Édition internationale

CLIMAT – L’Irlande plus régulièrement sujette à des intempéries et sécheresses à l’avenir ?

Écrit par Lepetitjournal Dublin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 mars 2016

Il semble que l'importance de l'enjeu écologique ne fait désormais plus réellement débat dans une majeure partie des opinions publiques en Europe ainsi que parmi les membres des différentes classes politiques. Ceux qui renient l'existence du réchauffement climatique et la possibilité de continuer à produire et de vivre comme actuellement sont désormais plutôt considérés comme des utopistes, alors qu'auparavant c'étaient les Thoreau, Reclus, ou plus récemment Simonnet, Dumont et Hulot et bien d'autres qui étaient considérés ainsi. Le relatif succès de la COP 21 avec la signature de l'accord de Paris il y a quelques mois, signifiant l'engagement des Etats concernés à contenir le réchauffement climatique, peut en être le symbole. Même si certains n'ont pas manqué de critiquer certaines carences patentes de cet accord, ciblant notamment l'absence d'idée de croissance verte et de remplacement de la production d'énergies fossiles par les énergies renouvelables, beaucoup veulent croire qu'il s'y est passé quelque chose. Il serait temps car l'existence de la dérégulation climatique ne fait désormais plus aucun doute. Se traduisant par des intempéries si ce n'est plus intenses, du moins plus soudaines mais aussi plus régulières un peu partout sur la planète.

Alors que l'Irlande connaît d'ailleurs un hiver particulier cette année, avec tout d'abord le mois de Décembre le plus chaud et le plus sec jamais relevé en Irlande suivi du mois de Janvier le plus pluvieux et humide depuis 1948 avec des pluies et inondations énormes (voir notre article) ainsi que les restes des ouragans Jonas puis Imogen, une recherche menée par le laboratoire ICARUS (Irish Climate Analysis and Reserach UnitS) de l'Université de Maynooth démontre que ces intempéries, mais aussi des périodes de températures extrêmes et de sécheresse pourraient se reproduire plus régulièrement en Irlande. Publiée dans la revue internationale Climate Risk Management, cette étude basée sur plus de 150 ans de données météorologiques a été réalisée grâce à des outils sophistiqués de probabilité. La recherche révèle que des périodes de conditions météorologiques extrêmes sont devenues beaucoup plus régulière depuis le milieu du XIXème siècle et que cela pourrait encore s'intensifier.

Selon les chercheurs, il faut s'attendre à ce qu'une fois tous les huit ans nous connaissions en Irlande un hiver aussi humide que l'hiver de 1994-95, le plus humide jamais relevé . La probabilité de connaître un hiver très pluvieux, et des désastres dus aux inondations a d'ailleurs doublé depuis 1850. De plus, d'ici la fin du XXIème siècle, le pays pourrait régulièrement connaître des sécheresses et des étés plus chauds que celui de 1995, restant dans son domaine le record jamais enregistré jusqu'ici.

Un appel à la prise de conscience et à l'action.

Le résultat de cette étude est par essence préventif car elle évoque toutes les conséquences humaines et économiques de ces modifications climatiques. Cela n'étonnera personne mais les chercheurs de Maynooth le réaffirment : le premier combat est la lutte pour la réduction des émissions de CO2 et autres gaz à effets de serres, liés au réchauffement climatique ainsi qu'à la montée des eaux, ou encore à l'acidification des océans. Effets non-anodins pour un territoire insulaire situé sur le trajet du Gulf Stream.

La position et l'action des deux députés du Green Party de retour au Daíl, le parlement irlandais, mais aussi et surtout celles du futur gouvernement irlandais seront donc à suivre. Même s'il y a fort à parier que cela prouve encore une fois le problème toujours patent de l'écologie politique notamment dans un pays libéral. Les chercheurs veulent également sensibiliser et rapprocher tout un chacun de ces problèmes qui peuvent parfois paraître à tort, éloignés géographiquement, socialement et temporellement. Une prise de conscience des citoyens d'autant plus nécessaire qu'une adaptation de nos m?urs, voire de nos systèmes économiques et sociaux, seront peut-être tôt ou tard inévitables. Autant dire que si chemin et le combat est encore long, personne ne pourra plus dire qu'il ne savait pas.

Mathias Lenzi (www.lepetitjournal.com/dublin) mercredi 9 mars 2016.
 
Crédits photos : Kenneth Allen/www.geographie.ie ; Ardfern/Wikicommons.
logofbdublin
Publié le 9 mars 2016, mis à jour le 9 mars 2016
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos