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Une Guinness plus chère à cause du Brexit ?

Par Jean Dubas | Publié le 21/08/2019 à 17:52 | Mis à jour le 22/08/2019 à 17:10
guinness

« Hein ? En tout cas faut qu’ils arrêtent d’en boire au petit journal parce que je vois pas le rapport ». Ok, alors c’est parti, on vous explique tout ça pinte en main. Commençons par le commencement. Qui dit Brexit dit nouvelle séparation entre la République d'Irlande et son voisin du Nord, province du Royaume-Uni. Et qui dit séparation dit possible restauration d’une frontière entre les deux occupants de l’île. Pourquoi pas sous forme de mur d’ailleurs, il paraît qu’un type vêtu d’une cravate rouge arborant une crinière or a remis l’idée à la mode sur un autre continent.

 

C’est là que les soucis commencent. Prenons le cas de la Guinness, brassée à Dublin et dont des millions de litres sont distribués dans le monde entier. Devinez où elle est embouteillée ? En Irlande du Nord bien sûr. Là où ça risque de coincer, c’est quand il faudra transporter la « Black Stuff » jusque là-bas. La mise en place d’une frontière physique et ses inévitables contrôles ralentirait les milliers de camions qui font chaque année l’aller-retour entre Dublin et Belfast. Or, temps passé à la frontière rime avec manque à gagner important pour les producteurs. Surcoût qui pourrait être compensé par une augmentation du prix de la bière brune tant convoitée.

 

 

Un démêlé qui va bien plus loin que la bière

 

 

La Guinness n’est pas la seule menacée par une possible frontière solide entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord. D’autres produits irlandais le sont également. Le Baileys par exemple. La liqueur mélangeant crème et whisky pourrait elle aussi être affectée par d’éventuels contrôles renforcés à la démarcation puisque le lait, facteur X du breuvage, est produit des deux côtés de la frontière. On vous laisse imaginer le bazar à la douane. Pour faire dans la plus grande simplicité, c’est toute l’économie irlandaise qui pourrait se retrouver chamboulée par ce cher (très cher) Brexit.

 

Le point regrettable de cette histoire, c’est que deux ans auparavant, lors du vote du Brexit,la majorité des votants en Irlande du Nord s’étaient opposés à une sortie de l’Union Européenne, et à ce « double divorce », terme employé par le Courrier International pour désigner la séparation, à la fois avec l’Eire, mais aussi avec Bruxelles. Alors que l’Irlande tente de laisser derrière elle la "période des Troubles", close par l’accord du Vendredi Saint il y’a 20 ans, les plaies à peine cicatrisées pourraient se rouvrir sous les futurs codes issus du Brexit. Avis aux résidents Dublinois amateurs de sorties nocturnes, profitez donc du Dicey’s tant que la pinte est encore à 2 euros !

 

 

Photo : Matthias (Flickr)

 

Rediffusion

Jean dubas

Jean Dubas

Master 1 de journalisme sportif (y'avait penalty sur Nilmar). Diplômé d'une Licence de langues étrangères appliquées. De Amiens à Dublin, en passant par Bogotá.
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