

Celui à qui Die Linke doit son succès quitte la tête du parti. Oskar Lafontaine est atteint d'un cancer de la prostate (photo. Linke_presse)
Oskar Lafontaine s'en va. La nouvelle est tombée samedi au cours d'une conférence de presse. Le "Napoléon de la Sarre", comme le surnomme la presse en raison de sa petite taille, a annoncé que le cancer était "une réalité qu'il ne pouvait ignorer". Oskar Lafontaine a précisé qu'il resterait à la tête du parti jusqu'au congrès de mai et qu'il s'engagerait dans la mesure du possible dans la campagne électorale de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
"Il n'est pas remplaçable"
Gregor Gysi, président du groupe parlementaire die Linke au Bundestag, n'a pas caché que le départ de Lafontaine laisserait un grand vide au sein du parti. "Il n'est pas remplaçable", a-t-il déclaré samedi, rappelant combien le succès du parti die Linke, notamment à l'Ouest, lui devait. Brillant orateur, véritable machine électorale, Oskar Lafontaine avait accumulé les records aux urnes au niveau régional entre 2007 et 2009 jusqu'au législatives de septembre 2009 où il a permis à son parti de recueillir 11,9% des voix. Ce succès a profondément bouleversé l'échiquier politique allemand qui est passé d'un système de 4 à 5 partis.
Si Lafontaine assure partir uniquement pour raisons de santé, et non à cause de désaccords actuels au sein du parti, il laisse die Linke dans un profond désarroi. D'un côté, le parti doit faire face à un vide de dirigeants. Lothar Bisky, l'autre co-président du parti, a en effet déclaré qu'il quitterait son poste en mai. De l'autre, les luttes intestines empoisonnent le travail politique du parti, entre les pragmatiques de l'Est, prêts à des alliances électorales, et l'aile radicale, venue de l'Ouest.
Vers une possible coalition rot-rot?
Une division que le départ de Lafontaine pourrait justement accentuer. Transfuge du SPD, qu'il avait quitté avec fracas en 1999, Lafontaine était pour les sociaux démocrates persona non grata et une barrière de taille à tout rapprochement entre les deux partis. A la veille de la campagne électorale dans le Land le plus peuplé d'Allemagne, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Die Linke doit se remettre en ordre de bataille et décider de sa stratégie vis-à-vis d'une possible alliance "rot-rot"(SPD-Linke) au niveau régional. Un défi de taille, dont l'issue sera déterminante pour la pérennisation du jeune parti d'extrême gauche.
Pierre Johannes (www.lepetitjournal.com/berlin.html) lundi 25 janvier 2010












