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Georg Bauss- Je n’ai pas choisi ma musique, c’est elle qui m’a choisi!

Par Valérie Keyser | Publié le 01/04/2019 à 18:08 | Mis à jour le 04/04/2019 à 20:12
Photo : (© Valerie Keyser, lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim)
Georg Bauss Copyright Valerie Keyser LPJ 3 - Copie

Chanteur et musicien de blues et de country, Georg Bauss, Allemand francophile basé à Mannheim, est un artiste passionné qui se nourrit des expériences de vie et destins des monstres sacrés comme Eric Clapton ou encore Aretha Franklin chez qui il puise son inspiration. Entre Francfort, Mannheim, Fribourg et Paris, il aime faire voyager ses fans sur les routes interminables d’Amérique. Dans un français quasi parfait, Georg Bauss nous dévoile ce qu’il a en lui de « Tennessee » et présente ses prochains concerts.


Lepetitjournal.com/francfort : après des études de droit, vous avez décidé d’être chanteur et guitariste à temps complet. Qu'est-ce qui vous a poussé à devenir artiste ?

Georg Bauss : je crois que je suis né chanteur (Rires). Ma mère est une grande mélomane et selon elle la musique fait partie de l’éducation générale et du développement personnel. J’ai pris des cours de saxophone à l’âge de 6 ans et de piano à 10 ans. Le chant est venu tout seul, j’ai pris des leçons de chant il y a seulement 3 ans. Je rêvais d’être chanteur et musicien, cependant, je ne savais pas comment vivre de la musique, je ne m’autorisais pas à être musicien et en faire un vrai métier. Je suis alors parti à Paris en 2006 et j’ai fait une maîtrise en droit des affaires en France pour être un jour avocat comme mon père. Puis peu de temps après mon retour en Allemagne, j’ai commencé à me chercher, j’étais à Berlin à ce moment-là et suis entré dans une longue phase d’orientation et de cheminement personnel. En 2013, j’ai complètement changé de vie. Avec ma compagne de l’époque, une Française d’origine sénégalaise, nous sommes partis nous installer au Sénégal. J’ai donné des cours de guitare et développé mon répertoire musical au cours de notre séjour à Dakar qui a duré jusqu’en 2016. Ça marchait plutôt bien et je me produisais une fois par semaine dans une petite salle pour des concerts appelée « L’Endroit ». Cette expérience m’a aussi permis de gagner en confiance en moi et de constater qu’on pouvait vivre de sa passion même en tant qu’autodidacte. A mon retour en Allemagne, j’ai eu de nombreux échos positifs de mes amis musiciens qui pour la plupart ont suivi des études de musique, en France également où je joue de temps en temps. Ca m’a drôlement encouragé pour continuer dans cette voie !


Vous chantez en anglais et votre répertoire blues s’inspire d’Eric Clapton. Pourquoi avoir choisi ce style musical ?

C’est une question de goût, j’ai toujours aimé Eric Clapton. J’écoutais d’ailleurs sa musique avant ma naissance dans le ventre de ma mère, c’était dans les années 80’. Mes parents passaient en boucle l’album « Just one night » enregistré au Japon qui comprend quelques morceaux de blues. Cela a probablement influencé mon oreille et mes choix musicaux. Eric Clapton est un artiste de blues mais il a aussi fait de la country, il a d’ailleurs un savoir encyclopédique des musiques américaines. De mon côté je me définis d’ailleurs davantage comme un artiste country plutôt que blues. Comme je vous le disais, j’ai été influencé dès les premières années de ma vie, bercé au son du blues et de la country, je n’ai pas choisi ma musique, c’est elle qui m’a choisi (Rires).


Où puisez-vous votre inspiration aujourd’hui ?

