Édition internationale

DÉCÈS – Symbole de la répression, Massera est mort

Écrit par Lepetitjournal Buenos Aires
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

L'amiral déchu Emilio Massera, l'un des principaux symboles de la répression durant la dictature argentine (1976-1983), est décédé lundi à l'âge de 85 ans d'une hémorragie cérébrale. Avec Jorge Videla et Orlando Agosti, il avait été à la tête de la Junte militaire auteure du coup d'Etat du 24 mars 1976, pour renverser le gouvernement d'Isabel Perón. Commandant en chef de la Marine jusqu'en septembre 1978, il était par ailleurs responsable de l'Ecole de mécanique de la marine (ESMA), le plus grand centre de détention clandestin durant la dictature. Deux ans après le retour de la démocratie, il avait été destitué et condamné à la réclusion à perpétuité pour trois meurtres, douze cas de torture et soixante-neuf cas de détention illégale, dans le cadre du Juicio a las Juntas Militares. Cinq ans plus tard, il était gracié par le président Carlos Menem.
Il avait été de nouveau été inculpé en 1998 pour son rôle dans l'enlèvement d'enfants de "disparus", un crime non couvert par la grâce. Il devait être entendu dans plusieurs procès en cours, notamment celui de l'ESMA et de la disparition de Rodolfo Walsh et des sœurs françaises Léonie Duquet et Alice Domon. Il était également recherché par les justices espagnole (un mandat d'arrêt international a été lancé contre lui pour génocide par Baltasar Garzón en octobre 2007), allemande, française et suisse. Un procès a lieu actuellement en Italie pour la disparition de trois citoyens de ce pays à l'ESMA. Accusé de crimes contre l'humanité, Emilio Massera avait souffert en 2003 d'une première hémorragie cérébrale et n'avait donc pas pu comparaître devant la justice. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mercredi 10 novembre 2010

lepetitjournal.com Buenos Aires
Publié le 10 novembre 2010, mis à jour le 14 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.