

Les demandes de soutien de la part des prostituées ont augmenté de 37% selon Ruhama, une association irlandaise qui a mis en place un service d'écoute. La directrice de l'association réclame des sanctions plus importantes pour les personnes reconnues coupables de proxénétisme.
L'Irlande du Nord a choisi de pénaliser l'achat d'actes sexuels en juin dernier. Le client qui se fait pincer est ainsi passible de 1400 euros d'amende et d'un an d'emprisonnement. En République d'Irlande, seuls le racolage, le proxénétisme, la prostitution dans un lieu public et celle de personnes mineures sont interdits. Le client n'est pas inquiété.
Trois poids, deux mesures
En Europe, il y a trois façons de traiter la prostitution. Les politiques abolitionnistes, comme celles de la France et l'Irlande, pénalisent le proxénétisme mais autorisent la prostitution. Parfois elles sanctionnent également le client, comme la Norvège ou la Suède, on parle alors de néo-abolitionnisme.
Les politiques réglementaristes sont à l'exact opposé et cherchent à encadrer le commerce sexuel plutôt qu'à l'interdire. Les prostituées paient des impôts, ont une assurance et peuvent travailler dans des maisons closes. On connaît bien sûr le quartier rouge d'Amsterdam, mais l'Allemagne et la Belgique fonctionnent aussi sur ce modèle malgré certaines nuances.
Et enfin, il y a le modèle prohibitionniste où tout est interdit et chaque rouage de l'ensemble condamnable : les clients, les proxénètes mais aussi les prostitués.

Carte de nos confrères de France 24
Un millier de prostituées
La Fondation Scelles estime qu'environ 1000 personnes se prostituent en Irlande sur 4,3 millions d'habitants, 97% d'entre elles seraient immigrées. En 2013, l'Irlande était considérée comme « la destination de choix par les personnes prostituées. Elles pouvaient y gagner trois fois plus que dans un autre pays européen selon nos confrères de L'Irish Examiner.
En 2013, en France, on comptait entre 18 000 et 20 000 personnes prostituées. Rapporté au nombre d'habitant, la France serait le pays le moins touché selon l'Office Central pour la Répression de la Traite des Êtres Humains (OCRTEH). Mais tous ne sont pas d'accord sur les chiffres. La Fondation Scelles comptent 40 000 prostituées dans l'hexagone.
En savoir plus ?
Stephen Rogers, journaliste, est l'auteur de Onthegame.ie. Il y explique les origines de la prostitution en Irlande et ce qu'il en est aujourd'hui, notamment son expansion sur internet. Nous l'avions interviewé en 2009.
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