Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) a suspendu son mouvement le 23 octobre. Les organisations syndicales attendent désormais l’issue des discussions engagées avec le gouvernement.


La grève générale de 72 heures lancée par le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) a pris fin vendredi 23 octobre. Selon Mody Guiro, secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), le mouvement a été largement suivi à Dakar comme dans le reste du pays.
S’il reconnaît que l’activité économique n’a pas été totalement paralysée, il estime néanmoins que plusieurs secteurs stratégiques ont été affectés par la mobilisation.
À l’origine du conflit, deux textes contestés
Le mouvement trouve son origine dans l’adoption, en août dernier, par l’Assemblée nationale, de deux projets de loi portant sur le Code du travail et le Code de la sécurité sociale. Les syndicats reprochent au gouvernement d’avoir procédé sans concertation préalable avec les partenaires sociaux.
Parmi les principales critiques figure l’allongement de la durée maximale du contrat à durée déterminée (CDD) à quatre ans, une mesure qui, selon les organisations syndicales, risque d’accentuer la précarité de l’emploi.
Les syndicats réclament également la réintégration de travailleurs licenciés, une amélioration du pouvoir d’achat ainsi qu’une révision de certaines dispositions du Code du travail.
Une première grève de 24 heures avait déjà été observée le 10 juillet. Le Front syndical avait alors revendiqué un taux de participation supérieur à 75 %.
Le gouvernement entre dialogue et fermeté
Le 15 octobre, le Premier ministre a appelé à une trêve sociale de trois mois afin de favoriser le dialogue. Dans le même temps, le ministère de la Fonction publique et du Travail considérait, selon plusieurs médias, que le mouvement de grève ne respectait pas le cadre légal.
À la Senelec, le gouverneur de Dakar a procédé à la réquisition d’agents du 21 au 23 octobre afin d’assurer la continuité de l’approvisionnement en électricité. Le syndicat Sutelec dénonce une mesure disproportionnée, tandis que la direction de l’entreprise conteste la validité du préavis de grève.
Les syndicats d’enseignants regroupés au sein du G7 se sont également associés au mouvement. Ils dénoncent notamment les retards de paiement de certaines indemnités ainsi que des salaires dus aux enseignants contractuels.
Une échéance importante pour le pays
Cette mobilisation intervient à quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), prévus à Dakar du 31 octobre au 13 novembre.
Dans ce contexte, plusieurs personnalités présentées par les syndicats comme des « ambassadeurs de la paix » tentent de faciliter le dialogue entre les différentes parties. Une première rencontre avec le ministre du Travail s’est tenue jeudi, tandis que les organisations syndicales souhaitent désormais être reçues par le Premier ministre afin de poursuivre les discussions.
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