

Renault a importé sa première voiture en Irlande il y a une soixantaine d'années. Mais c'est seulement depuis 2007 que le constructeur automobile a mis en place ses propres filiales. Eric Basset, directeur de Renault en Irlande, présente les nouvelles générations de véhicules qui seront lancés en Irlande dans les prochains mois
Lepetitjournal - Comment le groupe Renault s'est-il développé en Irlande ?
Eric Basset - Renault était auparavant représenté par Smith Group, qui appartenait à Waterford Crystal. Jusqu'au début des années 80, Renault a aussi assemblé des Renault 4L dans le comté de Wexford. Ce comté est resté fidèle à la marque et enregistre encore aujourd'hui une part de marché supérieure au reste du pays. En 1986, Bill Cullen a repris les activités d'importation. Dans la plupart des pays européens, Renault est présent à travers ses filiales. Renault est propriétaire d'une entreprise qui importe des véhicules et organise la vente par un réseau de distribution. L'Irlande, avec la Grèce, était le seul pays européen où il n'y avait pas de filiales. En 2007, le groupe Renault a racheté la partie importation à Bill Cullen. Aujourd'hui, il y a 23 distributeurs à travers le pays.
- Comment s'est passée la réorganisation du réseau ?
Renault Irlande a seulement trois ans d'expérience, mais 60 ans d'existence, il y a donc un côté très start-up dans la façon dont nous travaillons. Nous avons mis des équipes en phase. Il y a 35 personnes qui travaillent pour nous aujourd'hui. La bonne nouvelle est que nous allons lancer Renault Crédit en Irlande, une banque détenue à 100% par le groupe. Nous allons donc créer des emplois. Depuis deux ans, il n'y a plus d'accès au crédit en Irlande. Or le secteur de la distribution automobile est une activité qui consomme beaucoup de crédit. L'Irlande est donc le 26ème pays au monde où Renault ouvre une banque. Ouvrir une banque en Irlande à l'heure actuelle, c'est une aventure. Cela montre l'importance stratégique que cela a pour nous. ??
- Quelles sont les raisons principales ?
Il y a une vraie volonté de s'installer de manière pérenne et forte, et d'être parmi les trois premières marques (Ford a 13% du marché, Toyota (12%) et Volkswagen (11,5%). C'est un marché très concurrentiel. Renault est quatrième avec une part de marché de 11,5%. L'Irlande est un pays à fort potentiel, en particulier pour les voitures électriques, notre grand projet. Pour le financer, nous devons avoir accès aux ressources financières. Les banques ne prêtent plus en Irlande, il nous faut donc en ouvrir une.
- Quels sont vos projets en 2011 - 2012 ?
Il existe deux grands projets: les véhicules électriques et Renault Crédit Banque. Nous allons lancer un premier modèle électrique en novembre, le Kangoo, un véhicule utilitaire léger. Début 2012, nous aurons un autre véhicule, la Fluence, un modèle qui est vendu déjà dans d'autres pays. Nous ferons un test avec un quadricycle électrique, le Twizy, qui peut transporter deux passagers. Dans la seconde moitié de 2012, il y aura un nouveau modèle, Zoe, de la taille de la Clio, une voiture à vocation urbaine. En 12 mois, nous lancerons toute une gamme de véhicules électriques. Nous proposons des produits à usages professionnels, le Kangoo, et à usages personnels, Fluence, Zoe et Twizy. Nous voulons couvrir divers segments de clientèle. Et il y aura aussi le lancement de la Dacia, un véhicule low cost.
- Pourquoi l'Irlande ?
Le gouvernement irlandais veut mettre des véhicules plus propres sur la route. Nous avons signé un accord, avec à la clé des incitations fiscales pour les acheteurs. Il faut également un fournisseur d'électricité, ESB, qui s'engage à équiper le pays. Un véhicule électrique a une autonomie de 160 km, nous ne pouvons pas le vendre à tout le monde. Nous devons doter le pays de bornes de recharge. Il y aura 1.500 bornes dans le pays, qui couvre largement les besoins. C'est un jeu à trois : le gouvernement, un fournisseur d'électricité et le fabricant.
L'?Irlande est également un pays qui se prête bien à ce genre de véhicules, de part sa taille et la faible amplitude thermique qui maximise la longévité des batteries. Trois pays sont à la pointe de véhicules électriques en Europe: le Portugal, le Danemark et l'Irlande. ??
- Est-ce l'avenir de la voiture ?
En 2020, 10% des voitures pourraient être électriques. Mais nous ne sommes pas dans une logique de remplacer une Clio par une Zoe. Les clients ont des besoins différents. Plus de 60% des Irlandais font moins de 50 km par jour au volant. Ils peuvent conduire un véhicule à zéro émission à faible coût. Mais d'autres ne peuvent pas. Tout dépend des besoins. Il s'agit d'une aventure industrielle et commerciale.
Propos recueillis par Catherine Legras (www.lepetitjournal.com/dublin) Mardi 10 mai 2011
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