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EX-EXPAT - Entretien avec le comédien Benjamin Verrecchia

Par Lepetitjournal Dublin | Publié le 26/01/2015 à 23:40 | Mis à jour le 12/08/2016 à 15:58

Régulièrement nous allons à la rencontre d'anciens expats! Des Français  qui ont vécu un peu, beaucoup, passionnément en Irlande. Que sont-ils devenus? Comment leur expérience en Irlande s' est-elle inscrite dans la suite de leur parcours?

Aujourd'hui nous retrouvons un ancien expat que certains d'entre vous connaissent peut-être:  Benjamin Verechia. Benjamin a vécu quelques mois en Irlande pendant l'année 2006, avec une expérience professionnelle au sein d'un call centre. Depuis? Benjamin est devenu un des comédien-humoriste qui monte en France! Nous nous sommes intéressés à son parcours, son metier de comédien, pour enfin revenir sur son expérience d expatrié français en Irlande.

Lepetitjournal.com : Est-ce que tu pourrais, en deux ou trois phrases, nous résumer ton parcours artistique ?
Benjamin Verrechia : Alors c'est très succinct. J'ai commencé il y a environ 3 ans. Ce fut assez simple, je me suis demandé ce que je voulais faire et j'ai pris une décision. Etre acteur c'est bien beau mais pour jouer dans quoi, pour jouer où ... Sans contact c'est difficile. Le 'one man show' m'a alors paru comme une évidence. J'aime la scène, j'aime l'humour, le contact direct avec le public... Il n'y a pas besoin d'un appui comme au cinéma, là c'est seulement la scène, toi et ton écriture. Du coup, je m'y attaque, je m'y attelle et j'écris quelques ''conneries''.

Et tu continues de travailler pendant que tu écris ou bien tu décides d'arrêter et de te consacrer seulement à la scène ?
J'arrête de bosser.

Tu avais vraiment pris ta décision, tu voulais changer de vie ?
Oui mais après on te dit toujours 'ah tu lâche tout ?!' mais, au fond, c'est des essais, il n'y a rien d'acté, d'irréversible. Donc je me lance. C'est les rencontres qui m'ont permis d'avancer. J'ai joué une fois et ça c'est super bien passé, puis on me demande une seconde fois et voilà comment ça a commencé.

Tu as commencé au théâtre des 'Feux de la Rampe' ?
Alors au tout début dans un théâtre parisien. Pour commencer je joue la première fois dans un festival. Dans la salle, il y a Laurent Violet, un humoriste de France Inter. Je sors et il est plutôt séduit par mon 'one man show'. On échange nos numéros, il me donne les coordonnées des 'Feux de la Rampe'. Tout est parti de là, il a lancé le truc. Pendant 3 semaines je joue là-bas. Finalement, les 'Feux de la rampe' m'ont ''soulé'' et je vais voir le 'théâtre du Point-Virgule', théâtre mythique pour les 'one man shows'. Je fais une audition : en gros tu joues ton sketch devant la directrice. Elle a beaucoup apprécié. Je reviens jouer plusieurs fois. Elle me propose de faire l'Olympia et Bobino avec la troupe du Point-Virgule, puis de jouer seul toutes les semaines. J'ai fait ça pendant 2 ans, de 2012 à 2014.

Tu campes des personnages, tu ne fais pas du stand up ?
Un peu des deux, Je fais des sketches avec des personnages. Par exemple, un moment donné je joue un prof de sport. Des fois je m'adresse directement au public. Mais il y a toujours ce genre de petite guerre de paroisse 'qu'est ce qui s'appelle stand up ? Qu'est ce qui est standup, qu'est ce qui ne l'est pas?' Nous on a grandi avec les sketches de Bigard, Timsit... Je ne fais pas de 'stand-up' à l'américaine, mais je m'adresse directement au public.

Quelles sont tes références ?
Pas de référence spécifique en 'one man'. Je n'ai jamais été à des 'one man shows' avant de faire ce métier. Moi c'est plus le ciné qui me fait vraiment rire. La série américaine The office avec Steve Carell ça m'a fait hurler de rire. Il y a des gens extrêmement talentueux. Par exemple, Patrick Timsit j'ai adoré son premier spectacle. Après ce que j'aime c'est plutôt des sketches par-ci par-là, pas forcément un 'one man show' complet.

Il y a des choses que j'ai pu voir sur ton compte twitter : tu aimes bien les aphorismes. Comme ce que je t'ai entendu rire à la radio: ''déclarer je t'aime c'est comme crever un ?il ,on ne voit plus pareil après''
J'adore ce genre de dicton ''à deux balles'' que j'invente. Ça résume bien mon spectacle. J'ai un amour profond pour les 'tocards', ce qui les définit c'est la sureté d'eux même, leur assurance. Les gens qui lancent des vérités, aussi stupides soient elles, ça me fait hurler de rire.

