Melania Trump va présider lundi une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, un événement inédit qui risque d'être éclipsé par les opérations militaires israélo-américaines contre l'Iran.


Melania Trump va présider lundi une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, un événement inédit qui risque d'être éclipsé par les opérations militaires israélo-américaines contre l'Iran.
A la surprise générale, les services de la Première dame ont annoncé il y a quelques jours qu'elle tiendrait le marteau lundi à 15H00 (20H00 GMT) lors d'un Conseil sur le thème de l'éducation et des enfants dans les conflits. Un sujet cher à Melania Trump qui a notamment négocié avec Moscou pour obtenir la libération d'enfants ukrainiens enlevés par la Russie.
Celle que son mari a qualifiée de "star de cinéma" en référence au documentaire "Melania" sorti en salle fin janvier, va ainsi "entrer dans l'Histoire", ont commenté ses services, alors que les Etats-Unis assurent en mars la présidence tournante du Conseil.
Selon l'ONU, c'est la première fois que l'épouse ou l'époux d'un président ou présidente en exercice dans le monde préside une telle réunion.
Cette visite "est un signe de l'importance que les Etats-Unis accordent au Conseil de sécurité et au sujet" de l'éducation, avait estimé la semaine dernière Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l'ONU.
Un commentaire fait avant le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran, qui ont tué le guide suprême iranien, l'ayatollah Khamenei.
Alors que Donald Trump a récemment répété que l'ONU "a un grand potentiel" mais ne l'a "jamais réalisé", son ambassadeur aux Nations unies, Mike Waltz, s'en est pris samedi directement au Conseil de sécurité, incapable de faire respecter ses multiples résolutions sur l'Iran, notamment son programme nucléaire.
La présence samedi à la réunion d'urgence du Conseil quelques heures après le début des frappes contre l'Iran "tourne cet organe en dérision, mais là où l'ONU manque de clarté morale, les Etats-Unis la maintiennent", avait-il lancé.
- "Contradictions" -
Daniel Forti, analyste pour International Crisis Group, doute que la visite de la Première dame marque un changement d'attitude de l'administration Trump envers les Nations unies.
Cela va "seulement renforcer les contradictions inhérentes à la politique américaine sur la guerre et la paix", indique-t-il à l'AFP, notant que la guerre va en plus "faire de l'ombre" à cette présidence inédite de Melania Trump.
Et si l'analyste estime que la plupart des membres du Conseil vont veiller à préserver leurs relations avec Washington, "il est difficile d'imaginer que d'autres membres prennent au sérieux les mots américains sur les enfants, l'éducation et la paix, en particulier après la frappe d'une école pour filles dans le sud de l'Iran", qui a fait plus de 100 morts selon des autorités iraniennes, souligne-t-il.
"Certains vont même peut-être critiquer l'administration Trump pour boycotter des bureaux onusiens travaillant sur des sujets similaires", ajoute-t-il.
Depuis un an, les Etats-Unis se sont notamment retirés de l'Unesco, en charge de l'éducation, de la science et de la culture et ils ont décidé de ne plus travailler avec la représentante spéciale de l'ONU pour les enfants dans les conflits armés.
Certains estiment aussi que le "Conseil de paix" créé par le président américain cherche à court-circuiter le Conseil de sécurité et les arriérés de paiement américains pèsent largement sur les finances de l'ONU en crise.
Alors qu'un projet de réforme de l'institution a été lancé, Washington a toutefois payé il y a quelques jours 160 millions de dollars au budget général de l'ONU, dont ils sont en principe le premier contributeur, après n'avoir rien versé pendant toute l'année 2025. Mais leurs impayés se montent encore à 2,036 milliards de dollars pour le budget général et 2,2 milliards pour celui des opérations de maintien de la paix, selon un responsable de l'ONU.

















