Bruno Asselin, le nouveau proviseur du lycée français LFIGP à Dubai

Par Marie-Jeanne Acquaviva | Publié le 05/12/2022 à 17:00 | Mis à jour le 06/12/2022 à 10:25
 Bruno Asselin, le nouveau proviseur du lycée français LFIGP à Dubai

Bruno Asselin, le nouveau proviseur du LFIGP a mené une grande partie de sa carrière à l'étranger, au sein du réseau de l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE). D'abord professeur de lettres, il est ensuite devenu chef d'établissement et a été, tour à tour, en poste en Mauritanie, au Congo, en République centrafricaine, Madagascar, et enfin au Niger. C’est un proviseur voyageur, et enthousiaste de son nouveau poste que Le Petit Journal est allé rencontrer pour vous :

 

Lepetitjournal.com/dubai : Comment se porte le LFIGP, c’est une institution presque vénérable de Dubaï, quelles ont vos premières impressions ?

Bruno Asselin : C’est un établissement exemplaire effectivement, que je connaissais déjà car alors que j’étais en poste à Niamey, comme le LFIGP avait organisé une coupe du monde de foot, nous y avions envoyé deux équipes ! Beaucoup de nigériens viennent aussi s’installer ici, et ces échanges avaient été l’occasion d’un premier contact. Je dirai que le LFIGP se porte comme un charme ! Il serait presque victime de son succès, car nous devons absorber la vague importante des nouvelles familles francophones arrivées à Dubaï. Pour vous donner une idée, à l’ouverture des inscriptions les classes de maternelle se sont remplies en une heure…. Ce qui est le signe de deux choses, premièrement de la jeunesse des familles arrivantes, et deuxièmement du besoin de mettre en place une réflexion de tous les lycées français de Dubaï sur la nécessité d’augmenter notre offre. Il existe aujourd’hui une vraie problématique de l’accueil scolaire, c’est une question majeure sur laquelle nous réfléchissons ensemble, et c’est un débat que je souhaite constructif et auquel je suis enthousiaste de participer. Le LFIGP reste à mes yeux un établissement de rêve : trois grands sites bien desservis, très bien installés et avec des équipes extraordinairement impliquées.

 

Quel est votre parcours ? avez-vous été enseignant vous-même, et si oui, comptez-vous enseigner en plus de votre charge de proviseur ?

J’ai une longue expérience de  professeur de Français puis de chef d’établissement à l’étranger, principalement en Afrique, où j’ai travaillé dans différents établissements conventionnés et en gestion directe.  Cela m’a permis d’avoir une bonne connaissance des particularités d’un établissement français à l’étranger et du fonctionnement de l’AEFE. C’est très important pour arriver dans un établissement aussi important que l’est le lycée français international Georges Pompidou qui scolarise des élèves soucieux d’avoir un parcours d’excellence. La fonction de chef d’établissement est un métier à plein temps, qui ne laisse pas assez de temps pour se consacrer à une activité d’enseignement, même en remplacement. Pourtant, j’apprécie beaucoup l’enseignement et ce lien direct avec les élèves. Mais enseigner, ce n’est pas seulement être devant la classe, c’est un travail important de préparation et de mise en place de démarche pédagogique, puis d’évaluation, de remédiation…De mon côté, je dois remplir de nombreuses missions pour le pilotage du LFIGP et notamment rencontrer toutes les composantes de la communauté scolaire, sur l’ensemble des sites de notre établissement, à Academic City bien sûr, mais aussi à Oud Metha et à Sharjah.

 

Vos impressions de Dubaï, après quelques mois? 

Même si comme je l’ai mentionné j’avais eu l’occasion de quelques contacts auparavant, l’arrivée à Dubaï reste un choc, surtout au mois de juillet août ! Dubaï est une ville impressionnante et très déconcertante dès l’atterrissage, car elle ne ressemble à aucune autre, et semble en constante transformation : c’est passionnant de voir ainsi une ville en perpétuelle création, et de réfléchir justement à ce qui fait une ville, une mégapole….. Elle est passionnante pour son cosmopolitisme, son gigantisme, son dynamisme. On a l’impression que tout y est possible, et la qualité de vie y est indéniable. C’est très excitant d’avoir l’occasion de vivre à Dubaï et je suis très curieux de mieux la connaitre, surtout maintenant que les températures sont plus clémentes.

 

Vous venez de passer sous la loi Emirienne du CDA, qu’est-ce que cela signifie pour l’organisation du Lycée?

Le LFIGP s’est en effet affilé au mois de juin à la CDA, administration créée pour contrôler la gouvernance du milieu associatif de l’émirat de Dubaï et les flux financiers s’y rapportant. Le Comité de gestion, le CDG, est maintenant responsable légal auprès de la CDA. Cela n’a pas d’impact sur le fonctionnement quotidien de l’établissement.

