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OMAR CHAPPUIS, la qualité suisse, de l’eau pure jusqu’aux trottinettes

Par Marie-Jeanne Acquaviva | Publié le 25/08/2019 à 01:00 | Mis à jour le 26/08/2019 à 12:35
Photo : Photo : Trailblazer media
omar chappuis waterclub Dubai

L’eau douce, de qualité, à portée de main, n’est plus une évidence. La crise de l’eau, les pollutions chimiques et plastiques : aujourd’hui il est urgent de changer radicalement notre façon de l’utiliser et de la partager, nous en sommes tous plus ou moins conscients. Comment faire aux Emirats ? Nous vous avons souvent parlé dans nos pages de l’initiative Drop It qui vous aide à abandonner tous les plastiques à usage unique dans votre quotidien, des sacs de course en passant par les pailles et surtout les bouteilles d’eau. Aujourd’hui, rencontrons  un autre champion de la vie zéro plastique, Omar Chappuis, qui s’est lancé dans de nombreuses entreprises sur le sol émirien, sous le slogan plein d’humour : « sauvez la planète en sauvant votre porte monnaie ». Car oui, une vie plus respectueuse de l’environnement doit (ou devrait) être a la portée du plus grand nombre.

 

Lepetitjournal.com/dubai : Quelle est votre histoire avec Dubaï ? Comment en être venu à y proposer votre « water club » dont tout le monde parle aujourd’hui ?

Omar Chappuis : C’est une longue histoire, j’y ai posé mes valises la première fois il y à 19 ans. J’arrivais avec une entreprise de voitures de courses qui souhaitait s’implanter ici. Puis j’ai changé mon fusil d’épaule et j’ai travaillé (beaucoup et longtemps) dans l’immobilier. J’avais toujours en tête de monter ma propre boîte, donc j’ai mis patiemment de l’argent de côté jusqu'à ce que ce soit possible.

 

Pourquoi avoir choisi ce domaine, a priori loin de votre zone de confort professionnelle ?

En fait le projet est né d’une des toutes premières impressions à mon arrivée. C'était il y a presque 20 ans, l’eau de la municipalité a beaucoup changé depuis, mais à l’époque elle n’était pas encore filtrée ou reminéralisée comme elle l’est aujourd’hui, et les premières fois où j’ai ouvert mon robinet, je restais franchement décontenancé par ce qui en sortait : le goût, la couleur, l’odeur de chlore… C’était évident qu’il y avait beaucoup à faire. Je suis pris par une vie professionnelle intense et je garde l’idée en tête un certain nombre d’années avant d’agir.

Qu’est-ce qui va être le déclencheur ?

La naissance de ma fille : je trouve que les livraisons de ces bidons d’eau à la maison ne sont qu’une source de problèmes et de désagréments. Il est difficile de surveiller réellement la qualité de l’eau, on vous garantit qu’elle n’est pas exposée aux grandes chaleurs mais il suffit que le livreur se trompe d’heure, et le bidon attend devant votre porte en plein soleil, et tout le monde sait aujourd’hui qu’il y a une déperdition du plastique dans l’eau dès que la température monte, ce qui fait que nous ingérons des particules de plastique dont les effets négatifs sur notre santé à long terme sont aujourd’hui bien connus. Comme souvent le fait de devenir père me rend plus sensible à ces arguments… sans compter le côté polluant, encombrant, peu pratique, etc.

 

Donc vous décidez de passer aux filtres, lequel choisissez-vous au départ?  Car il en existe déjà sur le marché, vous n’êtes pas le premier ?

Non, je ne suis pas le premier… Mais je suis très certainement le meilleur ! En réalité oui, il existe d’autres solutions mais je suis extrêmement perfectionniste et dans tout ce que j’entreprends je me place moi, comme premier consommateur potentiel : est-ce que moi je l’achèterais, est-ce que moi je serais satisfait ? Et vous pouvez me croire, je suis vraiment très exigeant : tout doit être parfait. Depuis l’installation, l’entretien, le produit fini, tout doit répondre à de très hauts standards de qualité, et il n’y a aucune raison ou excuse qui justifie à mes yeux que l’on doive se contenter de compromis.

Donc l’offre du marché ne vous donne pas satisfaction et vous cherchez une machine plus performante ?

Je fais mieux que ça, je vais en faire fabriquer une : nous commençons nos premiers prototypages en Suisse, mais le rapport temps/argent n’est pas viable. Certes la qualité est là, mais cela prend beaucoup trop de temps, les lenteurs administratives sont inévitables, et le prix final est beaucoup trop élevé. Je me dirige donc vers la Chine et commence un long cycle d’allers-retours pour y faire construire nos machines.

Et vous réussissiez à maintenir cette fameuse « qualité suisse » ?

C’est un a priori encore trop répandu que « fabrication chinoise » soit forcément synonyme de mauvaise qualité. Dans la zone où nous faisons fabriquer nos appareils, nous avons pour voisins des marques internationales du niveau de Coca-Cola, Nestlé, Bausch ou même Rolls Royce. Nous soumettons les prototypes à énormément de tests, et nous sommes les seuls à travailler en totale transparence sur nos prix, nos recommandations, nos chiffres, nos contrôles de qualité. Et puis c’est vraiment une prise en charge globale que je veux proposer : depuis l’éducation en amont en passant par l’installation, l’après vente… tous nos techniciens sont formés de A à Z sur tous les aspects du service qu’ils vont proposer, que ce soit l’hygiène, la technique, la qualité… Nous faisons vraiment la différence aussi par cette vision globale, et c’est ce qui nous rend uniques sur le marché.

