Lundi 21 mai 2018
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

MARIAM KETAIT, nous raconte un mariage à l’émirienne

Par Kyra Dupont Troubetzkoy | Publié le 12/05/2018 à 19:12 | Mis à jour le 13/05/2018 à 14:20
Mariam Ketait

Vous avez rêvé de vous y rendre, être un jour invité à un mariage émirien. En voici toutes les clés, comme si vous y étiez. Le petit journal a rencontré la jeune doctoresse émirienne Mariam Ketait qui a accepté de nous en décrypter toutes les étapes.

 

 

Lepetitjournal.com/dubai : À quel âge se marient les Emiriennes ?

 

Mariam Ketait : Entre 18 et 24 ans, mais les filles attendent de plus en plus de terminer l’université. On peut se marier jusqu’à 50 ans en théorie ! Il n’y a pas d’âge limite.

 

Le choix du partenaire porte généralement vers un Emirien ?

 

Oui car nous sommes un petit pays donc c’est la coutume. Cependant il y a des mariages mixtes avec principalement des Arabes du GCC, quelques-uns avec d’autres pays arabes et plus rarement avec des Occidentaux.

 

Quelle en est la première étape ?

 

La proposition. Ce sont les femmes qui se rencontrent d’abord et créer un premier lien. La mère du prétendant se rend chez celle de la jeune fille pour lui demander sa main. Elle y rencontrera les autres femmes de la famille.

 

Seconde étape ?

 

Elle en parle à son mari, puis à sa fille pour savoir si elle accepte de le rencontrer si les futurs époux ne se connaissent pas déjà. Le père et ses frères vont alors se renseigner sur le candidat : sa famille, son emploi, son éducation, ses habitudes, ses amis, s’il prie, sa réputation, s’il est fiable en tant qu’être humain. Même si les familles se connaissent, ils le font car il s’agit de la jeune génération.

 

Et si sa réputation fait foi ?

 

Alors c’est au tour des hommes de se rencontrer. Le père du prétendant accompagné des hommes de la famille vient officiellement demander la main de jeune fille à son père. S’ils s’entendent, ils fixent une date pour les fiançailles.

 

En quoi consistent les fiançailles émiriennes ?

 

On les appelle khitba. C’est une petite fête en famille, dans l’intimité où le fiancé offre sa bague à sa future épouse. A partir de là, les futurs mariés peuvent soit fixer une date de mariage rapidement ou attendre trois à six mois, voire un an, avant de se marier s’ils ne sont pas prêts parce qu’elle étudie ou qu’il vit encore avec sa famille. Ils peuvent maintenant se fréquenter sous l’œil d’un chaperon et devenir plus intimes.

 

La date du mariage approche, quelle est l’étape suivante ?

 

Celle du milchah, le contrat de mariage qui est aussi un acte spirituel. Il est dirigé par le maleech, un guide qui le soumet aux mariés pour signature sous les regards de leurs deux témoins, généralement les pères et deux autres personnes de leur choix. Le père de la mariée qui donne sa fille et son gendre récitent une sourate du Coran, une bénédiction appelée Alfateha qui loue Allah et parle de gratitude.

 

La prochaine étape est la cérémonie elle-même ?

 

Il est temps d’annoncer publiquement qu’ils sont mariés, c’est la soirée de mariage, alirs. C’est une grande réception qui peut accueillir de 250 à 2000 personnes selon le prestige de la famille.

 

Mais avant le alirs, les jeunes gens fêtent aussi chacun de leur côté ?

 

Oui, la jeune fille organise chez elle une henna party, même si de nos jours toutes ne le font pas car elles veulent se préserver pour la soirée du lendemain. C’est une fête beaucoup plus intime – maximum 100 personnes- où la mariée reçoit ses sœurs, cousines, tantes, amies. Elle revêt la thoab, un voile traditionnel de type indien ou de la région incrusté d’or jaune. On lui tatoue au henné les mains, les pieds et d’autres parties du corps si elle le souhaite. Le henné estb très sensuel : l’odeur, les dessins qui peuvent suggérer un chemin sur la peau avant de disparaître. Du côté des hommes aussi ils se réunissent le soir à Dubaï, pour le déjeuner à Al Ain, cela varie selon les tribus. Ils fêtent entre eux et dansent l’ayaleh, la danse du bâton. Parfois ils font une fête plus importante une semaine avant. Tout est possible !

