Le patron de Ryanair, Michael O’Leary, relance le débat sur l’alcool dans les aéroports.


Dans une interview accordée au journal The Times, le très médiatique patron de la compagnie aérienne irlandaise a appelé à interdire le service d’alcool dans les bars d’aéroport pour les vols très tots le matin, afin de lutter contre les comportements agressifs ou perturbateurs à bord.
Des passagers alcoolisés de plus en plus difficiles à gérer
Selon Michael O’Leary, la situation devient de plus en plus difficile à gérer pour les compagnies aériennes. Ryanair serait désormais contrainte de dérouter près d’un avion par jour en raison du comportement de passagers alcoolisés.
« Je ne comprends pas pourquoi on sert de l’alcool à cinq ou six heures du matin », a-t-il déclaré au quotidien britannique.
Une limite de deux verres proposée
Le patron de Ryanair estime que les exemptions de licence dont bénéficient certains établissements dans les aéroports contribuent au problème. Il souhaite que les bars situés dans les terminaux ne puissent pas servir d’alcool en dehors des horaires habituels d’ouverture des pubs (Les horaires légaux d’ouverture des pubs en Irlande sont généralement de 10h30 à 23h30, du lundi au jeudi, et de 10h30 à 00h30 le vendredi et le samedi).
Il propose également une limite de deux verres par passager aux autres moments de la journée, avec un contrôle qui pourrait, selon lui, être effectué à l’aide des cartes d’embarquement.
Les aéroports pointés du doigt
Pour Michael O’Leary, les aéroports portent une part de responsabilité. Il affirme que Ryanair se montre « raisonnablement responsable », mais accuse certains points de vente de profiter de la situation.
La proposition a rapidement provoqué des réactions. Le patron de JD Wetherspoon, important groupe de pubs au Royaume-Uni, a estimé qu’une telle limite de deux verres dans les aéroports impliquerait, en pratique, de contrôler le niveau d’alcool des passagers.
Ryanair durcit le ton face aux passagers perturbateurs
Ce débat intervient alors que Ryanair durcit déjà le ton face aux passagers perturbateurs. L’an dernier, la compagnie avait annoncé une amende de 500 euros pour les voyageurs dont le comportement entraîne leur exclusion d’un avion. Elle a également engagé des actions en justice pour récupérer les pertes liées aux déroutements causés par des passagers indisciplinés.
Ryanair a récemment salué la condamnation, par un tribunal français, de deux passagers jugés coupables d’avoir provoqué des troubles à bord d’un vol reliant Stansted à Ibiza, dérouté vers Toulouse en mai dernier.
Un débat qui divise les voyageurs
Michael O’Leary a aussi évoqué un mélange problématique entre alcool et consommation de drogues chez certains passagers. Selon lui, ces comportements concernent aussi bien les femmes que les hommes.
La question reste donc ouverte : faut-il mettre fin au fameux verre pris à l’aéroport avant un vol matinal, ou considérer qu’il s’agit d’une tradition de voyage que chacun doit gérer avec responsabilité ? Chez Ryanair, la réponse semble désormais assez claire.
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