement les couvertures ?

CS : Il existe un système de distribution aux bénéficiaires, un formulaire de demande pour les organisations. Elles nous contactent et nous expliquent leurs besoins. Nous essayons alors de répondre à cette demande. Cela peut être un orphelinat, une maison de retraite, un établissement pour personnes âgées, un township, un campement informel où les gens vivent dans des baraques ou encore une communauté rurale.

J'essaie de m'impliquer personnellement autant que possible. Parce que c'est la partie que j'aime vraiment. J'aime rencontrer les bénéficiaires. J'aime aller vers eux. J'aime m'engager avec eux. Vous pouvez voir beaucoup de ces rencontres sur notre page Facebook.

Pendant un certain temps, je ne pouvais plus le faire autant que je le voulais parce que je devais m'occuper de mon mari et de ma sœur. Mais maintenant, je suis beaucoup plus présente.

Et je veux aller vers les personnes qui traversent des moments difficiles. Je veux être avec elles. Je veux m'engager avec elles.

Photos : Courtoisie Carolyn STEYN

 

 

 

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Philippe PETIT - Brazzaville
Publié le 26 août 2026, mis à jour le 26 août 2026
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