 

Comment se déroule la soirée de mariage ?

 

Elle se déroule soit dans un hôtel, sur la plage ou sous de grandes tentes dressées dans les maisons. Les invités arrivent vers 20h30, se saluent. Il s’agit uniquement des femmes qui sortent leurs plus belles tenues et bijoux, c’est spectaculaire. On vous propose du café et des dates évidemment, mais aussi du harees, un plat bouilli à base de blé et de viande et des luqaimat, de petits beignets au sésame et au miel. On commence le vrai repas quand la mariée arrive vers 22h30. Elle avance sur une estrade comme un défilé de mode pour que tout le monde la voie. Elle porte une robe blanche et un voile à la mode du moment et porte plutôt de l’or blanc puis elle va s’asseoir sur une sorte de trône au centre et les invités viennent la féliciter.

 

Et l’arrivée du marié ?

 

Quand il arrive seul ou avec quelques membres de sa tribu, les femmes se couvrent le plus généralement, mais cela dépend des familles, de leurs traditions et de leur foi. La musique change quand le marié arrive donc on sait que c’est le signal. Bien que de non jours, certaines filles arrivent avec lui et marchent sur l’estrade accompagnées. C’est un moment de grand trac alors elles choisissent de faire leur entrée avec leur mari. Puis c’est le moment le plus romantique quand il soulève le voile de la mariée. Ils prennent des photos, les membres de la famille se félicitent. Ensuite le gâteau arrive, ils le coupent et se nourrissent l’un l’autre pour montrer qu’ils vont se chérir. Et le mariage se termine, généralement vers minuit.

 

Et les cadeaux ?

 

On ne donne pas les cadeaux ce jour-là, c’est rare.

 

Comment s’habille le marié ?

 

Il porte une kandoorah blanche agrémenté du bisht, une sorte de plastron cape que revêtent les cheikhs et qui peut aller de noir, brun, gris ou blanc. Il est d’une autre matière que la dish dash, un fin lainage.

 

On se parfume ?

 

Bien sûr. Les hommes préfèrent le musc ou le oudh. Les femmes nous aimons le boukhour, une sorte d’encens, mais il n’y a pas de règle. Nous nous en parfumons les cheveux, le corps. Souvent, une semaine avant le mariage, la future mariée se rend aux bains marocains pour un rituel de gommage, de masque, épilation.

 

Y a-t-il une saison du mariage ?

 

Plutôt en hiver d’octobre à décembre, et en mars.

 

Quelques faits en plus :

 

-Il est interdit de prendre des photos durant le mariage et les enfants ne sont pas présents.

-Les autorités encouragent les mariages plus économiques et même en groupe auxquels ils se rendent, ainsi que des dots moins faramineuses qui pèsent dans le budget du futur ménage.

-La robe blanche est récente : celle de la soirée henné est la plus traditionnelle (rouge ou verte couverte d’or).

-Traditionnellement, le père n’est pas là pour la soirée de mariage de sa fille. Il était de coutume qu’il voyage.

 

Mariam Ketait pratique une médecine holistique et vient de mettre au point le prototype de cette chaise propice à la méditation dans laquelle on la voit sur la photo. Elle repose sur un tronc surélevé, agrémenté d’une voile.

 

 

0 CommentairesRéagir

Communauté

PORTRAIT D'ENTREPRENEUR

PATRICE COUTARD - À votre santé avec Bodyo !

Patrice Coutard a été préparateur physique de l’équipe nationale de foot des EAU pendant quinze ans. Et cela se voit : il est en forme ! Ce scientifique du sport passionné a aussi été le premier à int