Tu te sens proche des brèves de comptoir ?
Oui un peu.

Comme Jean Carmet dans Palace?
Ça c'est magnifique ! Mais c'est encore autre chose. La brève de comptoir ce n'est pas vraiment des tocards mais presque poétique. Elle est drôle parce que le personnage est décalé. Moi c'est plutôt le gars que tu regardes et à qui tu as envie de dire 't'es un minable'.

Est-ce que tu dirais que tu aimes bien la cruauté ou c'est plutôt un regard amusé. Quel regard as-tu sur tes personnages ?
Moi j'ai de l'affection pour les personnages que je joue, sur ce que j'écris. Dans mon 'one man' j'ai un type qui passe un casting pour une comédie musicale, se croyant au top niveau, il croit réussir mais il a zéro talent. J'ai un regard affectueux pour ces personnages qui se croient au top et qui n'ont pas de talent.

Quand les gens viennent te voir, que retiennent-ils du spectacle, que disent-ils en premier ?
'Remboursé' [rires]. Non, ils me ressortent un sketch. J'ai des compliments sur le jeu ou sur l'écriture, une phrase qui les a marqués. Les gens aiment bien le prof de sport qui martyrise ses élèves. C'est un tocard et, à la fin, le prof d'Académie lui dit ''vous êtes cruel'' et il lui répond que ''c'est la vie qui est cruelle'', que ''La vie c'est comme vomir, c'est en serrant les dents qu'on garde les meilleurs morceaux''.

Quels sont tes projets ? Tu es en phase d'écriture ?
Je suis toujours sur plusieurs projets. Je suis en train d'écrire là, d'autres sketches sont déjà écrits, j'aimerais écrire un spectacle à plusieurs, et peut-être un peu de vidéo, dans la tendance de ces chaines YouTube qui se créent.

Du même type que Norman fait des vidéos ?
Ce n'est pas trop mon style mais dans l'idée oui, une chaine YouTube de ce genre.

Tu aimerais faire quelque chose hors des planches, du cinéma par exemple ?
Ouais, dans le 'one man show' ce que tu aimes c'est être seul sur une scène. De manière un peu narcissique, tu prends tout pour toi. Mais pour la suite, ça va dépendre du projet.

L'expatriation en Irlande

Tu as un peu voyagé et tu es passé par l'Irlande. Qu'est-ce que tu étais venu y faire ?
Bonne question [rires], j'étais venu pour la découverte. Pour ''kiffer''. Tu sors des études, t'as envie de voyager, de découvrir le coté Erasmus, de parler anglais etc. A posteriori c'était surtout l'envie de découverte qui me motivait.

Combien de temps es-tu resté ?
Presque une année.

Tu as le recul aujourd'hui pour dire ce que ça t'a apporté ?
Déjà ça m'a forcément apporté. Mais pas vraiment l'Irlande en elle-même. Très honnêtement, c'est plutôt la rencontre avec les gens, ''les voyages forment la jeunesse'' comme on dit. J'aurai pu faire le même voyage en Inde, au Mexique, l'important reste la rencontre.

Quel est ton meilleur souvenir en Irlande ?
Définitivement c'est le côté Erasmus, la rencontre avec des gens de tous pays. Tu peux rire avec des Bretons, un Irlandais, une Italienne, une Espagnole. Dublin ne m'a pas marqué architecturalement, le temps n'est pas top, donc c'est surtout les rencontres qui m'ont plu.

Qu'est ce qui t'a le plus déplu ?
Sincèrement je n'ai aucun mauvais souvenir !

Tu aurais un petit conseil pour un nouvel expat ?
Aimer la bière [rires]. Par principe ces trips de découverte, il faut mordre le truc à pleine dents, faire des rencontres, aller en soirée et ''kiffer''. Quand on est jeune et qu'on arrive, on se bride un peu parfois. On était, et on est peut-être encore, dans une génération où on avait peur d'aller faire n'importe quoi, on nous disait ''travailles ton anglais, trouves un boulot'' etc. Faut croquer le truc et profiter, se moquer un peu des retombées.

En gros: 'N'ayez pas peur de l'avenir!'
Oui c'est exactement ça, n'ayons pas peur des retombées concrètes, concentrons-nous sur la découverte, les retombées elles seront humaines.

Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter ?
Que ça continue ! Je viendrais jouer à Dublin pour les Français!

Propos recueillis par Gael Parent (www.lepetitjournal.com/dublin) Mardi 27 Janvier 2015

Retrouvez les infos de Benjamin Verrechia ici: http://www.lepointvirgule.com/content/benjamin-verrecchia

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