C’est un rituel bien connu des expatriés à Copenhague. Alors que juillet approche et que le Danemark s’apprête à tourner au ralenti, une certaine effervescence s'empare de la communauté francophone. On prépare les valises, on planifie les trajets, on compte les jours. On s'apprête à « rentrer ».


Ce retour devrait être synonyme de reconnexion, de légèreté et de ressourcement. Pourtant, une fois sur place, beaucoup d’expatriés ressentent un inconfort subtil. Une fatigue qui n'est pas seulement due au voyage, mais à un véritable grand écart émotionnel.
Mais pourquoi ce retour aux sources est-il parfois si déstabilisant ?
Le piège de l’agenda "ministériel"
Le premier stress est logistique. Parce que vous n'êtes là que pour deux ou trois semaines, vous voulez maximiser le temps. On planifie le déjeuner avec les parents, le dîner avec les copains, le week-end avec la belle-famille. On finit très vite par courir après le temps. Résultat : vous abordez les vacances avec le même niveau de performance et de stress que vos objectifs de Q2 au bureau.
Le syndrome du décalage invisible
Pendant que vous construisez votre vie à Copenhague, le temps avance aussi pour vos proches restés en France. Au moment des retrouvailles, vous réalisez parfois que les centres d'intérêt ont changé, que les routines se sont installées sans vous. On se retrouve parfois face à des remarques qui semblent appartenir au passé, ou surpris d’avoir soi-même changé de point de vue. Ce décalage crée une sensation d'entre-deux inconfortable : on se sent parfois en décalage dans son propre pays d'origine, tout en restant un(e) étranger(e) au Danemark.
Le grand écart entre qui vous étiez et qui vous êtes
En psychologie, et notamment en hypnose ericksonienne, on s'intéresse de près à la manière dont notre inconscient gère nos "programmes" internes. À Copenhague, vous avez créé de nouveaux repères, une nouvelle version de vous-même, plus autonome, pleinement adaptée au rythme et à la culture scandinave.
En rentrant en France, vous êtes soudainement replongé(e) dans votre ancien écosystème familial et amical. Sans vous en rendre compte, vos anciens schémas d'enfance ou d'adolescence se réactivent. Face à un parent, un frère ou un ami d'enfance, votre cerveau bascule sur d'anciens circuits neuronaux. Ce conflit intérieur entre la personne que vous êtes devenue à Copenhague et celle que votre entourage attend de vous demande une énergie folle à votre système nerveux pour se réguler.
3 clés pour un retour serein
- Faites le deuil de la perfection : Vous ne pourrez pas voir tout le monde, et ce n'est pas grave. Privilégiez la qualité des moments plutôt que la quantité.
- Créez des sas de décompression : Accordez-vous 24 ou 48 heures de transition à l'arrivée et au retour, juste pour vous et votre cellule familiale proche, sans visites prévues.
- Observez sans juger : Quand vous ressentez ce décalage, prenez une grande inspiration. Rappelez-vous que ce sentiment de solitude ou de flottement fait simplement partie du magnifique voyage qu'est l'expatriation, en plus d’être la preuve de votre évolution personnelle.
Cet été, essayez de remplacer la performance du retour par la douceur de la présence. Prenez soin de vos ressources intérieures.

Boîte à outils : La technique de "La bulle de protection" (protocole d'autohypnose minute)
Pour ne pas subir ce grand écart émotionnel au milieu d'un repas de famille ou d'une discussion intense, vous pouvez utiliser cet exercice d'autohypnose rapide. Il utilise la dissociation créative pour abaisser instantanément votre niveau de stress.
Lorsque vous sentez la tension monter, isolez-vous visuellement ou mentalement pendant seulement deux minutes :
- L'ancrage corporel : Déposez vos deux pieds bien à plat sur le sol. Sentez le contact et le poids de votre corps sur la chaise. Prenez trois expirations profondes en prolongeant le souffle, comme pour évacuer l'air chaud.
- La dissociation visuelle : Fixez un point neutre devant vous (un objet sur la table, un détail davant vous). Tout en gardant les yeux ouverts (ou mi-clos pour vous isoler du bruit visuel), imaginez une fine bulle transparente et protectrice qui se dépose tout autour de vous.
- Le filtrage inconscient : Suggérez à votre esprit la consigne suivante : "Tout ce qui est dit ou fait à l'extérieur de cette bulle y reste. Les bruits, les remarques, l'agitation glissent sur la paroi. À l'intérieur, je conserve ma clarté, mon calme et mon énergie."
- Le retour : Prenez une grande inspiration, bougez les doigts, et replongez dans la conversation. Vous êtes présent(e), mais vous n'êtes plus une éponge émotionnelle.
Vous avez désormais différentes clés en main pour gagner en sérénité et passer un merveilleux été !
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