Le 24 novembre 1995, 50,3% des Irlandais disent oui au divorce. Le référendum accouche alors du 15ème amendement, promulgué en 1996. Alors que ceux en faveur du « Non » prédisent l'avénement d'une Irlande déchirée par un déferlement de divorces, les chiffres actuels démontrent que l'on est encore loin du séisme attendu.
Aujourd'hui, les Irlandais sont les membres de l'Union Européenne qui divorcent le moins. L'Irlande se targue d'un taux de divortialité de 0,6 pour 1000 habitants d'après l'agence de statistiques Eurostat. Des résultats très faibles comparés à ceux des Français tablant sur 2,1 divorces pour 1000 habitants en 2011 ou encore leurs voisins Portugais, pourtant très catholiques, affichant un taux de 2,5 la même année. Alors qu'est- ce qui fait la particularité de l'Irlande ? Si le facteur religieux est souvent mis en avant, l'influence catholique présente sur le territoire irlandais n'explique pas tout.
Tony Fahey, professeur de sciences sociales à l'Université de Dublin explique l'impopularité du divorce à travers divers facteurs socio-économiques. La complexité de la procédure divisée en deux étapes décourage bon nombre de couple. De surcroît, le coût d'une telle démarche est souvent très important, encourageant alors les époux qui ne s'entendent plus à opter en faveur d'une autre forme de séparation.
De plus, la société a évolué et avec elle les relations conjugales. En effet, avoir un enfant ou des relations sexuelles hors mariage est désormais courant. Les femmes procréent plus tardivement, les mères irlandaises étant les plus âgées d'Europe. Tout aussi représentatif de l'évolution des moeurs de la société, l'âge moyen pour se marier a grimpé à 32 ans. Ainsi, l'homme et la femme prennent davantage leur temps avant de se lier pour la vie. L'acte devient plus réfléchi, moins mécanique et confère au mariage davantage de solidité.
Audrey Parmentier (www.lepetitjournal.com/dublin), Mardi 24 Novembre 2015.







