

Il est fort à parier que Nicolas Roche aurait bien voulu ravir l'étape du 14 juillet à Mark Cavendish. De nationalité irlandaise, le jeune coureur n'en conserve pas moins des liens étroits avec la France. Né en 1984 à Conflans Saint Honorine en région parisienne, le fils du célèbre coureur Stephen Roche, dernier vainqueur irlandais du Tour en 1987, a toujours vécu dans l'univers du cyclisme.
"Ton père aurait fait mieux"
Le jeune forçat aux yeux bleus avait à peine trois ans quand son champion de père a porté la maillot jaune jusqu'aux Champs Elysées. Un héritage pas toujours facile à porter pour le coureur comme il le confie dans un article du journal La Provence. "Je savais à quoi m'attendre mais j'ai eu droit à des réflexions inévitables du genre "Ton père aurait fait mieux"ou "il n'a pas la classe de son père", raconte le cycliste, "mais elles n'ont jamais été un frein."
Cela n'a pas suffit à la décourager. A la fin de l'adolescence, Nicolas prend la décision de suivre les traces de son père "A l'approche de ma majorité, quand j'ai dit à mon père que je voulais faire carrière dans le vélo, il m'a mis en garde. Puis il a exigé que je passe le bac et il m'a donné un an pour faire mes preuves." raconte le jeune forçat. Il ne lui faudra alors que trois ans pour intégrer une équipe professionnelle. Depuis, Nicolas enchaîne les victoires et les places d'honneur. Le 4 juillet dernier, 22 ans après la victoire de son père, le jeune homme a, pour la première fois, pris place dans le peloton du Tour de France.
Malgré sa casaque de champion d'Irlande, Nicolas Roche n'en a pas moins appréhendé cette nouvelle étape. "Il est toujours difficile de suivre les traces du père, et il faut surtout un moral solide pour faire son trou dans le peloton."
Les premiers coups de pédale sur les routes de France ont été très observés par les médias irlandais qui ont vu dans le fils Roche le futur du cyclisme irlandais. Aujourd'hui 50ème du classement général, Nicolas Roche n'en conserve pas moins toutes ses chances pour une victoire d'étape : "S'il réussit une petite échappée derrière, il pourrait chiper le maillot jaune. Aujourd'hui, j'en rêve sans doute avec plus de force pour lui que j'en ai rêvé pour moi quand j'étais coureur", confie son père, vainqueur du Tour 1987.
Adeline Haverland (www.lepetitjournal.com/dublin) mercredi 15 juillet 2009