Je n’aime pas la musique moderne que l’on fabrique à partir d’un ordinateur, en revanche la musique traditionnelle que j’appelle « Handmade », c'est-à-dire avec les instruments traditionnels me touche beaucoup. Le pedal steel, tous les instruments acoustiques, les cuivres aussi, c’est quelque chose de très fort. Ce sont les musiques traditionnelles du 20e siècle qui me font vibrer le plus. Quand à l’inspiration, je suis fasciné par les histoires personnelles de mes héros, les grands chanteurs de country, les guitaristes de blues, les voix de la soul et du blues comme celle d’Aretha Franklin décédée l’an dernier. Je lis beaucoup sur les artistes dont j’aime la musique, leurs histoires personnelles m’inspirent et me permettent de créer mon univers.


Vous êtes également francophone et francophile, d’où vous vient cette passion pour la langue française ?

J’ai la chance d’avoir des parents qui ont eu de l’ambition pour moi. Ils ont fait le choix de m’inscrire au Lycée franco-allemand de Fribourg où j’ai appris le français. A l’âge de 13 ans, j’ai

georg Bauss
(© Valerie Keyser, lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim)

fait mon premier échange scolaire à Paris et à 16 ans j’ai passé un trimestre à l’Internat catholique pour garçons de Rueil-Malmaison. Mon séjour à Paris n’a duré qu’une semaine mais il m’a tout de suite donné le goût pour la capitale et la culture hexagonales. A Rueil, c’était un temps intense d’apprentissage du français mais aussi des moments merveilleux pendant lesquels j’ai rencontré des gens formidables. Après mon Bac, je suis parti à la découverte des régions de France. Je pense même que j’ai vu beaucoup plus de villes et départements qu’un bon nombre de Français (Rires). Par ailleurs, je fais partie d’un réseau de musiciens depuis longtemps et j’ai toujours eu la chance d’être accueilli chez l’habitant en France avec beaucoup de générosité.


Chantez-vous aussi en français ?

Oui je chante aussi en français mais ce n’est pas l’essentiel de mon répertoire. J’adore notamment interpréter « Je fais semblant » de Patrick Bruel qui raconte son enfance et sa rencontre avec l’écrivaine et scénariste Amanda Sthers. Cette chanson passait beaucoup à la radio en 2006. Je trouve aussi la chanson « Je serai là » de l’artiste française Teri Moïse - décédée bien trop tôt - intéressante. C’est la chanson d’une maman pour son enfant, elle est tendre, pleine d’amour et triste en même temps. Aussi, on entend souvent le mot « Tennessee » dans la musique country. Johnny Hallyday, décédé en décembre 2017, avait interprété la chanson « Quelque chose en moi de Tennessee » sortie en 1985. Je sens aujourd’hui que c’est mon devoir d’intégrer cette chanson à mon répertoire.


Vous naviguez entre l’Allemagne et la France où vous vous produisez sur scène. Vous avez aussi joué au Sénégal. Etes-vous accueilli partout de la même façon par votre public ?

A Dakar, j’avais de très bons échos de ma musique. Les Sénégalais sont des gens joyeux et le montrent pendant les concerts, ça fait plaisir. Mais ils aiment leur musique avant tout. En revanche j’ai pu constater des différences énormes entre le public français et le public allemand. Sans vouloir généraliser, les Allemands sont plutôt réservés et statiques pendant que je joue. Cela ne signifie pas qu’ils n’aiment pas ce que je fais, au contraire il semble y avoir un écho très positif, mais ils l’expriment différemment et viennent en général me voir après le concert pour me complimenter. Les Français eux, sont plus ouverts voire extravertis, chantent avec moi, dansent, frappent du pied et dans leurs mains, c’est terriblement encourageant !


Vous êtes par ailleurs très engagé à Mannheim auprès d’organisations d’aide aux réfugiés. Quel regard portez-vous sur la situation des réfugiés en Allemagne en général et les décisions récentes du gouvernement allemand de favoriser l’aide au retour ?

