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PORTRAIT DE FRANCOPHONE – Gerhard O. Stief, directeur du musée Explora vous invite dans son Bunker

Par Lepetitjournal Francfort | Publié le 23/10/2016 à 22:00 | Mis à jour le 25/10/2016 à 08:32

L'annonce est tombée comme un couperet courant octobre 2016. Le musée Explora de Francfort ferme ses portes le 4 décembre prochain à Francfort pour n'organiser à partir de cette date que des expositions itinérantes à l'étranger. Rencontre avec son fondateur et directeur, le francophone et francophile Gerhard O. Stief, qui invite à venir profiter, munis de lunettes anaglyphes 3D, des dernières visites dans son Bunker.

Fondé en 1995 dans l'enceinte du Glauburgbunker, dans le quartier Nordend de Francfort, le musée Explora abrite une riche collection d'?uvres mêlant sciences, techniques et arts visuels et organise des visites guidées pour tout savoir sur l'énergie mécanique du vent, la stéréoscopie ou encore le phénomène d'anamorphose. Lepetitjournal.com/francfort a donné la parole à Gerhard O. Stief, créateur et directeur de ce musée hors du commun depuis 21 ans : l'Allemand francophone et francophile Gerhard Otto Stief. 

Lepetitjournal.com/francfort : vous semblez être profondément attaché à la France. Vous y avez passé beaucoup de temps, n'est-ce pas ? 

Gerhard O. Stief : oui, c'est exact. En 1962, je me suis rendu dans l'Aveyron, à La Couvertoirade. J'y avais repéré une forteresse en ruines que j'ai décidé d'acheter, de rénover et d'aménager en galerie d'art. Les travaux de modernisation que j'ai entrepris n'ont pas toujours plu aux Français qui vivaient dans la commune. De plus, certains n'avaient encore jamais vu d'Allemand depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ! Certains se demandaient ce que je venais faire chez eux, et j'ai même rencontré d'anciens soldats faits prisonniers en Allemagne. Mais j'ai possédé cette propriété pendant une quarantaine d'années, m'y rendant presque chaque année pendant trois mois. Au fil du temps, je me suis fait de nombreux amis et certains viennent me rendre visite ici à Francfort. Des habitants de la commune m'appelaient même "le Roi de La Couvertoirade". J'ai beaucoup investi dans ce projet et je suis ravi de voir qu'aujourd'hui la région s'est développée et qu'elle voit naître d'autres projets innovants.

Quelle est aujourd'hui votre relation avec la France ? Vous parlez d'ailleurs très bien notre langue. Gardez-vous de bons souvenirs de cette époque ?

C'est une relation affectueuse bien sûr, en commençant par la langue que je n'ai pas étudiée à l'école mais que j'ai pu apprendre lors de mes séjours là-bas, même si mon français n'est peut-être pas aussi bon à l'écrit qu'à l'oral. Les Français que j'ai rencontrés et avec qui j'ai fraternisé étaient des gens simples et ouverts. Je garde de très bons souvenirs de cette époque en France, à tel point que j'y retourne encore régulièrement aujourd'hui, que mes deux enfants ont appris le français et que chacun possède même un deuxième prénom français ! Nous voyageons beaucoup en famille et j'attends avec impatience de découvrir le Canal du Midi. C'est une destination dont je rêve depuis bien longtemps?

Et à Francfort, qu'est-ce qui vous a amené à ouvrir le musée Explora ?

J'ai grandi à Suhl, en Allemagne de l'Est, et j'ai rapidement dû traverser la frontière pour quitter la RDA et pouvoir me lancer dans des études d'ingénieur. J'ai voyagé à Zurich, à Londres et à Francfort, mais j'ai finalement décidé d'étudier le graphisme à Berlin-Ouest. Ce qui me passionnait, c'était tout ce qui avait un lien avec la 3D, alors dès que j'en avais l'occasion j'achetais des ?uvres d'art de ce type. J'ai travaillé comme graphiste pendant une vingtaine d'années, puis c'est en 1987 que j'ai décidé d'arrêter mon travail et de consacrer ma vie à la collection que j'avais pu constituer au fil des années. J'ai alors ouvert mon premier musée privé à Dinkelsbühl, le musée 3ème Dimension. Quelques années plus tard, il m'a fallu un second musée alors j'ai choisi le Glauburgbunker, au nord de Francfort, où j'ai emménagé en 1995. C'est là que j'ai ouvert le musée Explora, le seul musée privé de Francfort. 

