Catherine Urban-Iniesta, conseillère à l'Assemblée des Français de l'Etranger pour l'Allemagne du Nord, est décédée samedi. Impliquée depuis longtemps dans la vie politique des Français à l'étranger, elle laisse le souvenir d'une femme courageuse et engagée
Catherine Urban-Iniesta, une figure de la France en Allemagne (Photo. famille Urban)
Catherine Urban-Iniesta s'est éteinte samedi, dans la matinée, des suites d'un cancer généralisé qui la rongeait depuis longtemps, à l'âge de 60 ans. Expatriée de longue date près de Francfort, cette fille d'immigrés espagnols a activement participé à la vie politique locale allemande et française. Femme de terrain, elle préférait l'action aux longs discours.
Expatriée depuis plus de 30 ans
Depuis son arrivée en Allemagne au début des années 1970, elle avait pris part à de très nombreux projets franco-allemands. Jumelages et manifestations culturelles d'abord, puis un engagement politique croissant, à la fois dans les institutions françaises et allemandes. Elue C.D.U à la Mairie de la ville de Neu-Isenburg où elle vivait, elle avait ensuite été élue vice présidente du Parlement de la ville, forçant l'admiration des journalistes allemands, de la Neue Presse par exemple, qui louait "la compétence, l'engagement et le charme"avec lesquels elle remplissait sa fonction. "Une femme au fort tempérament", titrait le Frankfurter Rundschau dans portrait élogieux qu'il avait consacré à la disparue.
Son engagement pour les droits de l'enfant bi-national
Le Petit Journal l'avait rencontrée fin novembre 2007, quelques jours avant les élections de l'Assemblée des Français à l'Etranger (AFE) pour la circonscription Berlin, Hambourg, Düsseldorf et Francfort. Avec les 27 % de voix recueillies par son parti France Allemagne Europe, elle avait été réélue conseillère à l'AFE pour la sixième fois depuis 1989.
Cette amoureuse de l'Allemagne, mariée à un Allemand et mère de deux enfants binationaux, était devenue particulièrement active depuis 1992 dans les droits de l'enfant bi-national. Lettre aux Nations-Unies, participation au Missing Child International Forum International, présidé par Mesdames Hillary Rodman Clinton, Cherie Blair et Lady Meyer, campagne d'information et lobbying parlementaire en France et en Allemagne pour le retour des enfants dans l'affaire Lancelin-Tieman, elle avait même fondé par la suite le Conseil Européen des Enfants du Divorce, chargé des problèmes de rapts internationaux.
Un dernier hommage lui sera rendu vendredi 11 avril à 14h lors d'une messe d'adieu célébrée en l'église Saint Joseph de Neu-Isenburg, avant la cérémonie privée organisée par sa famille.
Cécile DEBARGE. (http://www.lepetitjournal.com/berlin.html) mardi 8 avril 2008
Célébration des obsèques :
Vendredi 11 avril 2008 à 14h. Sankt Josef Kirche, Kirchstrasse 6, 63263 Neu Isenburg.
Ni fleurs ni couronnes.
Voir aussi
- Son site Internet qui retrace son engagement politique
- L'entretien accordé à Le Petit Journal en novembre dernier
Réactions :
Jean-Marie Langlet, conseiller à l'AFE, Union pour une Europe démocrate, sociale et écologique
"Nous n'étions pas du même bord politique mais je l'appréciais beaucoup en tant que personne. On se connaissait bien, on se téléphonait souvent. Jusqu'au bout elle est restée passionnée dans son engagement politique. C'était une fille de communistes espagnols émigrés en France. Elle venait d'un milieu simple, elle en avait gardé les valeurs alors qu'elle évoluait dans un milieu qui n'était pas le sien. Elle savait s'adapter à tous les milieux. Jusqu'au bout elle s'est battue contre sa maladie, il fallait vraiment savoir qu'elle était malade. C'était une femme d'un grand courage."
Claude Chapat, conseiller à l'AFE, Association démocratique des Français de l'Etranger
"Sa mort m'a beaucoup attristé, on se connaissait depuis longtemps. Elle avait beaucoup de courage, beaucoup de c?ur pour les autres. Elle avait de grande qualités, et ses défauts bien entendu, comme tout le monde. Elle avait tendance à nous rentrer dedans, c'est son sang espagnol qui ressortait. Elle a eu beaucoup de courage de se représenter, elle a démontré sa force, son caractère. Elle s'était engagée pour les causes difficiles d'enlèvements d'enfants entre la France et l'Allemagne. Elle avait son franc-parler, c'était quelqu'un de très libre. Elle n'avait pas peur de bousculer l'establishment. Elle était de droite, mais ni dogmatique, ni sectaire. Elle m'appelait "le socialo"et moi "la p'tite bourge"mais c'était plus affectueux qu'autre chose."
"Français du Monde-ADFE"de Berlin-Brandebourg a appris avec peine le décès de Madame Urban, conseillère AFE. Nous la connaissions peu mais savons qu'elle s'était beaucoup engagée pour les Français de sa circonscription, notamment pour les questions de droit de la famille. Nous présentons à ses proches nos sincères condoléances."
"L'Union des Français de l'Etranger de Berlin tient à exprimer sa tristesse et a une pensée particulière pour sa famille."
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