Plus de 2000 migrants ont perdu la vie en Méditerranée en 2018, c’est énorme et inadmissible. La situation qu’on laisse perdurer notamment en Lybie qui a atteint un niveau d’insécurité inégalé m’attriste et me révolte même. Comment peut-on renvoyer des migrants dans des pays où ils risquent de mourir dans des conditions inhumaines ? Mais que faire ? Aujourd’hui, je fais un peu la politique de l’autruche et lorsque je vois sur les réseaux sociaux des posts sur les migrants, je ne les lis plus vraiment car ils me font me sentir terriblement impuissant. Je préfère m’engager à mon petit niveau même si c’est peu de chose, j’interviens comme traducteur français-allemand au sein d’une organisation d’aide aux réfugiés à Mannheim (Unabhängige Verfahrens- und Sozialberatung für Fluchtlige Menschen), je les accompagne chez le médecin ou les aide à faire des démarches administratives. Ce sont aussi des moments d’échange et de partage riches sur le plan humain, cependant je ne peux pas trop parler de ce que j’entends, j’ai une obligation de réserve contractuelle avec l’organisation d'aide. Certains sont peut-être des réfugiés économiques mais je me garde de généraliser, chaque personne a vécu des choses parfois terribles et qu’on ne connait pas vraiment. Je ne suis pas non plus d’avis qu’il faille tous les accueillir et ouvrir toutes les frontières est probablement une utopie. Mais mon expérience au Sénégal m’a montré que s’intégrer dans une société qui a une culture différente de la sienne, c’est vachement difficile ! Pour beaucoup de migrants, c’est le parcours du combattant de pouvoir trouver leur place ici. C’est dommage mais c’est une réalité.


Quels sont vos projets personnels et artistiques ?

Je me demande si je ne vais pas avoir l’envie irrésistible de m’installer en France dans quelques années (Rires). J’ai des amis extraordinaires aussi en Allemagne mais pour moi la France c’est l’élégance, un art de vivre raffiné y compris les arts de la table, la convivialité lors de l’apéro, la jovialité pendant un concert... mais c’est peut-être encore un rêve. Dans un futur proche, je voudrais développer l’écriture de chansons, fonder un groupe de musique en Allemagne avec un ami qui joue de la batterie et d’autres guitaristes, continuer à organiser des concerts à Fribourg, Mannheim et Paris mais surtout donner plus de concerts à Francfort « Home of the Blues ».

Ce vendredi 5 avril, je joue à Mannheim pour fêter mon retour du Sénégal il y a trois ans et rendre hommage au célèbre chanteur, guitariste et compositeur de musique country californien, Merle Haggard, décédé à l’âge de 79 ans le 6 avril 2016, exactement le jour où je suis rentré du Sénégal. Sa chanson « Ramblin’ fever » donne une envie irrésistible de voyager, elle ne cesse de m’accompagner, c’est un peu ma vie.

J’organise aussi un concert à Francfort la semaine qui suit, le 11 avril au Sub Rosa Bar.

Dans tous les cas, j’aime l’ambiance des cafés ou petites salles de concert qui permettent une réelle proximité avec le public ou bien jouer lors de mariages ou bien d’anniversaires directement chez les gens que j’emmène avec moi dans le voyage que je vis avec la musique américaine.

« Georg Bauss - Handmade American Music – Wohnzimmerkonzert » à 20 h, Blues, R'nB et country

Vendredi 5 avril, entrée à 19 h 30

Sora's Raum (Locaux de l’école de danse), Quadrate H7, 68159 Mannheim.

Réservation souhaitée à l’avance par mail à Musik[at]bauss.eu
On ne vient pas à l’improviste et on s’engage à venir.

N’oubliez pas le chapeau !
Références : https://www.eventpeppers.com/de/georg-bauss

 

Jeudi 11 avril à 20 h
 

au Sub-Rosa Bar, Gaußstraße 4, 60316 Frankfurt am Main ttps://www.facebook.com/SUBROSABAR/

 

Georg Bauss en écoute ici :

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Valérie Keyser

Directrice de l'édition et rédactrice en chef depuis 2013, elle en définit la ligne éditoriale et les sujets et peut vous aider à développer votre notoriété en présentant votre activité ou entreprise au travers de publi-reportages et de portraits.
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