

Photo : Studiocanal
Quelle était votre idée de départ pour ce film ?
Danièle Thompson : La toute première idée était l'envie que j'avais de parler de la différence, chez nous tous, entre ce que nous sommes dans la vraie vie, souvent pleine d'emmerdes et de soucis, et ce que l'on montre à ses amis le soir, où tout à coup tout est beau, le couple va bien, les enfants sont merveilleux, le travail est formidable.
Christopher Thompson : On est tout le temps en train de composer avec sa propre humeur et l'intégrité de son sentiment donc le point de départ, c'était de faire semblant. Dans cette dictature de l'apparence, le seul témoin, c'est le conjoint : il est le seul à tout savoir. Mais on a construit ce film de manière à ce que le spectateur, lui aussi, soit témoin.
Vous présentez des couples qui se trompent, qui rompent, qui font face à des évènements tragiques? Est-ce une vision pessimiste du couple ?
C.T : Non, ce n'est pas pessimiste, au contraire : c'est réaliste. Il n'y a rien de pessimiste à dire que quand on est ensemble depuis 15 ans, on se remet en question. D'ailleurs je crois que le secret de la durée d'un couple c'est de se remettre en question souvent, de se confronter aux autres, de savoir où en est l'autre dans le couple, constamment. Ça n'est pas un long fleuve tranquille et c'est justement ça qui nous intéressait de traiter.
D.T : Je ne pense pas qu'on peut faire un film réaliste sur un couple en racontant que tout va bien. J'ai lu l'autre jour une interview de Woody Allen : il disait que les Américains font des films pour que les gens oublient la vraie vie et que ce qu'il aimait dans les films européens, c'est qu'ils racontent la vie, telle qu'elle est, pas pour que les gens oublient mais pour qu'ils s'identifient. Notre film ne vous fait sans doute pas oublier vos problèmes car nos personnages traversent une période de crise : la quarantaine, c'est un moment charnière dans la vie sentimentale des couples. Les problèmes, ils existent toujours, ou ils existeront, quoi qu'il arrive. Et si on ne s'y attend pas, on est foutu.
Vous être tous deux "la fille de"et "le fils de". Est-ce que ça a été plutôt un avantage ou un inconvénient dans vos vies respectives ?
C.T : je crois que ça dépend de ce que l'on veut faire dans la vie. Personnellement, comme je voulais travailler dans le cinéma, grandir avec ma mère et mon grand-père dans ce milieu m'a donné le goût de certaines choses, ça m'a enrichit dans ma manière d'aborder le cinéma. L'inconvénient, c'est que je me pose sans cesse la question "vais-je me faire la même place ?".
D.T : A mon avis, si on l'aborde comme un problème, ça devient un problème. Les avantages, c'est qu'on a très tôt les clés. Les inconvénients, c'est qu'on a encore plus de portes à ouvrir car il y en a encore plus de fermées. Alors si vous voulez savoir s'il est plus facile pour un fils / une fille de personne connue de réussir, je vous réponds : non.
Propos recueillis par Fanny Bouteiller (www.lepetitjournal.com/berlin.html) vendredi 17 juillet 2009
Où voir le film à Berlin ?
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Passage
Kulturebrauerei
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