J’imagine effectivement qu’il y a un grand effort éducatif à faire : les habitudes, la notion de « style de vie » luxueux dont les bouteilles de marques importées font partie, l’ignorance tout simplement (beaucoup de gens pensent que l’eau de la ville est impropre à la consommation)… Comment agissez vous ?

Bien entendu le fait de venir sur notre site ou à la rencontre de nos vendeurs sous entend une explication sur la qualité de l’eau : quelles particules et quels composants sont retenus par le filtre (le chlore et les métaux lourds) qu’est ce qu’il préserve (les minéraux), vous buvez une eau « vive » et non « morte » - comme par exemple de l’eau traitée à l’excès, d’où a été supprimé toute trace de minéraux. Nous expliquons aussi où vont se faire les économies d’eau, d’électricité - un filtre consomme jusqu'à 5 fois moins qu’une bouilloire électrique par exemple, nous offrons nos thermos en Inox à la première commande, en expliquant bien là encore comment les utiliser, nous offrons aussi la première livraison de gobelets en bambou recyclé dans les bureaux par exemple : histoire que nos clients ne viennent pas se servir à nos machines avec des gobelets en plastiques jetables… ce qui serait un peu contre-productif (rires) ! C’est toute une philosophie : dans notre gamme de machines de la moins chère à la plus chère la différence va se faire sur les options, les programmations, les commandes, mais jamais sur la qualité de l’eau qui sera irréprochable et identique sur toute la gamme. L’eau potable de qualité n’est pas un produit de luxe, et elle ne doit pas le devenir, bien au contraire. Mon entreprise n’est pas qu’une course à l’argent, il y a beaucoup de postes où je n’ai pas de marges, je préfère éduquer un maximum de gens, je préfère grandir de façon respectueuse et qu’un jour  tout le monde boive de l’eau filtrée de qualité, plutôt que de foncer tête baissée en ne pensant qu’à maximiser mes profits. Encore une fois, c’est une philosophie, pas juste une start-up de plus  !

Et de ce premier projet naissent toute une petite galaxie de « clubs » écoresponsables proposant somme toute, une vie plus verte?

Oui, comme avec les filtres, je pars toujours de quelque chose qui me manque ou qui ne me satisfait pas, et j’essaye d’y apporter une solution intelligente. Par exemple avec les trottinettes électriques je voulais m’affranchir de la voiture pour un trajet court entre la maison et le bureau et je ne voulais ni arriver en nage après 40 minutes de marche, ni couvert de poussière (et tout autant en nage) après avoir fait le parcours en vélo, ni avoir besoin de me changer en arrivant, mais en revanche, et je voulais être assuré de ne pas avoir à gérer de problèmes techniques. Donc j’ai lancé une marque de scooters électriques correspondant à mes besoins : extrêmement solides, conformes (comme les voitures) aux GCC spécifications - résistant au sable, à la chaleur, etc… - et avec un réseau de service après-vente et d’ateliers de réparations. C’est le même processus : au début je ne voulais un scooter que pour mon usage personnel, mais parce que toutes les offres existantes m’ont déçu ou posé problème, j’ai lancé le mien : plus léger (8 kilos au lieu de 13), plus performant et avec un système de prise en charge globale pièces et main d’œuvre. Nous réfléchissons maintenant à des stations de chargement compatibles avec le climat de Dubaï (protégées du soleil et du vent) alimentées par panneaux solaires. Même raisonnement encore pour ma marque d’extracteur de jus : plus performants, plus transparents : il est le plus lent du marche avec seulement 40 tours / minute pour ne pas chauffer les fruits et avoir un produit plus sain et plus frais, plus facile d’entretien (vous mettez les fruits entiers dedans). Aussi de belles économies à la clef, et surtout un mode de vie plus sain - l’envie (on l’espère) de faire son marché de fruits et légumes frais plus souvent, et pas de ces « faux jus » bidouillés avec à peine 3% de jus de fruit et une écrasante proportion de sucre et de concentrés de jus de pommes ou de raisin importés, vendus dans de toutes petites bouteilles… en plastique évidemment  !

Quels sont vos projets : encore de nouvelles marques « plus vertes », de nouveaux produits révolutionnaires et éco-responsables ?

Pourquoi pas : quand j’arrive dans une maison ou une entreprise mon idéal serait de résoudre tous les problèmes et répondre à un maximum de besoins, c’est pour cela que nous avons aussi des filtres destinés aux cuisines professionnelles mais également une marque de capsules de café à base d’amidon végétal entièrement biodégradable, que nous retravaillons en ce moment, ou tout simplement des options « biberons » sur nos filtres à eau, avec de l’eau à parfaite température sans temps d’attente et le bon dosage en fonction de l’âge des bébés (une option disponible sur nos machines Pure). Donc grandir et nous développer bien entendu, et toujours être à la recherche du meilleur service possible et des innovations techniques intéressantes. Par exemple nous travaillons sur une bouteille écologique  de « pseudo-plastique » à base de canne à sucre,  biodégradable à 100%, y compris le goulot et le bouchon. Pour l’instant le produit fini est encore trop cher, mais techniquement c’est déjà faisable : il y a toujours mieux à faire !

Dix-neuf ans plus tard qu’est-ce qui fait aujourd’hui « votre Dubaï » ? Qu’est-ce qui fait que vous vous sentez ici chez vous ?

Le petit « sharwarma café »  sur Jumeirah Road , avant le Mercato Mall….il est resté authentique… same same but not different  !

waterclub

 

Pour en savoir plus sur les différentes entreprises citées ici :

www.waterclub.ae

www.escooterclub.ae

www.juiceclub.ae

 

 

 

 

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