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PORTRAIT D’EXPAT — Vincent Thiry, tatoueur à Dublin

Par Lepetitjournal Dublin | Publié le 02/08/2017 à 23:14 | Mis à jour le 03/08/2017 à 18:57

Vincent partage le même rêve que sa compagne Myriam. À eux deux, ils veulent vivre d'aventures et de découvertes, chacun de leur passion dans des pays européens ou plus lointains. Lui est tatoueur, féru d'art, elle, travaille dans le marketing, le commerce. Ils ont connu la France, puis Lima, la capitale du Pérou, Barcelone, la Rose de Feu, et aujourd'hui Dublin, la capitale de l'Irlande. On a rencontré Vincent, assis sur son tabouret, face aux vitres glacées du Starbucks de Earl Street North, à l'angle d'O'Connell Street. Un frappuccino mocha en main, « c'est un café froid, comme ça je peux prendre le temps de le boire, parce que ça risque d'être un peu long » dit-il en rigolant.

Vincent est arrivé à Dublin au début du mois de mai pour exercer son métier de tatoueur. Âgé de 33 ans, il a d'abord enchaîné les petits boulots dans sa ville de Montbéliard. D'abord salarié de l'usine Peugeot, puis caissier dans un supermarché, il a ensuite cumulé un travail d'auxiliaire de vie pendant dix ans avec une personne traumatisée crânien, et de responsable adjoint des stocks à Boulanger. Mais au lendemain de son 31ème anniversaire, il a un déclic : « Je me suis demandé ce que je faisais là, à faire la même chose tout le temps, à être dans la même ville depuis tout petit, et à ne pas vivre de ce qui me passionne réellement. ». En parallèle, il rencontre Myriam. La jeune femme, qui a par le passé connu Barcelone et Londres, lui parle de la vie d'expatrié et de tout ce qu'il y a à découvrir au-delà des frontières, le rêve est vendu. Il décide de tout plaquer. On est alors en 2015, l'aventure peut débuter.

L'envol

Myriam s'envole au Pérou, à Lima. Il doit la rejoindre, mais l'expérience de son âme-soeur n'est pas aussi enrichissante que prévu. Il y passe seulement quelques semaines avant que le couple ne décide de s'installer à Barcelone en janvier 2016. En catalogne, Vincent intègre une formation dans une école d'art-tatouages. Il obtient son diplôme neuf mois plus tard, grâce auquel il peut exercer son métier. Il tatoue beaucoup de jeunes dans le local de sa formation, ou dans son propre appartement, et en refuse certains qui ne sont pas majeurs ou qui demandent des pièces minuscules et insensées. Un peu lassé par la barrière de la langue et la ville en elle-même, le couple prend la décision de quitter l'Espagne, direction Dublin !

En quête d'expérience

« C'est un pays celtique, j'avais très envie de voir à quoi cela ressemblait, et de connaître la vie à Dublin. C'est une capitale, c'est toujours attirant. » justifie Vincent. Une fois installé, il parcourt la ville et sa périphérie en quête d'un salon de tatouage qui aurait besoin de ses services. Une nouvelle page Facebook, « V-inkspiration », un book et un portfolio peaufinés, rien ne semble l'empêcher de tatouer. Pourtant il se heurte à une réponse récurrente : les salons dublinois soulignent son manque d'expérience et ne donnent pas suite à ses candidatures. Ce qu'il regrette, c'est qu'il ne peut pas acquérir d'expérience si on ne lui en offre pas la chance. Il nous assure néanmoins être tombé sur des shops accueillants, qui l'ont parfois conseillé ou dirigé vers d'autres sites. Il a pu travailler une journée dans l'un d'eux, à Dublin 7. Cependant, le salon formait déjà un apprenti, et ne pouvait ni en prendre deux, ni embaucher Vincent. « Intégrer un métier dans le domaine artistique est très difficile » déplore-t-il. Mais il ne désespère pas. Il envoie des mails et passe des coups de téléphone aux salons situés à Cork et Galway. En patientant, il tatoue des personnes qu'ils rencontrent, ou qui le contactent via Facebook. « J'ai la chance d'avoir tout le matériel nécéssaire à dispositon, je peux tatouer dans de bonnes conditions d'hygiènes à l'appartement » assure-t-il.

Avant de déposer son aiguille sur leur peau, Vincent préfère rencontrer les gens, discuter avec eux du projet. Il me souligne en levant l'index, « Comme dit Myriam, le tatouage définit ton identité, et non l'inverse, c'est pas à toi de t'identifier à ton tatouage ».

Depuis qu'il vit sur les bords de la Liffey, Vincent a tatoué trois personnes. La première a par exemple demandé une hirondelle sur les côtes. Après une rencontre au Starbucks de Henry Street, il propose plusieurs dessins. Pour elle, il a choisi un style Dotwork « C'est un style de tatouage par points, très long et très minutieux. Je trouve ça féminin, ça lui a plu » précise-t-il.

un style de tatouage Dotwork, un style de tatouage par points, très long et très minutieux.

Futur indécis, mais futur d'expat

S'il ne trouve pas le moyen d'engranger assez d'expérience pour intégrer un shop, Vincent n'exclut pas l'idée de retourner en France le temps d'obtenir un bagage plus conséquent. « Refaire une formation ne me dérangerait pas, si il faut faire marche arrière pour ensuite avancer plus vite, pourquoi pas. » ajoute-t-il. Même si dans l'immédiat le , le couple souhaiterait encore rester à Dublin, Myriam y est bien. Mais bien qu'il soit possible de les revoir en France, l'avenir peut se dessiner au Canada. C'est dans le deal de leur couple, finir au Canada.

Pour l'heure, le créneau est irlandais, et l'on souhaite à Vincent que le ciel se dégage.

Crédits photos et vidéo : ©Vincent Thiry / V-Inkspiration

Clément Teraha (www.lepetitjournal.com/dublin) Mercredi 2 Août 2017 

 

 

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