

Gort est une petite ville du Conté de Galway. Elle compte aujourd'hui un peu plus de 2.700 habitants dont les deux tiers sont des Brésiliens. Mais aujourd'hui la situation économique rend leur présence difficile. Frank Murray, chercheur à l'UCD, étudie les risques de précarité pour les populations immigrantes pour l'Agence de lutte contre la Pauvreté (Combat Poverty Agency). Il explique la présence de cette grande communauté brésilienne et sa situation actuelle.
Pourquoi les premiers Brésiliens sont arrivés à Gort en 1999 ?
Une entreprise de découpe de viande à Vila Fabril au Brésil a fermé et plusieurs centaines de personnes ont perdu leur emploi. Un des gérants de l'entreprise était Irlandais. A ce moment l'usine de viande de Gort avait des difficultés à trouver du personnel. Il a donc mis en relation les ouvriers Brésiliens avec cette usine irlandaise. A la fin des années 1990, l'Irlande était en pleine croissance économique. Les Irlandais ne voulaient plus occuper des emplois difficiles, dans le froid, avec du sang. Il a donc fait venir des Brésiliens pour travailler dans l'usine.
Comment les habitants de Gort ont réagi à l'arrivée des Brésiliens ?
Plutôt bien. Les Brésiliens sont venus occuper des emplois dont les Irlandais ne voulaient plus, dans la boucherie, dans le bâtiment ou dans les fermes. Ils ont rapidement été considérés comme des personnes qui travaillent bien et durement. Ils sont honnêtes et motivés. La délinquance a diminué de façon significative depuis leur arrivée.
Quelle est la situation des Brésiliens aujourd'hui avec les difficultés économiques que le pays connaît ?
Beaucoup de Brésiliens ont perdu leur travail. Ceux qui sont à Gort depuis plus de cinq ans ont eu le temps de rembourser leurs dettes, d'acheter une maison ou une ferme au Brésil et d'économiser pour les études de leurs enfants. Ils peuvent donc rentrer chez eux. Mais ceux qui sont arrivés il y a moins de deux ans n'ont toujours pas remboursé l'agent emprunté pour venir en Irlande et n'ont pas les moyens d'acheter un billet retour. La situation est vraiment difficile pour eux, surtout qu'ils sont souvent sans papier. Et ils ne reçoivent aucune aide sociale.
(Chaque année la communauté brésilienne de Gort organisait un festival. http://brasilianfestivalgort.blogspot.com/)
La vie associative brésilienne a-t-elle pâti de cette situation ?
Oh oui. Chaque été en juin, il y un festival brésilien organisé par la communauté. Mais l'été dernier il n'y eu aucune festivité.
Est-ce que la relation entre les habitants de Gort et les Brésiliens a changé avec ce nouveau contexte ?
Non, pas trop. C'est vrai que lorsque qu'il y a des problèmes économiques, des réactions racistes apparaissent souvent. Mais à Gort, les Brésiliens sont là depuis très longtemps. Les relations ont toujours été bonnes. Ils se respectent mutuellement.
Est-ce que des Brésiliens arrivent encore aujourd'hui à Gort ?
Aussi surprenant que cela puisque paraître, oui. Pas dans les mêmes proportions que les années précédentes, mais c'est vrai qu'il y a encore des arrivées. Gort est une petite ville d'Irlande, calme et rurale. Ce cadre attire beaucoup les Brésiliens. Pourtant, les Brésiliens installés à Gort préviennent leurs compatriotes que la situation est devenue difficile qu'il n'y a plus de travail, ils ne veulent pas les croire.
Amélie Girard (www.lepetitjournal.com/dublin) Mercredi 21 octobre 2009







