Pour sa passion, son acharnement et sa réussite, Mikael Thiery pourrait bien être un sérieux candidat aux trophées des Français de l'étranger remis par lepetitjournal.com !
Barbe fournie, cheveux mi long et un accent anglais qui ferait rêver bien des Français, Mikael Thierry se fond parfaitement dans le décors irlandais. Après neufs ans passés à Dublin, il s'y est totalement intégré. On peut même dire qu'il y réussit.
A 25 ans, un diplôme de réalisateur et quelques expériences de cinéma comme seul bagage, Mikael Thierry atterrit à Dublin. « On était en 2007, c'était encore la période du plein emploi. Une amie qui y vivait m'a incité à venir et voilà. Je suis parti et neufs ans plus tard, je suis toujours là. » Comme beaucoup, il débute par un petit job en call center. L'anglais ne lui pose pas trop de problèmes. « J'ai toujours adoré l'anglais. Je regardais les Monty Python, et Hitchcock à l'époque. J'écoute aussi beaucoup de rock indépendant. De toutes façons, les Irlandais sont vraiment solidaires. Ici, on ne se sent pas jugé si on fait des fautes.
Un pays qui se raconte
Très vite, Mikael tombe amoureux de l'Irlande et de ses histoires. « Certes ici on peut se plaindre de la météo, mais il y a une vraie chaleur humaine. Les gens se retrouvent dans les pubs, discutent. Il y a toujours quelqu'un pour raconter une histoire. Et puis c'est le pays de Beckett et de James Joyce. » Le jeune réalisateur trouve là, matière à nourrir sa passion.
A force de fréquenter le milieu artistique et de multiplier les rencontres, il parvient à réaliser un court métrage en 2011, Joe Drummer, qui sera primé au festival du film irlandais de Chicago et le festival de films de Dingle.
JOE DRUMMER from Mikael Thiery on Vimeo
Le « web tsunami »
Passionné par le cinéma, Mikael s'informe, analyse et sent le vent tourner. « Combien de vidéos sur votre portable ou sur votre ordinateur regardez-vous dans la journée ? Cinq au minimum. Par contre, un film au cinéma, vous allez en voir combien de fois par semaine ? » Le réalisateur a donc décidé de suivre la tendance américaine en associant web et cinéma grâce aux Web séries.
Les « Web Series » font leur apparition sur la toile au début des années 2000. Vous avez peut-être déjà vu passer sur vos écrans Le visiteur du futur ou Hero Corp, parmi les plus connus. A la différence des séries télé, le format réalisé n'a pas besoin d'une plateforme de diffusion, le réalisateur peut la partager lui-même, sur le web. La facilité n'est cependant pas synonyme de rentabilité. Les Web Series ne rapportent pas grand chose si ce n'est une possible notoriété pour les acteurs, le réalisateur ou la plateforme qui les diffuse. Le plus souvent, elles sont donc autofinancées. Mais les choses évoluent : « La France commence à suivre l'exemple des États-Unis, se félicite Mikael. De grands médias ont décidé de tenter la diffusion de Web Series. C'est le cas de Arte, avec 'Arte créative' par exemple. Les grandes chaînes télé se rendent compte que le jeune public part de plus en plus vers le web. Elles cherchent à rester dans le coup. »
En 2013, Mikael Thiery se lance lui aussi dans la course au cinéma 2.0. Il co-produit et réalise Ash Airways dont les deux premiers épisodes ont été sélectionnés au Los Angeles Web Fest un an plus tard, ainsi qu'au Cross Video Days de Paris.
Le premier Dub web fest
Le jeune réalisateur ne s'arrête pas là et décide d'organiser le premier festival irlandais de séries digitales. Il reçoit aussitôt beaucoup de soutien. « En France, on est un parmi des millions, c'est beaucoup plus difficile, mais ici, c'est différent. » L'ambassade de France lui propose d'être partenaire de l'événement à condition qu'une partie des productions projetées soient françaises, Mikael n'hésite pas une seconde : « Je crois au rayonnement français. On ne se rend pas compte, mais la France a vraiment une grosse influence culturelle partout dans le monde. Beaucoup de gens ont appris quelques mots de Français grâce à Gordard et Truffaut par exemple. »
En novembre, la première édition du Dub web fest a donc eu lieu, au c?ur du quartier historique de Temple Bar. Des ateliers et des projections internationales se sont déroulées sur trois jours. Le public était ravi, Mikael encore plus. Il prépare déjà la deuxième édition.
Revenir en France ?
Oui, il y a pensé. « Je ne suis pas Dublinois, je suis un Français à l'étranger et oui certaines choses me manquent. Quand on est loin, les petits bémols de la vie en France s'effacent, tout devient plus beau, plus rare. Par exemple, un jambon beurre à la terrasse d'un café parisien, ça n'a pas de prix ».
En attendant, Mikael reviendra peut-être sur Paris en Mars lors d'une soirée de prestige au Quai d'Orsay qui récompensera les lauréats des Trophées des Français de l'étranger , concours organisé par lepetitjournal.com afin de récompenser les parcours remarquables de Français vivant à l'étranger. Actuellement, plus de deux millions et demi de nos compatriotes vivent hors de l'hexagone. Vous pouvez déposer votre candidature jusqu'au lundi 18 janvier 6h - heure de Paris.
Tac au Tac
Le film français dont je ne me lasse pas : Bande à part de Godard
Le film irlandais qui me fera toujours rire : Adam and Paul de Lenny Abrahamson
Mes Web série coup de c?ur : Osmosis de William, Luis et Gabriel Chiche. Gabriel de Gwendal Biscueil et Arnaud d'Ancona
La France me manque surtout pour : son camembert au lait cru
Raphaëlle Besançon (www.lepetitjournal.com/dublin), mercredi 13 janvier 2016
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