

L'existence des feux de Pâques est attestée depuis plusieurs siècles, sans que le lien avec des pratiques païennes ne soit clairement établi. La proximité de l'équinoxe de Printemps sert de repère pour brûler l'hiver
Une poupée en paille ou en vieux vêtements symbolise Monsieur Hiver au sommet des buchers érigés en Allemagne et en Autriche. Dans certaines régions des Alpes, un épais nuage gris recouvre les vallées le dimanche matin de Pâques. Sans oublier que la présence de petits animaux dans les buchers provoquent la mobilisation des écologistes.
Une tradition qui prend des formes multiples
Dans certains villages, les fermiers rivalisent le samedi soir de Pâques pour faire le plus grand feu. Une tradition plus originale encore se déroule à Lüdge, dans le nord de la Rhénanie-Westphalie, à 3 heures de route de Hambourg, au-delà de Hanovre. Le bûcher est une roue en chêne de 300 kilos sur laquelle sont fixés 120 kg de paille de seigle. Une fois embrasée, la roue dévale la pente des champs en direction de la ville. Cette tradition est attestée depuis l'an 784.
Dans la région de Hambourg, aucune pente ne permet d'accueillir ces roues de feu. C'est donc sur les plages de l'Elbe, de la mer du Nord et ou de la Baltique que se trouvent les feux les plus spectaculaires. Les stations de St-Peter Ordring ou de Rügen brûlent la "Strohpuppe?, poupée de paille représentant l'hiver. Dans l'agglomération de Hambourg, de nombreux feux sont organisés mais c'est vers Blankenesee qu'il faut se tourner pour voir ?Monsieur Hiver? partir en fumée depuis la plage.
Une tradition qui résiste autant que possible aux contraintes de sécurité

Parmi les grands feux de Hambourg, ceux du parc sauvage de Niendorf (« Niendorfer Gehege ») ou de la plage d'Ovelgönne n'ont plus lieu pour des raisons de sécurité. Ce qui n'empêche parfois pas quelques feux de camps tard dans la nuit. Il n'est pas rare de voir des jeunes débarqués des bateaux-bus équipés du kit du fêtard : pack de bière et sac de buchette. Une toute autre ambiance règne plus en aval de l'Elbe.
Après avoir été assemblés dans l'après-midi par des bénévoles, les trois bûchers d'embrassent les uns après les autres de 19h à 22h le soir sous les huées des spectateurs jetant des flambeaux. Les sapins amenés par les riverains après l'Epiphanie ou venant des stocks invendus des pépiniéristes remplissent en brulant le ciel d'une épaisse fumée grise. Peu de temps après, des gants et écharpes sont jetés dans le feu pour symboliser que l'hiver est bel et bien fini.
Rendez-vous le samedi 30 mars 2013 pour brûler à nouveau l'hiver 2012-2013 sur les bords de l'Elbe. A moins que, trop impatient, vous ne vous tourniez le soir du 21 février vers les « Biikebrennes » qui illuminent les villages côtiers de Frise du Nord, entre Tönning et la ville danoise de Ejsberg en passant par la très balnéaire Sylt?
Xavier HORION (www.lepetitjournal.com/hambourg.html) mardi 10 avril 2012












