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Un Erasmus militaire, à la Führungsakademie de Hambourg

Par Lepetitjournal Hambourg | Publié le 13/03/2013 à 00:59 | Mis à jour le 13/03/2013 à 14:05

La France et Hambourg s'échangent des officiers stagiaires depuis plus de 50 ans, dans le but de les former aux hautes fonctions de l'État-Major. Ce type d'Erasmus militaire illustre le dynamisme des coopérations académiques franco-allemandes dans le domaine de la défense.

Aux origines d'une coopération académique et militaire

1961 - En ces temps de renouveau de la coopération militaire précédant la signature du Traité de l'Élysée et son important volet de défense européenne, les Armées de Terre française et allemande décident d'échanger des officiers de liaison, chargés de la coopération entre deux établissements d'enseignement militaire supérieur : la Führungsakademie de Hambourg et l'école de Guerre de Paris. « Le but est de développer et d'entretenir les liens académiques entre la France et l'Allemagne à l'échelle de la défense », comme l'explique le Colonel Schmidt, actuel officier de liaison à l'académie militaire de Hambourg.

La Führungsakademie de Hambourg 

Brassage des cultures stratégiques

Le programme s'adresse à des officiers souhaitant travailler pour l'État-Major. Actuellement, on compte 8 stagiaires français partis étudier à Hambourg : 4 dans l'Armée de Terre, 2 dans l'Armée de l'Air et 2 dans la Marine. Ils effectuent dans le cadre du programme d'échange une formation sur deux ans. En retour, 6 à 8 Allemands, selon les cas, étudient à l'école de Guerre de Paris. Avec ses 8 stagiaires, la France est, d'après le Colonel Schmidt, « le pays le plus représenté au sein de l'académie militaire de Hambourg, qui accueille par ailleurs des étudiants venus de tous les pays de l'OTAN ». Dans le cours suivi par les stagiaires français, la proportion d'étudiants étrangers parmi les étudiants allemands est de 30 %. De quoi brasser toutes les cultures stratégiques et susciter quelques vocations en Allemagne.

4 des 8 officiers stagiaires actuellement en échange à Hambourg. De gauche à droite : le chef de bataillon Talleu, le commandant Pacqueteau, le lieutenant de vaisseau Leonelli et le chef d'escadrons Le Jariel.

Opportunités de carrière dans le franco-allemand ?

Qu'on se rassure pourtant. Selon le Colonel Schmidt, « l'officier stagiaire est avant tout un officier français, mais en bonne logique, beaucoup intègrent des États-majors franco-allemands ». Certains aspireront au poste d'officier de liaison ? et pourquoi pas, à celui du Colonel ici, à Hambourg ! D'autres pourront occuper le poste d'un officier allemand, sous commandement de la Bundeswehr. Pierre Pacqueteau, Edouard Le Jariel, Stéphane Talleu, et Matthieu Leonelli sont 4 des 8 stagiaires actuellement en formation à la Führungsakademie ; ils ont pratiquement tous eu un premier contact avec le voisin germain, avant d'entreprendre leurs années d'échanges et de formation à Hambourg. Soit qu'ils aient été affectés à une unité stationnée en Allemagne comme le chef de bataillon Talleu, soit qu'ils aient effectué 6 ans de service dans la Brigade franco-allemande, comme le chef d'escadrons Le Jariel. À l'avenir, ce dernier n'exclut pas l'éventualité d'une carrière dans la brigade binationale. Quant aux autres, ils expriment dans une large mesure le souhait de développer une spécialité à l'internationale. À l'OTAN, par exemple.

Les bienfaits d'une expatriation

Ce qui n'a rien d'étonnant car l'Erasmus militaire prodigue les même bienfaits que l'Erasmus civil : il favorise la découverte d'une autre culture et un peu moins d'ethnocentrisme. Selon le commandant Pacqueteau, l'expérience à Hambourg permet « de prendre du recul et de mettre en relief le système français de défense et de stratégie ». Pour le lieutenant de vaisseau Leonelli, le contexte international au sein de l'académie permet en plus de développer sa capacité à communiquer efficacement. Ce qui n'est pas luxe quand on veut intégrer l'État-Major de l'OTAN : « en prenant en compte l'accent, il faut faire avec trois idées percutantes, pas plus. Cela nous apprend à nous positionner en milieu international ».

 

Une relation banalisée, mais pas si banale !

Déjà faut-il se positionner en tant que français par rapport au voisin allemand ! Les officiers stagiaires n'ont pas eu de mal à percevoir dans leurs enseignements, les différences stratégiques qui distinguent la France européaniste de l'Allemagne atlantiste. Mais, si à l'échelle macroscopique des politiques étrangères, l'équation franco-allemande reste incomplète et critiquée, le microcosme militaire binational en revanche se porte bien : « On a beau encenser la Grande-Bretagne, le partenaire privilégié de la France au quotidien, c'est l'Allemagne. Simplement, cette relation s'est banalisée. » tient à mentionner le Colonel Schmidt. Une chose est certaine : en matière de défense, il n'est en rien "banal" de s'échanger des hommes, pour les former à d'autres méthodes et à d'autres stratégies. Encore moins, si ceux-ci ambitionnent d'intégrer l'État-Major de l'OTAN. Rassurant.

Delphine Schiltz (www.lepetitjournal.com) Mercredi 13 mars 2013

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