 

Faire partie des établissements de l’AEFE, qu’est-ce que cela implique?

L’AEFE est avant tout un réseau d’établissements homologués par l’Education nationale française, qui ont différents statuts, partout dans le monde. Faire le choix de scolariser ses enfants dans un établissement AEFE, c’est faire le choix d’une scolarité française, conforme à celle qu’offrirait un établissement de France, dans le respect des demandes de notre pays d’accueil, et qui pourra être reconnue partout dans le monde à travers notre réseau.  C’est un service qui est disponible pour les parents qui sont en expatriation, avec des projets de mobilité ou non, mais aussi pour tous ceux, qui veulent faire le choix d’une scolarité à la française.

 

Le Lycée français international Georges Pompidou est un établissement conventionné avec l’AEFE depuis toujours. Cette relation fait partie de notre histoire : l’AEFE participe à son fonctionnement, notamment en mettant à disposition des personnels détachés de l’Education nationale, une équipe de direction complète, des enseignants et des formateurs. Faire partie de l’AEFE, c’est aussi promouvoir des valeurs de respect et d’inclusion, de dynamisme et d’excellence.

 

Vos envies, vos objectifs pour le Lycée durant votre mandat?

Mon objectif est de permettre à cet établissement de rester un pôle d’excellence et d’avoir une offre pédagogique qui soit en phase avec les attentes des parents d’élèves. Nous avons un très bel établissement, avec des équipes de très grande qualité et très investies pour la réussite des élèves et cela de la maternelle à la Terminale. Nous proposons aussi une offre très riche de parcours linguistiques et sportifs.  Nous devons cependant relever de nombreux défis, liés au développement de la ville et à l’accroissement de la demande, pour garantir le meilleur service à nos élèves et leur assurer l’excellence de leur parcours dans un établissement épanouissant. Mon désir est de pouvoir apporter à tous nos élèves une qualité de vie scolaire et périscolaire optimale, cela passe par des classes avec des effectifs limités (26 élèves) des campus calmes, sereins, agréables (ce qui m’a impressionné dès mon arrivée), et un service de transport scolaire qui puisse aider le plus grand nombre de familles dans leur quotidien.

 

Quels changements positifs ont selon vous été apportés par la digitalisation forcée durant les confinements?

 

Cette crise COVID a été terrible pour les élèves de tous les pays du monde. Un élément positif a été de nous pousser à développer des outils permettant l’enseignement à distance. Nous sommes heureux d’avoir retrouvé cette année l’enseignement en présentiel dans des conditions normales : c’est un soulagement pour les élèves, les enseignants et les parents.  Mais nous avons conservé le positif et utilisons de nombreux outils numériques pour communiquer avec nos élèves et leurs parents, et  mettre à disposition des ressources permettant de s’entrainer, réviser ou d’aller plus loin…

 

Quelle place est faite aux élèves FLE (français langue étrangère) ou non francophones?

 

Un établissement français à l’étranger scolarise des élèves francophones, mais également « peu » francophones. Il est généralement plus favorable d’intégrer nos établissements le plus tôt possible pour les non francophones. Des dispositifs FLESCO (Français Langue de Scolarisation) sont proposés pour accompagner les enfants non francophones, de même que des partenariats avec les Alliances françaises. À Dubai, nous sommes voisins, et à Sharjah une convention va être signée avec la toute nouvelle Alliance Française de Sharjah qui proposera des cours dans nos locaux.

 

Quels sont les critères de recrutement de vos enseignants francophones ? 

Nous recrutons des enseignants titulaires de l’Éducation nationale ou non, mais tous ont des diplômes requis pour l’enseignement de leur discipline et une solide expérience lorsqu’ils entrent au LFIGP. Nous avons également un programme d’accompagnement des professeurs et de formation continue des personnels dans le cadre de l’AEFE.

 

Quelles statistiques avez-vous sur le taux de réussite des élèves qui retournent en Europe, que ce soit durant leur Lycée ou après le Bac, comme se passe la réintégration dans le système scolaire ou universitaire Européen?

Nos élèves ont de très bons taux de réussite au Baccaulauréat et sont très bien accompagnés pour faire face aux exigences de l’enseignement supérieur en France ou à l’étranger. Les retours sont très bons à ce niveau. D’ailleurs, nous développons un programme de témoignage sur les parcours de nos anciens élèves, à découvrir prochainement sur nos réseaux de communication.

0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Dubaï !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

De la part de toutes les équipes de Lepetitjournal.com

À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale