

Alors que les tensions en Irlande du Nord sont parfois encore palpables et que le Bloody Sunday n'est pas si loin de nous, le dimanche sanglant a eu lieu en 1972, le Museum of Free Derry a pour objectif d'éclairer l'histoire des troubles en Irlande du Nord. Un must see
(photo yakshini)
Deux ou trois livres suffisent pour - mieux - saisir l'histoire du conflit nord irlandais. Le Museum of Free Derry a été créé en 2006 par le Bloody Sunday Trust, une association dont le but est d'"améliorer l'éducation du grand public pour mieux faire connaître et comprendre son patrimoine et de collecter des documents d'archives accessibles au public dans le but de promouvoir les droits de l'Homme, la tolérance et la diversité à travers l'Irlande et dans le monde entier". Nul doute que le musée est la parfaite concrétisation de cette mission. Il est situé dans le Free Derry, une enclave nationaliste de 1969 à 1972, dans le quartier chargé d'histoire du Bogside à (London) Derry. Le musée a même été construit sur les lieux des événements du dimanche sanglant de 1972. L'employé du musée, qui fait partie de l'association, a perdu son frère lors du Bloody Sunday, et fait prendre conscience à chaque visiteur que des personnes sont tombées sous les balles une trentaine d'années plus tôt à seulement quelques dizaines de mètres du lieu où il se trouve.
Des archives ensanglantées
Avec en fond sonore des enregistrements du Bloody Sunday, le visiteur traverse les couloirs du Museum of Free Derry en lisant les panneaux qui retracent le conflit nord irlandais souvent trop vite réduit aux "catholiques contre protestants". Pour les non anglophones des traductions intégrales sont proposées et sont les bienvenues pour saisir toute l'histoire du Free Derry, depuis les origines du Bogside, en passant par les manifestations pacifistes du Northern Ireland Civil Rights Association, jusqu'au meurtrier dimanche 30 septembre 1972. Plus évocateur et plus fort que des mots, ce sont des vestes trouées par des balles, des mouchoirs ensanglantés, des lettres déchirées, des banderoles usées et d'autres objets et documents qui témoignent le mieux de cette période tout au long du musée. Selon le membre du Bloody Sunday Trust, l'implantation du musée n'a pas connu de problème particulier, et il devrait même s'étendre prochainement avec un étage supplémentaire. De quoi exposer encore plus de pièces témoignant du Bloody Sunday et de films exclusifs qui appartiennent aux familles des victimes, pour tirer des leçons du passé.
Stéphane Moussie (www.lepetitjournal.com/dublin) Jeudi 10 juin 2010
Plus d'informations sur le site du musée: museumoffreederry.org







