KOUANG TCHEOU WAN - La colonie française oubliée du Sud de la Chine

Par Lepetitjournal Hong Kong | Publié le 26/07/2016 à 22:00 | Mis à jour le 09/02/2018 à 06:32

 

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« Qui n’a jamais entendu parler de Fort-Bayard ? Et qui saurait situer l’endroit sur une carte ? Une carte de Chine, et non de France… Oui, vous avez bien lu, une carte de Chine. Fort-Bayard était la capitale de feu Kouang Tchéou Wan, éphémère colonie française perdue à l’entrée de la presqu’île du Leizhou, au sud du Guangdong. C’est là que j'ai situé l’intrigue de mon récit De ma jungle, affecTUEUSEment »  nous dit l’écrivain François Boucher mais ajoute-t-il  « sachez que j’ai largement nourri mon histoire de L’Histoire – la vraie - de Kouang Tchéou Wan. Car en fouillant les archives de ce territoire oublié, j’ai eu plus d’une fois l’impression de me plonger dans Alexandre Dumas, pour l’aventure, ou dans les Carnets du major Thomson, pour l’humour et le cocasse (généralement involontaires) qui ont fréquemment marqué la vie locale sous l'ère française ».

La Marine française conquiert ce bout de Chine en 1898 à la suite d’un incident, et se le fait céder par la Chine, La Marine veut d’abord l’administrer, puis renonce : le port en eau profonde qu’elle lorgne est trop difficilement accessible. Paris rattache alors Kouang Tchéou Wan au Gouvernement général de l’Indochine. Paul Doumer, le futur président de la République, en est alors le grand patron. Il fait de sa nouvelle annexe coloniale un port franc, un peu sur le modèle de Hong Kong. Mais Kouang Tchéou Wan, territoire isolé, pauvre et volontiers rebelle que la Chine elle-même peinait à administrer, ne rencontrera jamais le succès de Hong Kong. Sauf pour… l’opium. En 1941, pendant la Seconde guerre mondiale, des troupes japonaises y séjournent. Rendue une première fois par Vichy au gouvernement pro-japonais de Nankin en 1943, la colonie est définitivement rendue à Chiang Kai-Shek en 1945.

Aujourd’hui rebaptisé Zhanjiang, l’endroit héberge encore quelques vestiges de l’ère française : une cathédrale, le bâtiment de l’administration du territoire, la résidence de l’administrateur général, l’ancienne succursale de la banque de l’Indochine, la chambre de commerce, le phare de l’île de Naozhou, etc.

François Boucher a été séduit par l’endroit, il en a fait le cadre de son roman, puis y est retourné, a fouillé dans les archives locales et françaises à la recherche de témoins et d’histoires. Sa recherche a été fructueuse et il en a fait un documentaire à la fois magnifique et touchant qu’il nous présente maintenant. On y découvrira des personnages attachants et une petite ville portant encore des traces de l’influence française.

Gérard Henry (www.lepetitjournal.com/hong-kong) reprise du 28 octobre 2015

François Boucher présentera son film sous-titré en anglais et dédicacera ses romans policiers après la projection.

"The Ghost Colony" de François Boucher
Présenté par l’Alliance française de Hong Kong
Dédicace organisée par la librairie Parenthèses

Mercredi 28 octobre 2015 à 19h00
Médiathèque de l’Alliance française de Hong Kong
1/F, 52, JORDAN ROAD, KOWLOON

Lire également: DE MA JUNGLE, AFFECTUEUSEMENT - Rencontre avec l'écrivain François Boucher

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Didier Pujol

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