Comment le musée s'est-il développé les deux dernières décennies ?

Lorsque j'ai acheté le bunker pour y ouvrir le musée Explora, tout était à faire. Nous avons dû entreprendre de gigantesques travaux d'aménagement pour que je puisse y exposer ma collection. Le chantier a duré des années et a coûté des millions d'euros, mais les différentes parties du bâtiment sont progressivement devenues accessibles au public et le bâtiment offre aujourd'hui 2.000m² de surface utilisable. Le musée Explora s'est développé en parallèle de mon autre musée à Dinkelsbühl. Ceux-ci sont de tailles différentes et ils ne présentent pas les mêmes contenus : à Francfort, où j'avais moins de place, j'ai décidé de présenter beaucoup d'?uvres en lien avec les illusions d'optique, tandis qu'à Dinkelsbühl, l'accent est mis sur les hologrammes. Je dispose d'ailleurs de l'une des plus grandes collections d'hologrammes au monde ! Mais le musée 3ème Dimension est aujourd'hui indépendant, il est dirigé par quelqu'un d'autre et cela m'a permis de me concentrer sur mon musée à Francfort. 

La statue en bronze de Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine est à vendre

Qui sont les visiteurs qui viennent voir votre collection ?

Pour ce qui est des visiteurs, il n'y a pas vraiment de tranche d'âge ou d'origine particulière qui me vienne à l'esprit. Ce sont souvent des Francfortois qui viennent en famille, des Allemands venus visiter la ville quelques jours, et nous sommes également fiers de pouvoir accueillir des étrangers de toutes nationalités. Je croise même parfois des visiteurs qui viennent comparer le musée 3ème Dimension et le musée Explora. 

Quelle est votre philosophie ?

Pour moi, l'important c'est de rester unique ! Je veux que l'on vienne voir dans mes musées ce que l'on ne trouve pas ailleurs. Certaines ?uvres de ma collection sont imitées mais les résultats sont souvent moins beaux. Je m'inspire bien évidemment moi aussi des autres, mais j'essaye toujours de faire en sorte de me démarquer de la concurrence. 

En dehors des visites, le musée Explora propose-t-il d'autres événements ?

Tout à fait. Nous organisons régulièrement des événements en tous genres, pour le public ou pour des groupes particuliers. Nous disposons de 1.000m² de surface supplémentaire pour ces événements qui n'ont parfois pas de rapport avec le musée, comme un tournoi de ping-pong par exemple. Nous recevons d'autre part de nombreuses demandes de la part de groupes, que ce soit pour des séminaires ou même pour des mariages. Cependant, le musée fermera ses portes le 4 décembre 2017.

Pour quelle raison avez-vous décidé de fermer le musée Explora à Francfort  ?

C'est assez simple. J'ai 79 ans et mes enfants ne souhaitent pas reprendre la direction du musée. J'ai donc décidé de fermer le musée installé dans le bunker à Francfort mais de permettre à 90% des ?uvres de la collection d'être présentées lors d'expositions itinérantes à l'étranger. La collection sera acheminée fin décembre aux Pays-Bas pour une première tournée. En ce qui me concerne, je vais continuer à vivre dans le Glauburgbunker où j'ai aménagé mon appartement. Jusqu'au 4 décembre, nous continuons à proposer des visites guidées, notamment nos visites gratuites du dimanche. J'invite d'ailleurs chaleureusement vos lecteurs à venir nous rencontrer.

(Photos EB lepetitjournal.com/francfort)

Interview réalisée par Euan Borthwick (www.lepetitjournal.com/francfort), lundi 24 octobre 2016

Pour en savoir plus sur le musée, consultez le site internet ici.

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